La mairesse de Saguenay, Josée Néron obtient 75% de satisfaction selon un sondage de Segma Recherche pour Radio-Canada et Le Quotidien.

Néron a confondu ses détracteurs

ÉDITORIAL / Avec un taux de satisfaction de près de 75 %, Josée Néron voit son mandat reconfirmé par les citoyens de Saguenay. La mairesse a les coudées franches et il lui appartient maintenant d’user de sa popularité pour poursuivre le grand ménage, amorcé dès le premier jour de son règne à l’hôtel de ville.

Le message que lance la population dans le sondage Radio-Canada/Le Quotidien/Segma Recherche ne peut être plus clair : le changement de gouvernance proposé par l’administration Néron est accueilli très favorablement par les contribuables.

Les résultats obtenus sont remarquables dans la mesure où la mairesse n’a jamais cédé au populisme afin de nourrir sa cote d’amour. Bien au contraire ! Les premiers mois de son mandat ont été marqués par des décisions impopulaires, mais nécessaires, par exemple une hausse de 4 % de la taxe foncière et une gestion plus serrée du budget. Le dossier du Centre Georges-Vézina aurait également pu entraîner la mairesse vers le bas, mais non. Ce que les gens ont retenu, ce sont ses efforts pour implanter davantage de transparence à Saguenay. Et trois quarts des électeurs ont aimé ce qu’ils ont vu jusqu’à maintenant.

Lors du scrutin de novembre 2017, Josée Néron a remporté la course avec un peu plus de 48 % des voix, loin devant ses trois adversaires. Il semble clair que depuis, elle a su convaincre une partie non négligeable de la population qui, à l’époque, doutait de ses capacités. Par ses actions, elle a été en mesure de confondre ses détracteurs, ceux et celles qui lui apposaient l’étiquette de « critique improductive », de « chiâleuse ».

Pas seulement des alliés
Il reste toutefois trois années à son mandat et en politique, l’histoire nous a démontré que tout peut basculer à partir d’un faux pas. Surtout après un certain temps, lorsque la période de grâce fait place à la soif de changement.

C’est un secret de Polichinelle : Josée Néron ne compte pas que des alliés au sein du conseil de ville, composé majoritairement d’élus indépendants. Déjà, certaines de ses positions ont été publiquement critiquées, et il est plus que probable que cela se répète.

Néanmoins, le coup de sonde réalisé par Segma prouve que sur l’ensemble du territoire saguenéen, la mairesse jouit d’un capital de sympathie élevé. Le phénomène est moins marqué à La Baie qu’à Chicoutimi ou à Jonquière, certes, mais plusieurs éléments expliquent les quelques points de différence remarqués dans cet arrondissement, où son taux de satisfaction frôle les 63 %.

D’abord, il faut se rappeler que les électeurs baieriverains ont massivement appuyé la candidature d’Arthur Gobeil lors de la dernière élection, dans une proportion de 44,3 % contre 32,7 % pour Josée Néron. C’est d’ailleurs le seul secteur où elle a terminé deuxième. La Baie a aussi été grandement choyée par l’administration de Jean Tremblay avec, entre autres choses, l’implantation d’un quai d’escale international et la métamorphose de la rue Victoria, devenue l’un des plus beaux sites touristiques de Saguenay. Dans ce contexte, il est compréhensible que la population soit plus réticente à changer d’allégeance.

Il en est de même chez les gens moins scolarisés qui, tel que le souligne le président de Segma Recherche Raynald Harvey, étaient en grande partie des fidèles de l’ancien maire. Ceux-ci sont davantage critiques envers la performance de Josée Néron. Reste à savoir si elle saura les rallier à sa cause d’ici 2021 ? Et si oui, à quel prix ? Seules les prochaines années nous permettront de répondre à ces questions.

Quoi qu’il en soit, à la lumière de cet exercice, la mairesse est actuellement bien en selle et ceux qui l’ont appuyée depuis le départ ont toutes les raisons de dire qu’en fin de compte, ils avaient raison. Vox populi, vox Déi.