Denis Lebel a confirmé qu'il mettait un terme à sa carrière politique.

Mission accomplie pour Denis Lebel

ÉDITORIAL / C'était en 2007. Alors leader parlementaire du Bloc québécois, Michel Gauthier annonçait son retrait de la vie politique et laissait ainsi vacant son siège de député de la défunte circonscription de Roberval-Lac-Saint-Jean. Il n'a fallu que quelques heures avant que le nom de Denis Lebel circule comme successeur naturel. Un mois plus tard, il était investi comme candidat du Parti conservateur, en route pour une première victoire dans sa circonscription.
Lorsqu'il a été élu, Denis Lebel a dû rapidement s'imposer au sein d'un gouvernement conservateur qui n'avait rien de celui de Brian Mulroney. C'était l'ère de Stephen Harper, celle d'un parti aux racines réformistes ; une ère aux antipodes des valeurs souverainistes jusque-là appuyées par les électeurs. Denis Lebel a su capitaliser sur un discours régionaliste pour déloger le Bloc, promettant d'être le fier défenseur du pays des bleuets. Il a tenu parole.
Denis Lebel s'est fait un point d'honneur de ne pas oublier d'où il venait et les raisons pour lesquelles il a été porté jusqu'à la Chambre des communes. Les citoyens de Lac-Saint-Jean n'ont jamais voté Harper ; ils ont voté Lebel. 
Ce dernier a certes fait quelques compromis, acquiescé à contrecoeur à des politiques impopulaires de son gouvernement, dans différents dossiers, mais il s'agissait du prix à payer pour accéder aux plus hautes instances du gouvernement et ainsi, jouir d'une influence qui a grandement profité aux régions du Québec, la sienne en particulier. Vous demanderez aux maires du Saguenay-Lac-Saint-Jean ce qu'ils pensent de son héritage. 
Denis Lebel était un conservateur loyal à son chef, un homme d'équipe, mais plus que tout, il est demeuré un fier Jeannois. Il a même été accusé par ses adversaires de favoritisme envers sa région. Pour un député, existe-t-il plus grand hommage ? 
Denis Lebel peut quitter la tête haute, avec le sentiment légitime du devoir accompli. 
Le nouveau portrait de la circonscription
Les électeurs de la circonscription de Lac-Saint-Jean doivent maintenant regarder vers l'avenir. Ils seront bientôt appelés à choisir qui sera leur nouveau représentant à Ottawa. 
Or, le contexte a bien changé depuis l'entrée en scène de Denis Lebel sur l'échiquier fédéral. Avec le redécoupage de 2015, la circonscription englobe dorénavant Alma, principale ville du territoire avec plus de 30 000 citoyens. C'est trois fois plus que Roberval ou Saint-Félicien ; deux fois plus que Dolbeau-Mistassini. 
Lors du scrutin d'octobre 2015, malgré sa notoriété et ses réalisations, le député Lebel est passé bien près de s'incliner face à sa rivale néo-démocrate, l'Almatoise Gisèle Dallaire. À peine 5 % des voix séparaient les deux candidats à la fermeture des bureaux de vote.
Ce résultat s'explique en partie par l'essoufflement du Parti conservateur à l'échelle du pays. Mais, le poids démographique d'Alma et de ses périphéries a lui aussi été un facteur déterminant de cette campagne. C'est une réalité qui sera sans doute considérée par les associations des partis lorsqu'elles devront choisir leur porte-couleurs respectif en vue de l'élection partielle.
Comme lorsque Michel Gauthier a annoncé son départ, certains noms feront surface dans les prochains jours. Des maires présentement en poste pourraient être séduits par ce nouveau défi, comme l'a été Denis Lebel à l'époque. Verrons-nous certains d'entre eux se retirer de la course municipale au cours de l'été pour briguer les suffrages au fédéral ? 
Ce sera fort intéressant à suivre.