L’été politique, première partie

ÉDITORIAL / Habituellement, les dossiers politiques occupent moins d’espace médiatique en saison estivale, cédant la place aux festivals et autres sujets de nature plus légère. Cette année par contre, la situation sera tout autre alors que tous les partis de l’Assemblée nationale sillonneront le territoire québécois afin de séduire l’électorat, en vue du scrutin d’octobre prochain. Avec ses cinq circonscriptions, le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne fera pas exception : tous les chefs et candidats souhaiteront apparaître devant un plat de tourtière, dans une salle de cuves ou sur l’une des plages du lac Saint-Jean. Un peu cliché, certes, mais nécessaire pour quiconque espère convaincre les électeurs du Royaume.

À l’aube de cette chasse aux intentions de vote, il est amusant de dresser un portrait de la situation actuelle et des luttes qui se profilent, circonscription par circonscription. Bien sûr, cet instantané est hautement susceptible de changer, selon l’identité des candidats à venir, l’évolution de la campagne à l’échelle nationale et, évidemment, les annonces gouvernementales qui se multiplieront d’ici le jour J.

Aujourd’hui, donc, nous nous concentrerons sur les deux circonscriptions du Lac-Saint-Jean. Celles du Saguenay seront quant à elles analysées dans l’édition de samedi.

Roberval
La circonscription est présentement détenue par le premier ministre Philippe Couillard et, quoi qu’en disent ses critiques, ce dernier a sans contredit usé de son pouvoir pour favoriser le développement économique du secteur. Jusqu’à maintenant, ni le PQ ni la CAQ n’ont investi un candidat pour affronter le député responsable de la région. Dans son histoire récente, Roberval a toutefois démontré une attirance manifeste pour le pouvoir. Au fédéral, elle a, coup sur coup, donné un appui massif au conservateur Denis Lebel, puis au libéral Richard Hébert. La population sera-t-elle tentée de larguer le premier ministre à l’approche d’une éventuelle vague caquiste ? La question se pose. Qui plus est, en tant que chef, Philippe Couillard sera contraint de faire campagne aux quatre coins du Québec plutôt que de concentrer ses efforts sur son territoire. Dans un contexte où le gouvernement tire de l’arrière dans les sondages, le travail sur le terrain est crucial. Sans doute, ses futurs opposants en feront leur leitmotiv. Mais pour l’instant, faute de rival, Philippe Couillard semble en excellente position pour amorcer le sprint estival.

Lac-Saint-Jean
La circonscription de Lac-Saint-Jean est celle qui, dit-on, compte le plus de membres du Parti québécois au Québec. Depuis Jacques Brassard en 1976, nul n’a été en mesure de ravir ce bastion souverainiste au PQ. Les libéraux ont frappé un mur avec l’ex-ministre Yves Bolduc et l’ancien syndicaliste Pierre Simard ; l’Action démocratique du Québec a livré une belle bataille avec l’actuel conseiller municipal Jocelyn Fradette. Or, la forteresse a toujours tenu jusqu’ici, protégée par des militants aussi nombreux qu’actifs en période électorale. Par contre, plusieurs n’ont toujours pas digéré la défaite de leur député, Alexandre Cloutier, dans les deux dernières courses à la chefferie du PQ. Il sera intéressant de voir à quel point Jean-François Lisée saura les rallier à sa cause. Le jeune William Fradette mène présentement une belle campagne, mais il lui reste beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre la notoriété d’Alexandre Cloutier, qui l’aurait sans doute emporté haut la main s’il était demeuré en politique. Reste à voir dans quelle mesure le candidat de la CAQ, Éric Girard, saura profiter de la situation. Quant aux libéraux, ceux-ci n’ont pas encore de candidat dans la circonscription, ce qui témoigne d’un inquiétant manque d’intérêt envers ce parti.