Député de Jonquière, Sylvain Gaudreault jouit encore d’un immense capital de sympathie. Or, il n’est pas insensible à la chute du Parti québécois dans les sondages, c’est évident.

L’été politique, deuxième partie

ÉDITORIAL / Après avoir fait le portait des circonscriptions de Roberval et de Lac-Saint-Jean dans notre édition de vendredi, jetons aujourd’hui un regard sur celles de Jonquière, de Chicoutimi et de Dubuc.

Entre autres faits à considérer, il est à propos de rappeler que le changement est au cœur du discours de la CAQ, qui mise sur un courant populaire indéniable. On n’a qu’à penser à la dernière élection municipale, où de nombreux maires considérés efficaces ont été remerciés de leurs services sans autre raison apparente que le désir de remuer l’échiquier de la gouvernance.

Jonquière
Le péquiste Sylvain Gaudreault fut l’un des ministres les plus performants du gouvernement Marois. Son séjour au pouvoir, bien qu’éphémère, lui a permis de prouver sa valeur au ministère des Transports et à celui des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. Il jouit encore d’un immense capital de sympathie. Or, il n’est pas insensible à la chute du PQ dans les sondages, c’est évident. Contrairement à Lac-Saint-Jean ou à Chicoutimi, les électeurs de Jonquière ont déjà tourné le dos au Parti québécois en 2001, lorsque le chef de l’époque, Lucien Bouchard, a quitté la politique active. La libérale Françoise Gauthier lui a succédé comme députée, puis comme ministre jusqu’en 2007. Un candidat de taille au sein de l’équipe de François Legault, propulsé par une vague caquiste, pourrait mener à un changement de couleur dans cette circonscription. Rappelons-nous seulement la vague orange de 2011, alors que le néo-démocrate Claude Patry a détrôné le conservateur Jean-Pierre Blackburn, qui, comme Sylvain Gaudreault, semblait imbattable en début de campagne.

Chicoutimi
Depuis 1973, le PQ règne sur Chicoutimi ; une histoire d’amour de près d’un demi-siècle qui a vu défiler les Marc-André Bédard, Jeanne Blackburn, Stéphane Bédard et l’actuelle députée Mireille Jean. Élue en 2016 dans le cadre d’une partielle, Mireille Jean n’a eu que deux ans pour se faire un nom et une notoriété auprès de l’électorat. Elle a été brillante lors de sa campagne, d’autant qu’elle devait composer avec un chef contesté dans sa circonscription, Pierre Karl Péladeau, qui avait provoqué la démission de Stéphane Bédard quelques mois plus tôt. À l’intérieur de son mandat écourté, Mireille Jean devait par contre sortir de l’ombre de Sylvain Gaudreault et d’Alexandre Cloutier, une tâche qui était visiblement trop imposante en si peu de temps. Comme dans Jonquière et Roberval, elle ne sait toujours pas qui sera le candidat que lui opposera la CAQ. Par contre, la présence d’une autre femme dans l’arène, la libérale Marie-Josée Morency, qui, comme elle est issue du monde des affaires, aura sans doute un effet de division dans cette catégorie d’électeurs. Entre les branches, certains affirment que la CAQ souhaiterait elle aussi présenter une femme. Cette rumeur se défend. Aussi serait-il très périlleux de prédire l’issue de l’élection. Si le parti de François Legault met la main sur une personnalité bien connue et respectée dans Chicoutimi, cette course sera serrée jusqu’à la fin.

Dubuc
Vraisemblablement, ce sera aussi une chaude lutte dans Dubuc. Le libéral Serge Simard est apprécié de ses électeurs et il leur a bien rendu, grâce à un travail honnête. Il n’a toutefois pas eu la chance de se faire valoir au sein du cabinet ministériel de Philippe Couillard, ce qui a limité son pouvoir d’action. Au terme de son premier mandat, en 2012, les électeurs lui avaient préféré le péquiste Jean-Marie Claveau. Puis, moins de deux ans plus tard, il a vengé sa défaite en reprenant son siège. Certains indices tendent à démontrer que cette circonscription, longtemps péquiste, a appris à se ranger du côté du pouvoir depuis quelques élections. Qui plus est, le candidat caquiste, François Tremblay, a œuvré comme conseiller municipal de Saguenay et bénéficie d’un sens politique aiguisé. Assurément, Dubuc est à la portée de François Legault.