Les électeurs ont remis à Richard Hébert les clefs de la Chambre des Communes.

L'attrait du pouvoir

ÉDITORIAL / Le purgatoire des libéraux est terminé au Lac-Saint-Jean, où les électeurs ont quitté le navire conservateur pour se redonner le pouvoir.

S’il est une chose à retenir de cette élection partielle, c’est que les Jeannois sont désormais sans allégeance. Pendant une décennie, ils ont appuyé Denis Lebel pour l’homme, certes, mais aussi pour ce que ce dernier leur apportait grâce à sa position ministérielle. C’est en se laissant guider par cette philosophie que lundi soir, ils sont passés du bleu au rouge en remettant à Richard Hébert les clefs de la Chambre des Communes. 

Ont-ils été séduits par Justin Trudeau ? Peut-être, dans une certaine mesure. Ont-ils adhéré à ses politiques ? Il y a lieu d’en douter. Car, dans les faits, l’histoire de cette élection se résume en quelques mots : l’attrait du pouvoir. 

Il ne fait aucun doute que Richard Hébert possède toutes les qualités requises pour s’illustrer au sein du gouvernement. Le nouveau député a démontré sa valeur comme maire de Dolbeau-Mistassini et il ne devrait avoir aucun mal à s’adapter à ses nouvelles fonctions.

Pour le Lac-Saint-Jean, les astres ne pourraient être mieux alignés. Avec le premier ministre Philippe Couillard à Roberval et un député libéral à Ottawa, le secteur jouira d’une oreille intéressée auprès des deux paliers de gouvernements. À un an de la prochaine campagne provinciale et à deux ans d’un autre rendez-vous fédéral, le scénario est idéal. 

Comme le veut le dicton, on récolte ce que l’on sème. La moisson devrait donc être abondante au Lac au cours des prochaines années. 

Le mystère almatois

En ce qui a trait à l’analyse de cette élection partielle, les jours qui viennent permettront de mieux définir l’électorat de Lac-Saint-Jean. Une chose est toutefois certaine, les belles années du Bloc québécois, avec les Lucien Bouchard, Sébastien Gagnon, Stéphan Tremblay et Michel Gauthier, sont bel et bien révolues.

Pendant une bonne partie de la soirée, le candidat bloquiste Marc Maltais a cru en ses chances. Plusieurs estimaient qu’Alma, principale ville du Lac-Saint-Jean, lui était acquise en raison de sa notoriété et de sa forte personnalité. 

Or, les Almatois se sont-ils présentés aux urnes de façon massive ? Ont-ils répondu à l’appel des militants souverainistes qui soutenaient Marc Maltais ? Se sont-ils laissés guider par l’appui du député péquiste Alexandre Cloutier ? 

Alma a-t-elle abandonné le sort de la circonscription à ses voisins du Haut-du-Lac, ou s’est-elle simplement tournée vers Richard Hébert et le Parti libéral du Canada ? 

En 2015, la capitale jeannoise a fortement appuyé la néo-démocrate Gisèle Dallaire, qui a talonné Denis Lebel jusqu’à la toute fin. Comment expliquer qu’à peine deux ans plus tard, la candidate ait eu du mal à franchir les 10 % de l’électorat ?

Le message de Denis Lebel

Dans le cas des conservateurs, le résultat obtenu par le candidat Rémy Leclerc confirme ce que tout le monde savait déjà : les électeurs votaient pour Denis Lebel ; pas pour la formation politique qu’il servait, et encore moins pour Stephen Harper.

Denis Lebel a choisi de quitter abruptement son siège parce qu’il n’a jamais accepté de jouer les seconds violons. Le message à ses partisans était clair : il ne sert à rien de siéger dans l’opposition. 

Manifestement, ils ont suivi ses derniers conseils à la lettre.