La victoire du pouvoir

ÉDITORIAL / La population de Roberval confirme qu’elle n’a d’allégeance que le pouvoir. Car, contrairement à ce que prétendaient certains observateurs et analystes, cette victoire de Nancy Guillemette n’est pas un premier test réussi pour la Coalition avenir Québec, et encore moins un désaveu envers le Parti libéral, le Parti québécois ou Québec solidaire. Lundi, ces Jeannois n’ont pas choisi un candidat plutôt qu’un autre ; ils n’ont pas choisi un parti pour ses idées ; ils ont simplement pris le meilleur siège disponible à l’Assemblée nationale : celui qui se trouve du côté du gouvernement.

L’élection de Philippe Couillard, en novembre dernier, était prévisible, voire inévitable dans les circonstances. Pendant quatre ans, l’ex-premier ministre s’est acquitté efficacement de ses fonctions de député, s’alliant ainsi les principaux intervenants du milieu socioéconomique local. Or, il était tout aussi prévisible qu’il se retire rapidement si son parti était défait. Jamais les électeurs de Roberval n’ont cru un seul instant qu’ils seraient dans l’opposition pendant quatre ans.

Cette fois-ci, la donne était fort différente et pour la CAQ, Roberval était aussi facile à cueillir qu’une pomme en septembre. Cela dit, la députée nouvellement élue, Nancy Guillemette, peut se présenter au Salon bleu la tête haute, car même si cette campagne somnifère ne passera pas à l’histoire, il demeure que la représentante de la CAQ n’a fait aucun faux pas susceptible de miner sa candidature. Elle a joué la carte de la prudence et elle a raflé la mise.

Petit bémol aux organisateurs de la CAQ : l’annonce de subventions pour les projets PME Durable 02 (490 000 $) et Désert de glace de Saint-Gédéon (3 274 000 $) au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en plein jour de scrutin, n’était absolument pas nécessaire pour remporter cette élection partielle et aurait très bien pu, au contraire, vous attirer la critique et le cynisme…

Bonne décision

Parlant de stratégies, il est à propos de souligner que François Legault n’a pas fait la même erreur que son homologue fédéral Justin Trudeau, dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord. Lorsque l’ex-député Denis Lemieux a annoncé sa démission en novembre 2017, l’étoile du premier ministre canadien brillait encore de tous ses feux. S’il avait déclenché une partielle dans les semaines suivant le départ de son député, ses adversaires n’auraient pas eu le temps de s’organiser et sans doute, l’étendard du Parti libéral du Canada flotterait toujours au-dessus de Chicoutimi-Le Fjord. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit.

François Legault est demeuré maître de l’agenda. Il n’a pas attendu que son parti soit en crise ou qu’un éventuel « voyage en Inde » vienne ternir son image aux yeux des électeurs. La vague caquiste était encore bien vivante et cette fois-ci, Roberval n’y a pas échappé. Qui sait si le scénario aurait été identique dans six mois ?

À défaut d’une CRÉ

Maintenant, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se retrouve avec quatre députés au pouvoir, alors que seul le péquiste Sylvain Gaudreault a été en mesure de conserver son siège en novembre dernier, dans Jonquière. Est-ce dire que la région est dans une meilleure position qu’elle l’était il y a 48 heures ? Sans doute, elle l’est.

En politique, la cohésion est souvent gage de succès. Avec des députés élus dans chacune des extrémités de ce vaste territoire, où les intérêts diffèrent parfois selon les réalités de chaque pôle, le nouveau caucus régional de la CAQ aura l’occasion d’harmoniser les dossiers de façon à ce qu’ils soient représentatifs de toute la région et de ses réalités géographiques. À défaut d’avoir une Conférence régionale des élus ou un autre organisme de concertation...

Éditoriaux

À vous la parole

ÉDITORIAL / Quand donc sera-t-il question des enjeux locaux, ceux qui nous concernent vraiment, dans le cadre de cette campagne électorale fédérale ? Déjà, plus d’un quart de cette course de 40 jours est complété, et à part les inaugurations de locaux, les bains de foule incontournables et les dépôts officiels de candidatures, rien ne donne l’impression que très bientôt, la population sera conviée aux urnes afin d’identifier ses représentants à la Chambre des communes. Pourtant, les dossiers ne manquent pas. Alors, messieurs et mesdames, candidats et candidates de la région, sortez votre calepin et votre stylo, puis prenez enfin la parole.

Projets industriels

Nul doute que l’avènement des grands projets industriels que sont ceux de Métaux BlackRock, Arianne Phosphate et, sans oublier le plus important et le plus controversé, celui de GNL Québec, fera l’objet de tractations de la part de l’un et l’autre des candidats à cette élection. Dans ces dossiers, impossible de ménager la chèvre et le chou. Des positions claires et sans nuances sont espérées des électeurs. Pipeline, liquéfaction du gaz naturel, fracturation hydraulique, protection de l’environnement sont tous des sujets sur lesquels doivent absolument se prononcer les candidats. Idem pour les retombées économiques, les emplois rattachés à ces projets et l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de développement industriel. Le projet QcRail, pour lequel Ottawa vient d’accorder 7,5 millions de dollars afin de compléter les études de faisabilité, doit lui aussi être abordé alors que plusieurs craignent qu’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau ait un impact majeur sur le port de Grande-Anse.

Éditoriaux

Pourquoi ce site à tout prix?

ÉDITORIAL / Il arrive que la politique s’agence plutôt mal aux impératifs de gestion publique ; que les engagements électoraux prennent le dessus sur toute logique ou toute remise en cause. Il arrive que, quels que soient les options ou les arguments, rien ne puisse faire changer l’avis des élus. Dans le dossier du stade de soccer intérieur de Jonquière, c’est exactement ce qui semble se produire. Mais la population n’est pas dupe ; elle n’est pas muette et encore moins naïve au point d’avaler aveuglément tout ce qui lui est servi comme repas. Et dans ce cas-ci, plus on examine l’assiette sur la table, plus on y découvre des ingrédients indigestes.

Comme cette proposition de la Commission scolaire De La Jonquière soumise aux responsables de Saguenay et décrite dans cette édition par le journaliste Louis Tremblay. Une offre qui paraît trop belle pour être écartée, et qui a pourtant été balayée du revers de la main par les élus qui étaient affectés au projet.

Éditoriaux

À vos devoirs, élus de Saguenay

ÉDITORIAL / Time out, on arrête tout ! Bien qu’aucun chiffre n’ait encore été confirmé officiellement, il semble acquis que le projet de centre multisport de Jonquière coûtera beaucoup plus cher que prévu s’il se réalise selon les plans. Selon l’information rapportée par la station KYK 95,7, la construction de cette infrastructure nécessitera des travaux imprévus de stabilisation du terrain. En résumé, la Ville aurait acheté, au montant de 2,3 millions de dollars, un terrain sous lequel repose une nappe phréatique. Si ça s’avère, il s’agit d’une erreur colossale, qui entraînera des mesures non moins considérables. Mais, les dépassements de coûts seraient davantage attribuables à l’érection du futur bâtiment, qui aurait été nettement sous-estimée au départ.

Selon les chiffres évoqués par l’animateur Mark Dickey, jeudi, le coût du projet aurait presque doublé, passant de moins de 20 millions à quelque 37 millions. Certes, ce pronostic devra être validé par des experts, mais même hypothétique, une telle explosion des coûts ne laisse aux élus qu’une seule option : prendre une pause et revoir le projet dans son ensemble.

Éditoriaux

Les devoirs de l’électeur

ÉDITORIAL / Être électeur est un privilège auquel se rattachent des responsabilités. Entre autres petits efforts, celui de s’informer convenablement est sans doute l’un des plus importants. S’informer et se faire une tête à soi, afin d’éviter d’être réduit à l’état d’automate qui coche un bulletin en fonction d’une couleur, de ragots ou de fausses perceptions. Être électeur, c’est avoir le droit d’exprimer ses idées et ses valeurs librement, en toute connaissance de cause.

La campagne électorale fédérale s’est officiellement amorcée mercredi. Les pancartes sont apparues le long de nos boulevards, à nos intersections ; des publicités ciblées ont commencé à inonder nos pages Facebook. Et cette fois-ci, les Canadiens sont conviés à un sprint de 40 jours, qui ne sera pas moins intéressant à suivre qu’une campagne-fleuve comme celle de 2015 : les mêmes grands thèmes, les mêmes plateformes, le même contenu, mais offerts en doses concentrées.

Éditoriaux

L’Inquisition au 21e siècle

ÉDITORIAL / Il y a de quoi être fasciné par ces groupes qui semblent vivre uniquement pour haïr, critiquer et s’insurger lorsque leur loi — celle de la pensée unique — est transgressée. Ces attroupements qui ne voient le monde qu’en noir et blanc, sans nuance ni ouverture d’esprit ; qui jugent l’intervenant et le messager sans distinction, et qui tranchent comme au 13e siècle, à l’époque de l’Inquisition. Hors de leur Église, point de salut !

Mardi matin, l’un de ces groupes de militants a pris d’assaut les réseaux sociaux, s’attaquant aux porte-paroles de Port de Saguenay, Stéphane Bédard et Carl Laberge, lesquels avaient accordé, dans les jours précédant, une entrevue éditoriale au Quotidien. L’essentiel de leur propos s’articulait autour de la nécessité de protéger les installations industrialo-portuaires régionales. Sans grande surprise, les deux intervenants mettaient en relief des arguments favorables à leur position, comme le font les agriculteurs, lorsqu’ils commentent la gestion de l’offre, ou les environnementalistes, lorsqu’ils s’expriment sur l’urgence climatique.

Éditorial

Croire en Grande-Anse

ÉDITORIAL / Stéphane Bédard dit vrai lorsqu’il affirme qu’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et les installations portuaires de Baie-Comeau serait une catastrophe pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce serait comme jeter à la poubelle quatre décennies d’efforts visant à faire du port de Grande-Anse l’une des principales voies d’accès aux marchés internationaux dans l’Est du pays.

L’ex-député de Chicoutimi, aujourd’hui président du conseil d’administration de Port de Saguenay, monte aux barricades et s’engage à tout faire afin d’empêcher la réalisation du projet qui se dessine dans le Haut-du-Lac, pour lequel le gouvernement fédéral vient d’annoncer une aide financière destinée aux études de faisabilité. Certes, une éternité sépare cette démarche embryonnaire et une éventuelle première pelletée de terre, mais comme le dit si bien le principal intéressé : « Si tu ne t’organises pas, tu vas te faire organiser. »

Opinions

Être plus blanche qu’un béluga

ÉDITORIAL / S’il est une condition sine qua non au projet de GNL Québec, c’est la confiance. Le promoteur américain n’a aucune marge de manœuvre en ce qui a trait à la transparence et, surtout, à la rigueur intellectuelle. La compagnie doit montrer patte blanche ; elle doit laver plus blanc que blanc si elle souhaite arriver à ses fins.

Des informations comme celles rapportées mardi par Le Devoir créent une brèche dans une relation relativement fragile entre la communauté et GNL Québec. Et il faudra bien plus qu’un diachylon pour éviter l’hémorragie, cette fois-ci. On entend ici par diachylon une réponse laconique comme celle qu’a livrée la directrice principale, affaires publiques et relations avec la communauté, Stéphanie Fortin, au journaliste du Devoir : « La question du béluga et de la cohabitation avec les mammifères marins est une question importante prise en considération depuis le tout début du développement du projet. » Vraiment ?

Éditoriaux

Vous êtes donc où ?

ÉDITORIAL / Comment expliquer que si peu d’intervenants socioéconomiques n’aient encore manifesté leur inquiétude quant à la menace que représente la mise en place d’un éventuel lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau ? Comment se fait-il qu’encore une fois, seul le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge, ait sonné l’alarme, réagissant à l’aide accordée par Ottawa pour financer l’étude de faisabilité du promoteur QcRail ?

Certes, le député conservateur Richard Martel a lui aussi dénoncé l’octroi gouvernemental, mais il est entendu qu’à deux mois des prochaines élections, ce dernier fustigera toute annonce faite par les libéraux. Cela dit, les autres décideurs et supposés défenseurs du développement au Saguenay–Lac-Saint-Jean, vous êtes donc où ?

Actualités

La valeur de l’information

Vous êtes très nombreux à nous écrire et à écrire à nos collègues pour manifester votre grand attachement au Quotidien et au Progrès, en soulignant l’importance que revêt pour vous l’information locale et régionale que nous vous offrons quotidiennement.

En cette période où l’avenir des six quotidiens de Groupe Capitales Médias n’est pas encore clairement défini, vos témoignages nous inspirent et nous donnent de l’énergie, sachez-le bien !

Éditoriaux

Un bon départ, mais...

ÉDITORIAL / Sur papier, le scénario tient la route : un amphithéâtre moderne de 4000 places, un parc urbain et 125 condos de luxe, le tout pour 60 millions de dollars. Le projet élaboré par les élus de l’arrondissement de Chicoutimi a certes le mérite de satisfaire, en partie appréciable, chaque courant de pensée, mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

En effet, si les conseillers de Chicoutimi ont su articuler une formule hybride qui tient compte des principales suggestions retenues, ils n’ont pas encore convaincu leurs homologues des arrondissements de Jonquière et de La Baie, ce qui ne se fera pas sans effort. Également, rien ne garantit que Québec assumera deux tiers des coûts de construction, tel que souhaité par les élus.

Éditorial

L’érosion du socle régional

ÉDITORIAL / Texte tiré de l’allocution de Denis Bouchard, directeur général, rédacteur en chef et adjoint à l’éditeur, prononcée jeudi à l’occasion de la soirée de soutien au journal Le Quotidien/Le Progrès, organisée par le chapitre régional de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Quelque 200 personnes, journalistes de la majorité des médias de la région, décideurs, femmes et hommes politiques et lecteurs, sont venues dire que l’information locale et un quotidien local rendent une région plus dynamique, plus libre et plus unifiée.

Ce soir, je vois des visages qui nous critiquent souvent, mais n’est-ce pas le propre d’un bon ami de lui exprimer sa façon de penser ? Nous venons de recevoir une lettre (publiée dans l’édition de vendredi) en guise d’appui du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’aluminium d’Alma. Un soutien total en dépit d’un désaccord avec la politique éditoriale de nos journaux. S’il y a un mot pour cette position, c’est démocratie.

Éditoriaux

Les grands perdants

ÉDITORIAL / Il y a longtemps que le camelot a déserté le parvis de l’église, les dimanches. Or, malgré les nouvelles habitudes du lecteur et le déclin des journaux en version imprimée, partout sur la planète, l’âme de cette industrie demeure plus vivante que jamais. Car ce n’est ni l’encre ni le papier qui a porté notre média à travers les époques, mais bien son contenu. Et paradoxalement, ce dernier ne cesse de s’épanouir en harmonie avec son époque. Jamais nos nouvelles n’ont été aussi consultées qu’en ce moment, à l’ère du Web et de l’instantané. Le problème est que ces textes ont été vampirisés, exploités, voire plagiés impunément par certains géants de l’Internet, qui, par-dessus le marché, se sont accaparé les revenus autrefois destinés à nos journaux.

Certes, la chanson a été maintes fois fredonnée, au cours des dernières années. Le responsable est connu depuis longtemps et l’heure n’est plus aux accusations, mais plutôt à une prise de conscience. Il est maintenant temps de réfléchir sérieusement sur nos besoins collectifs en matière d’information, avant qu’il ne reste plus rien hors des grands centres urbains.

Éditoriaux

Que les hostilités débutent

ÉDITORIAL / S’il est une chose qui ne fait aucun doute, c’est que la campagne fédérale qui s’annonce sera l’une des plus captivantes des vingt dernières années.

Non pas parce que la bataille qui se prépare oppose deux formations qui sont actuellement au coude-à-coude ; non pas parce que le Bloc québécois semble renaître de ses cendres avec l’arrivée d’un chef charismatique et d’un communicateur hors pair en la personne d’Yves-François Blanchet ; pas non plus parce que le Nouveau Parti démocratique sera intéressant à voir évoluer au Québec avec, soyez-en certains, une présence très limitée de son chef Jagmeet Singh, en plein débat sur la laïcité; non pas parce que le Parti vert tentera sans relâche de s’approprier la cause du développement durable, l’un des enjeux phares de cette élection. Non, cette campagne fédérale pourrait surtout passer à l’histoire en raison de l’acrimonie des affrontements et de la violence des attaques. Candidats de partout au Québec, toutes allégeances confondues, affûtez vos glaives et sortez les boucliers, car la guerre est sur le point de s’amorcer.

Opinions

Bienvenue dans la cour des grands

ÉDITORIAL / Il y a de ces histoires qui inspirent ; qui démontrent qu’en se regroupant et en faisant preuve d’une détermination inébranlable, tout est possible. Une trentaine de producteurs de bleuets du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont écrit une page d’histoire, jeudi, en annonçant le démarrage d’une nouvelle usine de congélation dans le secteur de Normandin. Les instigateurs de la démarche estiment qu’en étant ainsi maîtres de leur destinée, ils obtiendront davantage pour leur production. Le temps leur donnera peut-être raison, peut-être tort, mais une chose est certaine : il faut saluer leur décision de se retrousser les manches et d’agir.

Au cours des dernières années, une grogne sans cesse croissante s’est installée chez les producteurs de bleuets de la région. Les partenariats d’antan ont cédé la place à une méfiance irréconciliable pour certains. Les prix à la baisse, année après année, n’ont fait qu’alimenter cette dualité.

Éditorial

Taire le suicide avant qu’il frappe

ÉDITORIAL / La mort du policier Patrick Bigras, de la Sûreté du Québec, ne doit pas se résumer à une série d’articles éphémères, puis tomber dans l’oubli comme tant de récits et faits divers qui meublent l’actualité quotidienne. Cette mort, ce suicide, doit susciter une réflexion collective sur la détresse psychologique. Elle rappelle que nul n’est à l’abri du désespoir et que notre société doit se doter de mécanismes plus efficaces pour venir en aide à ceux et celles qui n’arrivent plus à voir la lumière au bout du tunnel.

L’agent Bigras a été le premier à voir les corps mutilés des enfants de Guy Turcotte, il y a une décennie. Dans le cadre de ses fonctions, il a été témoin de la plus atroce des scènes de crime qu’on puisse imaginer ; sa mémoire a été marquée à jamais des images les plus effroyables qui soient.

Éditorial

Convaincre Legault

ÉDITORIAL / Se peut-il que le principal joueur à convaincre dans le dossier d’un centre multifonctionnel, avec un amphithéâtre pour le hockey, au coeur de Chicoutimi, soit le premier ministre François Legault ?

Plus d’une semaine après les conclusions d’une analyse sur l’avenir de l’ancienne zone ferroviaire du centre-ville de Chicoutimi, un terrain désaffecté depuis un demi-siècle, il faut bien se rendre à l’idée que la clé de la réalisation est entre les mains du gouvernement caquiste.

Éditorial

Le contribuable a été ignoré

ÉDITORIAL / Imaginez le pire des scénarios. Donnez-le ensuite au pire des réalisateurs, en lui suggérant de faire appel aux pires acteurs. Soit les spectateurs croiront que le récit était, en fait, une comédie de mauvais goût, soit ils comprendront que vous leur avez littéralement manqué de respect, avec raison. Et au bout du compte, vous aurez dépensé des centaines de milliers de dollars pour un film qui passera à l’histoire pour sa médiocrité. À la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, c’est exactement ce qui risque de se passer dans les prochaines semaines.

D’abord, il faut garder en tête que la saga juridique impliquant l’ancienne directrice générale Chantale Cyr et son ancien employeur n’est pas terminée.

Éditorial

Où était le conseiller Côté ?

ÉDITORIAL / Où diable était-il, le conseiller municipal responsable du district numéro 8 ? Que faisait-il de si important, mercredi après-midi, pour justifier son absence d’un point de presse qui concerne directement son secteur, une rencontre médiatique qui a duré à peine 30 minutes ?

Non seulement Simon-Olivier Côté aurait-il dû être présent lors de la présentation des résultats de la consultation publique sur l’avenir de la zone ferroviaire de Chicoutimi, il avait le devoir d’exposer sa vision du développement qu’il souhaite pour le quartier qu’il représente. En tant que mandaté des citoyens du secteur, il aurait même dû s’imposer comme le porteur officiel du dossier, et ce, depuis le départ, une responsabilité que lui aurait cédé volontiers le président d’arrondissement, Michel Tremblay. Or, mercredi, c’est ce dernier qui a dévoilé les résultats de la consultation et qui s’est prêté à la séance de questions des journalistes.

Éditorial

L’inattendu destin de la camerise

ÉDITORIAL / Après une douzaine d’années de promesses et d’espoir, il est intéressant de voir l’industrie de la camerise s’épanouir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À l’époque, en 2007 pour être précis, quiconque prédisait un avenir radieux pour ce petit fruit nordique s’exposait au scepticisme de ses interlocuteurs. Les initiés étaient pourtant convaincus et aujourd’hui, il est à propos de dire que le temps leur a donné raison. Et cela est une excellente nouvelle pour la région.

La première fois que j’ai entendu parler de ce fruit, c’était en février 2007, à Saint-Bruno, dans le cadre d’un colloque sur la gestion agricole. Agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), André Gagnon donnait l’impression d’être un prophète parmi les incrédules, vantant les multiples propriétés bénéfiques de la camerise. Pourtant, déjà, il évoquait le potentiel de la camerise pour capitaliser davantage sur les installation régionales destinées à la congélation du bleuet sauvage, emblème du Royaume.

Éditoriaux

Une grande réussite collective

ÉDITORIAL / Quand on le veut, on le peut. En campagne électorale, le premier ministre François Legault avait promis d’appuyer financièrement le projet du Patro de Jonquière et jeudi, il a tenu parole.

Certes, il ne s’agit pas d’un investissement de centaines de millions de dollars. Non, la somme consentie par le gouvernement est d’à peine 2 millions. Pourtant, chaque centime de ce montant sera, pour la Coalition avenir Québec, un véritable concentré de capital politique et surtout, un gage de crédibilité lors du prochain scrutin.

Éditoriaux

Saguenay doit collaborer

ÉDITORIAL / Quand tout le monde parle en même temps, on en vient à perdre le fil des discussions ; à mélanger les choses. Aussi est-ce dans ces moments de cacophonie que nous risquons le plus de mal interpréter un propos ou l’intention qu’il véhicule. Et c’est un peu ce qui se passe en ce moment dans le débat entourant la position de Saguenay en regard des grands projets industriels.

Par où commencer ? D’abord, il est rassurant de voir une portion de la population saguenéenne prendre la peine de se déplacer, un soir de semaine, pour porter le message écologique ; des personnes animées, pour la plupart, d’un discours articulé et clairement étoffé. Parce que personne ne peut prêcher contre la vertu : aucun projet industriel ne devrait être soutenu par les élus de façon aveugle et inconditionnelle. Il est également crucial de demeurer sceptique, curieux. Bref, les élus qui nous représentent ne doivent en aucun cas être obnubilés par la prospérité au point de sacrifier tout le reste, y compris l’environnement. Et il n’y aura sans doute jamais trop de chiens de garde pour leur rappeler ce devoir.

Éditorial

Encore remis aux calendes grecques

ÉDITORIAL / C’est à se demander si les enfants de nos enfants auront le privilège de rouler sur une autoroute régionale qui reliera enfin les deux principales villes de la région. Jamais un chantier routier n’a semblé si complexe ; tellement qu’après plus de quatre décennies, les automobilistes sont encore accueillis au Lac-Saint-Jean par une route qui se rétrécit à la hauteur de Saint-Bruno et où les risques de collisions frontales, notamment en saison hivernale, sont accrus.

Après des années de discussions, de compromis et de négociations avec les agriculteurs pour en arriver à un consensus quant au tronçon jeannois de l’autoroute, le ministère s’apprête à amorcer un « travail de réactualisation » du dossier, pour reprendre les termes du député de Lac-Saint-Jean à l’Assemblée nationale, Éric Girard. Concrètement, il faut comprendre que les travaux sont, une fois de plus, repoussés aux calendes grecques.

Éditorial

Saguenay, mets-toi belle !

ÉDITORIAL / La situation décrite par la journaliste Patricia Rainville dans notre édition de vendredi, concernant l’état lamentable des lieux à la Zone portuaire de Chicoutimi, ne peut laisser quiconque insensible. Surtout pas les conseillers municipaux, dont l’une des tâches premières est de faire en sorte que leur ville soit propre et invitante, particulièrement à l’aube de la saison estivale. N’y a-t-il pas moyen d’administrer les fonds publics de façon serrée sans pour autant faire figure de pauvres et de négligents aux yeux de tous les citoyens et les touristes ?

Saguenay est la capitale du Saguenay–Lac-Saint-Jean ; la locomotive économique de sa région. Elle est l’une des principales villes du Québec, et les attraits qu’elle propose sont de calibre national, voire international. Dans les prochaines semaines, ils viendront de partout pour vivre au rythme de ses festivals et découvrir ses périphéries. Ils séjourneront dans la grande ville avant de prendre le chemin du Lac-Saint-Jean. Puis, ils reviendront quelques jours avant de repartir.

Éditorial

Le combat de tout le monde

ÉDITORIAL / Le maire Marc Asselin n’est pas homme à s’insurger publiquement. Encore moins à tirer à boulets rouges sur le plus important citoyen corporatif d’Alma, lui réclamant des investissements massifs par l’entremise des médias. Visiblement, les limites de sa patience ont été atteintes et n’en doutez pas, l’écho de sa récente sortie publique a résonné jusqu’aux quartiers généraux de la multinationale, à Londres.

Plus tôt cette année, le maire d’Alma a accueilli froidement le mouvement amorcé par le conseiller municipal Jean-Marc Crevier, de Saguenay, concernant la taxation des barrages hydroélectriques sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Lors du lock-out de 2012 à l’usine d’électrolyse d’Alma, il n’avait pas appuyé formellement les travailleurs, préférant jouer le rôle de médiateur entre la direction de Rio Tinto et les représentants syndicaux. Malgré la critique dont il a fait l’objet de la part des employés, il est demeuré intraitable et a maintenu jalousement sa neutralité.

Éditorial

L’UQAC de la rectrice

ÉDITORIAL / Malgré ses cinquante années d’existence et le rôle de leader du savoir qu’elle assume au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Université du Québec à Chicoutimi doit constamment se battre pour assurer son avenir et s’épanouir au rythme des connaissances et de la recherche. L’établissement a vécu ses crises et ses revers. Les coupes budgétaires répétées, les déchirements internes, la compétition avec les grandes universités et la décroissance démographique ne sont que quelques-unes des embuches avec lesquelles l’institution a dû composer au cours des dernières années. Il y aura d’autres défis à relever, mais aujourd’hui, la direction estime avoir les outils nécessaires pour propulser l’UQAC vers de nouveaux sommets.

Le 22 juin 2017, un nouveau chapitre de l’histoire de l’UQAC s’amorçait avec la nomination de Nicole Bouchard au poste de rectrice. Déterminée à remplir ses engagements, elle a fait maison nette à la haute direction de l’université, puis a ouvert six postes de gestion de second niveau. Cette structure, qu’elle présente tel son « socle de gestion », fait en sorte que dorénavant, le futur de l’établissement ne repose plus sur quelques individus, mais plutôt sur une équipe multidisciplinaire, où chaque élément a une importance significative.

Éditorial

Rêver à nouveau la Véloroute

ÉDITORIAL / Le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, dit vrai lorsqu’il évoque la nécessité de revoir en profondeur le financement de la Véloroute des Bleuets, un circuit cyclable de 256 kilomètres qui, chaque printemps depuis des années, donne l’impression de ne plus être l’ombre de ce qu’il a déjà été.

L’activité cycliste poursuit son essor au Québec et ailleurs, avec l’arrivée des vélos électriques qui démocratisent encore davantage l’industrie. Chaque jour, les adeptes de partout sur la planète ratissent le Web afin de trouver leur prochaine destination de voyage, qu’ils soient athlètes ou simples amateurs de randonnées en famille. Parallèlement à la croissance de cet immense pactole touristique, plusieurs régions au pays se sont organisées afin d’offrir des circuits de qualité internationale. La Véloroute des Bleuets aspirait jadis à devenir l’un de ces parcours incontournables, duquel les gens reviennent enthousiasmés, la tête pleine de souvenirs impérissables et d’images à faire rêver. Ces gens-là, autrefois, se promettaient de revenir et surtout, partageaient leur expérience avec d’autres cyclistes. À l’ère des médias sociaux, nul ne peut négliger l’impact de ce type d’ambassadeurs. Encore moins lorsque l’industrie est en pleine émergence et que les joueurs se multiplient aux quatre coins du pays.

Pierre Jury

Francophonie: quel héritage?

ÉDITORIAL / La nouvelle secrétaire générale de la Francophonie vient de passer quelques jours à Ottawa et au Québec, où elle a tenu dans ses discours les idées reçues associées à sa fonction. Ainsi, Louise Mushikiwabo a défendu le partage de la richesse, notamment, et a milité pour la place des femmes et le développement de l’Afrique dans l’échiquier mondial.

Mme Mushikiwabo a ainsi réitéré les grands principes défendus par Michaëlle Jean, de qui elle a hérité le poste à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Éditoriaux

Bienvenue à la pourvoirie

ÉDITORIAL / Le projet d’aménagement d’une usine de liquéfaction du gaz naturel à Saguenay a suscité un débat qui dépasse largement les frontières du Saguenay-Lac-Saint-Jean. De partout en province, de plus en plus de voix s’élèvent contre le promoteur, si bien que certains craignent désormais de se prononcer en faveur de cet investissement. Ceux qui osent s’aventurer dans cette voie savent qu’ils risquent d’être qualifiés d’hérétiques, d’obtus, de négationnistes, de « trumpistes ». Des ignares de petites régions, également.

Les gens des « régions ressources », comme le dit la députée Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, devraient ouvrir les yeux et dire non au projet ; ils devraient réaliser que leur avenir ne dépend plus de l’industrie lourde, mais plutôt des circuits en agriculture, de l’utilisation responsable du bois d’œuvre, de la biomasse… Dans sa lettre publiée vendredi, elle compare les emplois de la cimenterie McInnis de Port-Daniel à ceux, beaucoup moins payants, des Serres Toundra de Saint-Félicien. Sait-elle seulement que l’entreprise jeannoise peine, depuis son ouverture, à embaucher des travailleurs québécois, si bien qu’elle doit recourir à la main-d’œuvre étrangère pour maintenir ses opérations ? La chef solidaire évoque même l’apocalypse : « Laissées à l’abandon, ses infrastructures serviront de plaque commémorative à l’échec d’un vieux modèle de développement, qui donne tout aux multinationales étrangères des ressources naturelles et qui ne laisse rien aux gens d’ici quand elles partent. »

Éditoriaux

Un coup de gueule rassurant

ÉDITORIAL / La sortie publique des conseillers Michel Potvin, Jean-Marc Crevier, Raynald Simard et Michel Tremblay, lundi, a de quoi réjouir les contribuables de Saguenay à maints égards. Ce n’est pas tant qu’ils aient dénoncé la hausse fulgurante du prix de l’asphalte qui étonne, mais plutôt qu’ils aient choisi d’aviser aussi spontanément la population de ce qu’ils qualifient d’incohérence. Leur coup de gueule, quelques instants à peine avant la tenue de la séance régulière du conseil, était improvisé et cinglant tel un uppercut pour les entreprises locales qui ont déposé des soumissions afin d’effectuer les travaux de pavage. Peut-être un peu trop, d’ailleurs. Par contre, ce coup de gueule témoigne du sérieux qu’ils accordent à l’administration des fonds publics, et rien que pour ça, il y a lieu de leur lever notre chapeau.

Il est beaucoup trop tôt pour crier au scandale ou à la collusion. Tel que le rapportait le journaliste Denis Villeneuve, dans notre édition de mercredi, les compagnies concernées semblent en mesure de fournir des explications légitimes quant à leur soumission respective. L’analyse du dossier déterminera qui a raison et qui a tort dans cette affaire, mais là n’est pas l’objet de cet éditorial.

Éditoriaux

Impossible de faire pire

ÉDITORIAL / La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay s’ennuyait-elle de la controverse ? Sous quel prétexte le conseil des commissaires a-t-il jugé nécessaire — et urgent — d’octroyer un contrat de cinq ans à sa nouvelle directrice générale, Johanne Allard, alors que le litige juridique entre l’organisation et son ancienne directrice, Chantale Cyr, est encore débattu devant la justice ? Surtout, comment a-t-on pu s’engager pour une période si longue, alors que le gouvernement du Québec entend déposer un projet de loi sur l’abolition des commissions scolaires dès l’automne 2019 ?

Le contrat accordé à Johanne Allard s’inscrit dans la longue liste des décisions douteuses répertoriées au cours des dernières années à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, une structure qui, rappelons-le, a été soumise à un examen rigoureux — et non moins humiliant — du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.