Josée Bouchard

La bouée de sauvetage de Josée Bouchard

Décevante! C'est le qualificatif qui me vient à l'esprit lorsque la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, suggère de fermer les écoles privées pour sortir du trou les commissions scolaires. Misère! Elle parle comme quelqu'un qui est en train de sombrer et qui cherche une bouée de sauvetage pour ne pas couler.
À ce sujet, le directeur général du Séminaire de Chicoutimi, Grant Baergen, a tenu des propos éclairants dans une lettre d'opinion du Quotidien. Certes, il prêche pour sa paroisse. Cela ne l'empêche pas de donner une information pertinente à partir de statistiques du gouvernement du Québec.
Voici les faits: L'ensemble des subventions de l'État représente 45 pour cent du budget de fonctionnement des écoles privées régulières. Celles-ci ne retirent aucun avantage des taxes scolaires. Elles n'obtiennent strictement rien pour la vie scolaire, les ressources matérielles (mobilier, équipements, entretien...) et les services complémentaires comme les psychologues, les infirmières et autres professionnels. Si une école privée accepte un élève en difficulté, elle ne recevra aucun subside de plus. Elle assumera seule tous les problèmes inhérents à ce jeune. Les écoles publiques ne sont donc pas les seules à manquer d'argent en raison des restrictions budgétaires. Les écoles privées écopent forcément elles aussi.
Admettons-le. En permettant à des enfants de fréquenter l'école privée, on donne du coup de l'oxygène au secteur public.
La mort à petit feu
Voici une question purement mathématique pour Josée Bouchard. Les commissions scolaires, qui souffrent d'un manque d'argent chronique, sont-elles en mesure d'accueillir dans leur réseau 85 000 élèves supplémentaires? La réponse est non, bien évidemment. En tout cas, pas d'un coup. À moins de les faire mourir à petit feu. Et c'est l'idée lumineuse qu'elle a trouvée. Son objectif: que l'État cesse complètement de financer le réseau privé pour permettre au réseau public de respirer. C'est la loi du moindre effort. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Un concept bien connu, vieux comme le monde, mais tellement dépassé.
Selon Josée Bouchard, le gouvernement refuse de faire une vraie réflexion sur le financement du réseau privé et public parce que beaucoup de politiciens et de journalistes choisissent l'école privée pour leurs enfants. Alors, là, elle ne rehausse pas le débat. Elle manque d'arguments. La présidente doit comprendre qu'il y a des parents qui acceptent de se serrer la ceinture parce qu'ils s'identifient davantage à cette culture scolaire. C'est leur choix.
Est-ce utile de rappeler que les écoles privées ne reçoivent pas que des " nerds " ou des enfants provenant de parents richissimes? Elles accueillent des enfants moyens et provenant de familles moyennes. Depuis que les écoles publiques offrent des programmes d'enrichissement sports-arts-études et internationaux, la donne a changé considérablement. Elles reçoivent les meilleurs élèves parmi les meilleurs. À tel point que plusieurs font même l'envie d'un bon nombre d'écoles privées.
Ce n'est pas pour rien que le Lycée du Saguenay et le Séminaire de Chicoutimi ont fusionné. Leur clientèle diminuait au profit du public. Ils ont dû réajuster le tir.
Le choix aux parents
Cela étant, peut-on permettre aux parents de choisir l'école de leur enfant dans le réseau qui leur conviennent? Chaque établissement a une couleur bien personnelle avec ses organisations sportives et artistiques, ses programmes d'études, ses règles de vie, son approche disciplinaire, sa démarche pédagogique, son environnement. Toutes ces choses qui font qu'on préfère un établissement à un autre, qui font qu'un enfant s'identifie à son milieu scolaire.
La journée où il n'y aurait plus aucun financement public accordé aux écoles privées, plusieurs d'entre elles seraient contraintes de mettre la clef dans la porte. Les premières à fermer seraient celles situées en région. Ça coûterait une fortune pour y envoyer son enfant. Notre bassin de clientèle n'est pas celui des grands centres. Bien des parents n'auraient plus les moyens de faire ce choix même en se privant. Ce serait désolant.
Ce qui importe avant toutes choses, Mme Bouchard, c'est de prendre en considération les besoins de l'enfant et sa personnalité. Parfois, dans son intérêt, les parents jugent qu'il vaut mieux choisir le privé. Peut-on leur laisser le libre choix?
DU MOMENT QUE C'EST À SAGUENAY
Le déménagement du bureau de Passeport Canada de Jonquière vers Chicoutimi en déçoit plus d'un. Que les services gouvernement aux soient à Chicoutimi, Jonquière ou La Baie n'a pas vraiment d'importance pourvu que ça reste à Saguenay.