Il faut que ça change à la STS

ÉDITORIAL / La Société de transport du Saguenay (STS) aura beaucoup besoin d’être très persuasive pour convaincre l’ensemble du conseil municipal du bien-fondé de ses prochaines actions, à la lumière des informations obtenues par Le Progrès et publiées dans cette édition.

L’organisme, qui a obtenu un montant de 600 000 dollars lors de la dernière assemblée publique du conseil, afin d’absorber son déficit, aura finalement besoin que les élus lui accordent une somme supplémentaire de 125 000 $ pour 2020.

Alors que le conseil tente par tous les moyens d’économiser pour élaborer son prochain budget, les interrogations à l’égard de la STS se multiplient en coulisses. On peut d’ailleurs lire entre les lignes du texte de la journaliste Mélanie Côté que le conseiller Michel Potvin, responsable des finances à Saguenay, n’entend plus à rire. « Comment définir la situation de la STS ? Le mot, c’est questionnable. C’est sûr qu’au comité des finances, on pose des questions et on espère avoir des réponses dans les plus brefs délais », dit-il, avant d’enchaîner : « Est-ce qu’il faut revoir le modèle d’affaires ? Il faut être capables d’arrêter l’hémorragie, être capables de discuter, de poser des questions, d’avoir des réponses. »

En bon français, le conseiller Potvin confirme que les élus n’ont pas été en mesure d’obtenir des explications suffisantes pour justifier cette fuite ininterrompue de fonds publics.

On peut également déduire que le directeur général de la STS, Jean-Luc Roberge, devra être armé d’arguments solides lorsqu’il se présentera à nouveau devant les décideurs. Parce qu’en ce moment, ces derniers ne veulent entendre rien d’autre que des solutions.

Saguenay verse une quote-part de 12,4 millions de dollars à la STS présentement. Or, la loi oblige Saguenay à payer pour les déficits éventuels de l’organisation. Comment peut-on croire que la situation s’améliorera alors que les usagers ne paient qu’entre 15 % et 17 % des frais d’opération du système de transport en commun ? Comment penser que dans les prochaines années, le nombre d’utilisateurs, qui s’élève à entre 4500 et 5000 personnes en incluant les étudiants, augmentera au point de combler les déficits ?

Ce n’est un secret pour personne : la STS peine à remplir ses autobus, mis à part le matin et en fin de journée.

Le succès remporté par les différentes formules de taxi-bus mises en place au Lac-Saint-Jean ouvre peut-être la porte à une réflexion sur celui de la STS. Sans dire qu’il faille abandonner complètement le transport en commun à Saguenay, bien au contraire, il est sans doute possible de réduire le nombre de circuits en périphérie en faisant appel à l’industrie locale du taxi.

Ainsi, les dirigeants de la STS pourraient davantage se concentrer sur les projets porteurs, tel le corridor d’écomobilité qui relie le secteur de l’UQAC, la zone Talbot et le centre-ville de Chicoutimi. Et quant à elle, l’industrie du taxi pourrait bénéficier d’une nouvelle clientèle.

Cela dit, peut-être existe-t-il d’autres scénarios d’optimisation, mais une chose est certaine : le statu quo est impensable.

Et si la direction de la STS n’est pas en mesure de colmater les fissures, elle se fera vraisemblablement imposer des actions par les élus.

Car le nuage qui se dessine au-dessus de la STS en ce moment est nettement plus menaçant que celui qui a précédé la crise du transport adapté, un épisode où la STS a dû mettre un genou au sol avant de faire marche arrière.

Assurément, personne au sein de la direction ne souhaite revivre un tel dénouement.