La journée était sombre mardi pour le PQ. Trois conférences de presse dans une journée pour annoncer des départs dont celui d'Agnès Maltais (photo).

Fatigue et...peur de perdre

ÉDITORIAL/ Transition naturelle en politique ou signe qu’il est impossible pour le PQ de remonter la pente?

Alexandre Cloutier, Nicole Léger et Agnès Maltais ont tous formulé mardi de bonnes raisons pour expliquer qu’ils ne seraient pas candidats du Parti québécois au scrutin d’octobre. Mais si le PQ n’était pas troisième dans les intentions de vote, loin derrière la CAQ et les libéraux, et si leur chef Jean-François Lisée était perçu comme le meilleur premier ministre par plus de 9 % des Québécois sondés, leur choix aurait-il était différent?

Bien sûr, il y a parfois des revirements étonnants en politique. Que ce soit au Québec ou ailleurs au Canada ou à l’étranger, au niveau municipal, provincial ou national, le résultat des élections a réservé de grandes surprises ces dernières années. Justin Trudeau et Valérie Plante, pour ne citer que ces deux exemples, n’étaient pas vus comme des gagnants en début de campagne. Pas plus que Jean-François Lisée lors de la course à la direction du PQ. 

Le PQ et leur chef peuvent-ils à leur tour renverser la vapeur d’ici les élections générales et faire mentir les sondages défavorables des derniers mois? 

Ont-ils la capacité de faire de la politique, certains diront «autrement», pour qu’elle colle mieux aux idéaux d’Alexandre Cloutier qui souhaiterait que la partisanerie cesse de banaliser nos institutions, de confondre essentiel et superficialité, de juger la pertinence et le bien commun en fonction du nombre de likes ou de retweets? 

Jean-François Lisée et ses troupes auront beaucoup à faire au cours des prochains mois. Avec seulement 19 % des intentions de vote, selon le sondage Léger-Le Devoir de décembre, le PQ ne peut compter uniquement sur les bourdes de ses adversaires caquistes ou l’usure du pouvoir des libéraux pour gagner des points. Il est aussi hasardeux de penser que le retour de Jean-Martin Aussant ou de Pierre Karl Péladeau garantirait plusieurs sièges le 1er octobre.

M. Lisée soutient que sa formation n’éprouve pas de difficultés à trouver des candidats pour remplacer ceux qui partent. Il faudra voir la liste finale des candidats. C’est une chose de mettre un visage sur une pancarte. C’en est une autre de recruter des personnes qui inspireront confiance aux Québécois, les feront rêver d’un Québec «meilleur», et satisferont leur désir de changement. 

La députée Agnès Maltais estime que son retrait de la vie politique donne un signal de renouveau dans la région (elle est en poste depuis 20 ans), mais pas pour laisser sa circonscription aux mains de la droite. Droite ou gauche? Sur ce point aussi le PQ devra être plus clair. 

La journée était sombre mardi pour le PQ. Trois conférences de presse dans une journée pour annoncer des départs, ça ne donne pas une image très positive d’un parti. 

Les libéraux vivront peut-être la même situation. Dans leurs rangs aussi, certains se demanderont s’ils peuvent bloquer la montée de la Coalition avenir Québec et s’ils peuvent obtenir encore une fois l’appui des électeurs après presque 15 ans de règne libéral. 

Les règles du jeu ont également changé pour ceux qui se lanceront dans la prochaine campagne électorale. Un député ne pourra plus démissionner quelques mois après son élection-parce qu’il n’aime pas se retrouver dans l’opposition, voire la deuxième opposition, ou qu’il est frustré de ne pas avoir été nommé ministre- et toucher une indemnité de transition. Il faudra des motifs familiaux ou de santé pour y avoir droit. 

L’engagement doit être bien réfléchi. Le travail de député est très exigeant. Nicole Léger, Agnès Maltais et Alexandre Cloutier l’ont bien exposé. Pour reprendre les termes du député de Lac-Saint-Jean, c’est une job qu’on ne peut faire sur le cruise control ou pour seulement payer l’hypothèque.