Exercice de transparence

ÉDITORIAL / La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’est prêtée à un bel exercice de transparence en mettant sur la table les coûts des bateaux de croisières ainsi que les subventions accordées aux évènements sur le territoire.

Elle répondait ainsi à une démarche du chroniqueur et journaliste Roger Blackburn, qui, dans l’édition du Quotidien de mercredi, expose en exclusivité aux lecteurs le portrait de la  participation financière de la Ville aux différentes activités. En même temps, il a appris ce que coûtaient les bateaux de croisières, incluant le remboursement de l’emprunt.

Donc, dans ces deux dossiers distincts, les contribuables peuvent y voir clair et y apporter leur appréciation, selon ce qu’ils préfèrent et ce qu’ils jugent nécessaire pour le développement de la municipalité. Et ce sont des chiffres qui peuvent être apprêtés à plusieurs sauces en les brassant avec tous les considérants, les intrants, les impacts, etc. Par exemple, est-ce que la notoriété, c’est-à-dire la vision que Saguenay obtient, en vaut la peine? Comment évaluer objectivement les retombées?

La grande part des 1,5 million $ consacrés aux bateaux va au remboursement de l’emprunt. On revient à la même question quand arrive le temps d’investir dans des infrastructures servant au tourisme, à la culture et aux sports. Comment rentabiliser le tout?  En tout cas, après tant d’années d’une gestion autocratique, enfin, les contribuables savent ce que le projet leur coûte. Une fois les chiffres dévoilés, on peut bien se laisser aller à toutes sortes de commentaires, se scandaliser, dénoncer et lâcher un gros «je le savais», mais, fondamentalement, Saguenay doit continuer à gérer dans une perspective d’expansion.

Les défis sont grands pour Saguenay, mais pas forcément écrasants. Avec tous les chiffres en main, dans le poste de décideur, la mairesse et son équipe doivent, d’une part, renégocier des ententes avec l’Administration portuaire de Saguenay (APS) et Diffusion Saguenay (La Fabuleuse) pour en arriver à diminuer la charge des contribuables et, d’autre part, continuer à développer les croisières.

L’entente avec APS est d’autant plus douteuse que Ghislain Harvey était à la fois à la tête de Promotion Saguenay et de Port de Saguenay. Comment, dans ce contexte, avoir l’assurance que la négociation ait été conclue dans les règles de l’art et aux bénéfices des contribuables?

L’avenir est loin d’être sombre cependant, même s’il faut toujours avoir en tête que l’industrie traverse des cycles.  Saguenay peut améliorer sa situation, notamment en obtenant un service de douanes complet. Cela servirait non seulement à l’aéroport, mais surtout aux bateaux de croisières qui pourraient faire de Saguenay un lieu d’embarquement. Dans les coulisses, certains disent qu’il y a beaucoup de résistance dans la région de la Capitale-Nationale.

Vivement une politique!

En ce qui  a trait aux subventions, même dans les grands évènements, il existe une disparité qui est difficile à expliquer. La bonne nouvelle est que la mairesse annonce une politique dont les critères seront clairs. En tout cas, il y aura des gagnants et des perdants.

Dans les activités mises en lumière par Le Quotidien, qui sont essentiellement les plus importantes dans la ville, certaines coûtent cher, comme la pêche blanche (672 000 $) et le Parc des Mille Lieux de la colline (1 320 000 $). 

Et il y a plusieurs autres centaines de milliers de dollars qui étaient accordés à de plus petites organisations sur des bases inconnues. C’est à ce chapitre que les critiques de politisation des demandes s’adressent. Quand vous détenez une enveloppe, que vous n’avez pas de critères clairement  établis et que vous n’avez pas de compte à rendre, vous détenez beaucoup de pouvoir. Beaucoup trop!