Le quartier Isle-Maligne aura sa voie de contournement

Enfin, Isle-Maligne

ÉDITORIAL / Il était temps que les citoyens du quartier Isle-Maligne d'Alma aient enfin leur voie de contournement.
Depuis plus de quatre décennies, ils attendaient ce jour où un premier ministre annoncerait officiellement le début des travaux de ce vaste chantier routier, qui nécessitera des investissements de 50 à 100 millions de dollars. Il y a à peine quelques années, on estimait les coûts à 40 millions, mais ce dossier a une valeur qui dépasse largement les considérations financières. Quelle que soit la facture finale, il devait se réaliser pour la raison la plus importante de toutes: la sécurité.
Les statistiques ministérielles ne sauraient mentir: le nombre d'accidents répertoriés sur la route 169, dans ce secteur, est deux fois supérieur au taux critique statué par l'État. Avec les projets susceptibles de se réaliser dans le nord du Québec et le développement qui en découlera, on prévoit que la circulation dans ce quartier atteindra quelque 23 000 véhicules quotidiennement. En 2014, on recensait jusqu'à 18 000 véhicules en période estivale.
Tout a été dit au cours des 40 dernières années. Chaque maire qui a gouverné la ville d'Alma a fait des plaidoiries auprès des instances gouvernementales sans jamais obtenir quoi que ce soit, sinon des études et des promesses. À Isle-Maligne, les résidents se sont unis pour cette cause, en ont fait une priorité et ont multiplié les interventions auprès des élus. Ludger Côté, le président du Comité des citoyens de l'endroit, est l'un de ceux qui ont été les plus actifs dans cette longue croisade. Lundi, lorsque le premier ministre Philippe Couillard a lancé le premier appel d'offres pour la construction de la voie de contournement d'Isle-Maligne, c'est le travail acharné de M. Côté et de ses acolytes, dont Marc Lamirande, qui a enfin été récompensé.
Selon le directeur régional du ministère des Transports, Donald Boily, la mise en service de la voie de contournement d'Isle-Maligne sera effectuée en 2020, après quatre années de travaux. Le tracé de 4,8 kilomètres sera ponctué de deux carrefours giratoires et une piste cyclable sera aménagée en marge de celui-ci.
Pendant longtemps, on a tenté d'identifier les raisons pour lesquelles le lien routier n'était pas autorisé par Québec. L'hypothèse la plus répandue est que la région a sacrifié le développement de son réseau intérieur afin d'appuyer, de façon concertée, la construction d'une route à quatre voies divisées dans la Réserve faunique des Laurentides. Le jeu en valait la chandelle, car il était impératif de relier, par une route digne de ce nom, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la capitale nationale.
Comme on dit, tout vient à point à qui sait attendre.
Compléter l'autoroute
Maintenant que le projet d'Isle-Maligne est officiellement débuté, un autre grand dossier doit être porté par les intervenants régionaux. L'autoroute 70 est une oeuvre inachevée qui, elle aussi, a été retardée en raison des investissements déployés dans la Réserve faunique des Laurentides.
À ce sujet, le premier ministre Couillard a tenu des propos encourageants lundi dernier. «On va la faire au complet, l'autoroute, soyez-en certains.»
Le tracé adopté par l'ensemble des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a quelques années, n'est certes pas parfait. On ne pourra jamais justifier que l'autoroute régionale n'aboutisse pas à Alma, la principale ville du Lac-Saint-Jean. Or, la politique étant ce qu'elle est, il a été convenu que l'autoroute 70 se déploierait au sud de Saint-Bruno, dans l'optique d'un éventuel prolongement vers Roberval. Ce consensus, obtenu après que l'ex-maire Gérald Scullion eût lancé la serviette quant à la position historique d'Alma, était une condition essentielle pour que le projet avance. Mieux vaut se muer à pas de tortue que de demeurer immobile.
Le gouvernement du Québec semble ouvert à réinvestir au Saguenay-Lac-Saint-Jean; les obstacles d'autrefois concernant le tracé au Lac-Saint-Jean n'existent plus; le tronçon entre Chicoutimi et Grande-Anse sera livré en juillet 2017. Reste à savoir si Philippe Couillard sera celui qui apposera la touche finale à cette autoroute jadis appelée Alma-La Baie. Espérons-le.