Élections 2014 : un coup d'éclat?

La campagne électorale 2014 entre dans son dernier droit. Sur le plan régional, on peut affirmer qu'elle a réservé, jusqu'à maintenant, bien peu de surprises aux électeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Faut-il, par conséquent s'attendre à un coup d'éclat d'un parti ou d'un candidat d'ici le scrutin de lundi prochain? Ce serait étonnant. Mais, ce serait pertinent.
D'une part, à moins d'une semaine du vote, les candidats veulent à tout prix éviter la proverbiale pelure de banane, l'erreur ou la déclaration malencontreuse susceptible de faire déraper leur campagne alors qu'il reste très peu de temps pour se rattraper. D'autre part, il demeure que le concept même des «promesses électorales» n'a plus l'attrait d'antan. Le terme est galvaudé, trop de promesses étant tombées lettre morte une fois les passions de campagne évaporées.
Défis
Néanmoins, force est d'admettre que la présente campagne électorale n'a pas apporté de grandes réponses aux nombreux défis socioéconomiques auxquels le Saguenay-Lac-Saint-Jean est confronté. Une campagne électorale n'est pas le moment propice pour régler tous les dossiers. Cette tâche incombe au gouvernement élu. Mais, c'est cependant le moment pour glisser des pistes de solution, pour proposer, pour innover, pour se démarquer. C'est l'occasion de marquer les esprits, à tout le moins...
Certes, depuis le 5 mars dernier, les candidats en lice dans la région ont parlé de forêt, d'aluminium, de développement économique, ont appuyé les différents projets miniers... On a parlé de création d'emplois. Mais sans entrer dans les détails. Sans originalité. Sans sortir des grands concepts. À maints égards, les engagements dévoilés par les candidats régionaux en 2014 constituent des «copier-coller» de la campagne 2012.
Dommage.
Car, les citoyens veulent savoir comment on aidera réellement l'industrie forestière à sortir de son marasme. Comment on assurera la pérennité du Complexe Jonquière. Comment on pourrait favoriser durablement et efficacement les activités de deuxième et de troisième transformation de l'aluminium dans la région. Comment on compte à la fois préserver les emplois en forêt, créer des aires protégées et assurer la protection des hordes de caribous forestiers. Comment justement, on compte faire pour cerner convenablement la réalité de ces bêtes, leur nombre, leur répartition sur le terrain et leurs besoins. Comment régler les points en litige concernant le respect des clauses de la certification FSC. Comment on pourrait faire concrètement pour réussir un atterrissage en douceur du projet d'Arianne Phosphate à Saint-Fulgence. Comment on pourrait soutenir la filière agricole régionale, à la croisée des chemins en matière de relève et alors que des propriétaires privés, comme Pangea, proposent de nouveaux modèles de développement. Comment on pourrait faire pour favoriser un rayonnement encore plus grand des cégeps de la région, de l'UQAC, de l'Hôpital de Chicoutimi...
Être en faveur de la création d'emplois, c'est bien. Expliquer comment on va y parvenir, c'est essentiel.
Portrait
Évidemment, le fait que la campagne ne soit réellement chaude, sur le terrain, que dans Roberval et Dubuc, n'est sans doute pas étranger non plus à cette absence de coup d'éclat politique sur la scène régionale. Philippe Couillard et Denis Trottier se livrent une lutte acharnée qui devrait donner des résultats serrés dans les urnes lundi soir. Dans Dubuc, Jean-Marie Claveau et Serge Simard sont au coeur d'une bataille de terrain rangée. Ailleurs, la visite d'Amir Khadir et les nombreuses déclarations du candidat indépendant Marc Pettersen dans Chicoutimi ont donné un peu de couleurs aux débats sinon plus ternes.
La présente campagne démontre comment la Coalition avenir Québec a été incapable depuis deux ans de créer dans la région un embryon d'organisation et un véritable noyau de militants, ainsi que la difficulté pour le Parti libéral de renouveler la base d'appuis qui a permis notamment l'élection, en 2001, dans Jonquière de l'ex-ministre Françoise Gauthier.
Ce constat fournira une intéressante matière à réflexion aux dirigeants de ces formations, à la lumière du portrait régional qui sera dégagé dans les urnes lundi soir prochain.