Dans Jonquière, Sylvain Gaudreault, ministre important du cabinet Marois, est aussi bien en selle. Son adversaire principal, le libéral Tommy Pageau, jeune homme d'affaires, a toute une pente à gravir, ne serait-ce que sur le plan de la notoriété.

Deux comtés à surveiller

Les luttes dans les comtés de Dubuc et de Roberval, et dans une certaine mesure celle dans Chicoutimi, s'annoncent particulièrement intéressantes dans le cadre de la présente campagne électorale.
À moins d'un séisme politique, ce qui semble improbable en ce moment sur la scène régionale, la réélection des députés et ministres sortant Alexandre Cloutier et Sylvain Gaudreault, respectivement dans Lac-Saint-Jean et dans Jonquière, apparaît comme une formalité. D'autant plus que la Coalition avenir Québec peine à recruter des candidats vedettes dans la région, et que les tiers partis, concrètement, ne sont pas encore parvenus à s'imposer politiquement au Royaume.
Bataille
Dans Lac-Saint-Jean, bastion péquiste, le candidat libéral Pascal Gagnon, qui vient de sauter dans la mêlée, est relativement connu dans le milieu Jeannois à titre de directeur général sortant de la Chambre de commerce de Roberval. Il aura cependant besoin de sortir plusieurs lapins de son chapeau pour être en mesure de gruger les appuis populaires dont profitent historiquement les candidats du PQ dans ce comté, où le suspense électoral le soir du scrutin ne dure généralement pas plus d'une demi-heure après la clôture du vote...
Dans Jonquière, Sylvain Gaudreault, ministre important du cabinet Marois, est aussi bien en selle. Son adversaire principal, le libéral Tommy Pageau, jeune homme d'affaires, a toute une pente à gravir, ne serait-ce que sur le plan de la notoriété.
La plus importante bataille, celle qui passionnera tout le Québec à mesure que le 7 avril approchera, c'est évidemment celle de Roberval. Le chef libéral Philippe Couillard a pris un pari calculé en se portant candidat dans ce comté polarisé, qui a élu presque en alternance des candidats péquistes et des libéraux. Une victoire au Saguenay-Lac-Saint-Jean serait hautement symbolique pour le PLQ, qui a subi des reculs au fil des ans dans les régions périphériques. Une défaite du chef libéral aussi... Certes, Philippe Couillard a démontré au cours des semaines précédant le déclenchement des élections qu'il maîtrisait bien les enjeux et les priorités des régions et de la région. Mais, ses chances de victoire contre Denis Trottier, un travailleur de terrain acharné, dépendront largement de l'élan de sa campagne nationale. Si le PLQ donne l'impression de pouvoir former un gouvernement le soir du 7 avril, cela pourrait inciter les électeurs robervalois indécis ou «mous» à appuyer dans l'isoloir le prochain premier ministre. Chose certaine, le résultat du scrutin y sera serré, et la bagarre sera suivie par les médias nationaux comme rarement une élection dans le «Haut du Lac» ne l'aura été.
Dans Dubuc, une autre chaude bataille est engagée entre le député péquiste sortant Jean-Marie Claveau et l'ex-ministre libéral Serge Simard. Dès le lendemain de sa défaite, en 2012, M. Simard a entrepris de préparer sa revanche, restant visible sur le terrain et dans les médias. Les deux candidats se connaissent bien et ils connaissent tous deux les réalités de ce vaste comté à caractère fortement rural et forestier, étant deux ex-élus municipaux de longue date. Serge Simard, qui fait office de vétéran et de second régional au chef Philippe Couillard dans la présente campagne, sera aussi avantagé ou désavantagé par les chances de victoire du PLQ.
Dans Chicoutimi, le ministre sortant Stéphane Bédard part aussi avec une bonne longueur d'avance sur son principal rival, le libéral Michel Mallette. Dans ce comté, acquis au PQ depuis 1973, la candidature indépendante du conseiller municipal Marc Pettersen représente toutefois un ingrédient inattendu susceptible de brouiller légèrement les cartes, ou dû moins de pimenter les débats. Ce dernier, qui fait campagne en prônant la construction d'un nouveau «Pont Dubuc» pourrait effectivement gruger des voix, mais vraisemblablement davantage du côté libéral. D'autant plus que Stéphane Bédard a clairement pris position en faveur de la construction d'un nouveau pont sur le Saguenay à moyen terme. En l'absence de candidats renommés de la CAQ, la campagne électorale au Saguenay-Lac-Saint-Jean prend donc, de nouveau, la forme d'un duel entre les péquistes et les libéraux. La question, c'est de voir si un effet Couillard se fera sentir sur le terrain d'ici au 7 avril, et si cet effet sera assez puissant pour permettre au PLQ de refaire une percée au Royaume.