Ni l'administration municipale ni les citoyens de Saguenay ne sortent gagnants de la décision d'abolir les rencontres plénières avant la tenue des séances publiques du conseil.

Des séances plénières utiles

Ni l'administration municipale ni les citoyens de Saguenay ne sortent gagnants de la décision d'abolir les rencontres plénières avant la tenue des séances publiques du conseil.
Dans toutes les villes, grandes ou petites, dans à peu près toutes les instances administratives ou décisionnelles, peu importe leur mandat, ces discussions préparatoires permettent les débats et les échanges sur les grands dossiers dans une ambiance généralement plus détendue, à l'abri des médias et du grand public, derrière des portes closes. C'est dans ce type de rencontres que les élus ou les administrateurs peuvent s'informer sur l'ensemble des enjeux, poser des questions, argumenter, tenter de convaincre leurs collègues, discuter de manière plus musclée avant de se rallier, ou non, publiquement, à une position commune si les enjeux ou si la situation le commandent.
Bref, les plénières constituent un ingrédient essentiel de tout processus de prise de décision éclairée. Et donc un ingrédient essentiel dans la gestion des affaires municipales.
C'est d'autant plus vrai à Saguenay, où la « tradition » veut que les séances publiques se déroulent rapidement et servent à entériner des décisions et des positions adoptées précédemment, donc, jusqu'à tout récemment, en plénière. Cette habitude du consensus, qui a pris fin avec l'élection, en novembre dernier, de deux conseillères de l'ERD, pouvait donc s'expliquer, se justifier par la tenue de ce type de périodes d'échanges. C'est là, ont toujours laissé entendre les conseillers, que les « opposants » à une décision faisaient valoir leurs points de vue et leurs arguments, que certaines décisions étaient changées devant le contenu des échanges, le cas échéant, là, plutôt qu'à la table du conseil, que les dissensions étaient soulevées et réglées en vue d'obtenir une position commune et satisfaisante pouvant être adoptée, en public, à l'unanimité.
L'abolition des plénières fait disparaître cet état de fait. Il faudrait donc s'attendre à des échanges plus musclés au conseil, les discussions sur les principaux points à l'ordre du jour étant encore à tenir... Sans compter qu'à défaut de pouvoir prendre connaissance auparavant des tenants et aboutissants des dossiers, les conseillers devront poser davantage de questions pour bien en saisir les modalités avant de voter. Les séances publiques seront-elles donc plus longues?
Certes, le maire Tremblay a indiqué que les séances plénières seraient remplacées par des rencontres en petit groupe, commission par commission. Mais cela apparaît insuffisant. Les discussions en plénières permettent à tous les élus d'être au fait des décisions et d'y apporter un éclairage, des modifications ou des améliorations pertinentes. Et il est normal que tous les conseillers de Saguenay dûment élus soient bien au fait de la situation de la ville.
Bien que l'épreuve des faits reste à subir, la disparition des plénières apparaît comme une mauvaise orientation. Déjà que dans ses derniers rapports, le MAMROT soulevait le fait que certaines décisions prises par Promotion Saguenay auraient dû être entérinées par des élus, la mise au rancart de ces périodes de discussions ne fait rien pour ajouter plus de responsabilités pour les conseillers en matière de gestion des affaires de la cité.
Guerre de mots
Par ailleurs, les citoyens de Saguenay ne peuvent non plus sortir gagnants d'une longue et stérile guerre de mots opposant le maire Jean Tremblay et les deux candidats et ministres sortants Sylvain Gaudreault et Stéphane Bédard. Ce n'est pas un secret, les trois individus ne s'aiment pas et ne partagent pas les mêmes affiliations politiques. Sans présumer du résultat du scrutin, tant sur le plan local que national, il demeure vraisemblable que les trois personnes doivent encore travailler ensemble le 8 avril au matin. Et que Saguenay soit encore représentée, alors, par deux ministres. Il est donc nécessaire que tous mettent de l'eau dans leur vin, pour le plus grand bénéfice des citoyens de Saguenay, afin que la capitale régionale tire le meilleur profit possible d'une telle situation.
Du reste, il est légitime que Jean Tremblay, à l'instar de ses principaux collègues du Québec, ait publiquement fait part de sa « liste d'épicerie électorale ». Celle-ci doit être bien reçue de la part des candidats en lice, et ce, tous partis confondus.