Promotion Saguenay

Des questions importantes

Ainsi, Promotion Saguenay entend se faire rembourser toutes les sommes qui auraient été mal employées par les participants au voyage sur la Côte d'Azur effectué en marge des activités du Festival forestier de Shipshaw. Les dernières informations obtenues par Le Quotidien confirment que l'organisme a bel et bien émis un chèque de 10 000$ afin de défrayer les coûts, en tout ou en partie, ce n'est toujours pas clair, de la virée en Europe.
Les informations confirment aussi que la demande de financement du festival logée à l'organisme, document qui n'a toujours pas été rendu public au moment d'écrire ces lignes, portait uniquement sur un voyage de prospection et de démarchage en Norvège.
Un fait étayé par la lettre d'excuses de Pierre Guillot obtenue en exclusivité hier par Le Quotidien. Il n'a donc jamais été question, dû moins en ce qui concerne Promotion Saguenay, d'une quelconque visite officielle en France pour le compte de Saguenay ou pour son propre compte. Voilà au moins un aspect du dossier réglé.
Explications
Du coup, les explications fournies jusqu'à maintenant par Fabien Hovington à l'effet que l'escale à Nice visait à effectuer des vérifications en matière d'infrastructures maritimes deviennent donc encore plus nébuleuses.
Est-il plausible que le conseil d'administration du Festival forestier de Shipshaw ait décidé de son propre chef de faire une visite technique dans le sud de la France dans le cadre de ses activités, comme le laisse entendre à mot couvert M. Guillot dans sa lettre? Techniquement, en forçant, peut-être... Mais alors, cela soulève bien d'autres questions de fond.
Car, il aurait été beaucoup plus logique d'aller visiter des quais, des marinas, des centres-villes et des cités nordiques nichés au creux des fjords norvégiens similaires à celui du Saguenay, ou ailleurs en Scandinavie, que de se rendre dans le sud de l'Europe pour ce faire... Les marinas du Saguenay ont, après tout, bien peu à voir avec celles du sud de la France...
Et d'autre part, il est bien difficile de justifier une visite officielle de quatre personnes sur la Côte d'Azur en matière de bois et de festival du bûcheron. Même avec une résolution d'un conseil d'administration dûment informé présentée en appui d'une telle initiative, ce que l'on attend toujours d'ailleurs, la pilule passerait plutôt mal.
Remboursement
Dans ces circonstances, que Promotion Saguenay exige d'être remboursé constitue donc un minimum essentiel. Un premier pas incontournable. Car, même si une partie du voyage est bien légitime, l'escale à Nice soulève tout simplement trop de questions.
Les fonds publics doivent servir l'intérêt public dans le cadre de mandats clairs et officiels. On en revient par conséquent au coeur du débat : il est absolument nécessaire et impératif que les rapports financiers, les comptes de dépenses, les résolutions et les procès-verbaux du conseil d'administration du Festival forestier soient rendus publics. C'est le seul moyen de répondre aux multiples questions que se posent toujours les citoyens de Saguenay. Le seul moyen de voir clair à travers les déclarations contradictoires qui fusent d'un côté comme de l'autre depuis que la controverse a éclaté. Le seul moyen de comprendre ce qui s'est réellement passé et de tirer les bonnes conclusions. Répétons-le. Que les organisateurs d'un festival forestier se rendent dans un pays forestier réputé pour y établir des liens et y nouer des contacts et des partenariats, c'est légitime.
Et, si les voyageurs ont décidé d'étirer leur séjour Norvège en se rendant, à leurs frais, sur la Côte d'Azur, et en y invitant des membres de leur famille, cela devrait être facile à démontrer avec les bons documents et les bonnes factures. Ce qui est clair s'énonce et s'explique toujours aisément...
Le maire Jean Tremblay devra maintenant statuer sur le sort de Pierre Guillot. Du côté de la Zone portuaire, le conseil d'administration aura aussi d'importantes décisions à prendre alors que, par la force des choses, tous les projets du site se retrouvent sur la glace en raison de la controverse actuelle.