Fabien Hovington

Démissions ou congédiements!

Près d'une semaine après que l'affaire ait éclaté dans les médias, aucun des participants à l'escale sur la Côte d'Azur n'a encore été en mesure de présenter des résolutions, des documents ou des rapports susceptibles de justifier, d'une quelconque façon, le bien-fondé de cet arrêt à Nice. Personne, non plus, n'a été capable de démontrer clairement qui a effectivement défrayé les coûts associés à cette halte dans le sud de la France qui a fait suite à un voyage officiel en Norvège pour le compte du Festival forestier de Shipshaw.
L'attaché politique du maire Jean Tremblay, Pierre Guillot, est le seul, jusqu'à maintenant, à avoir exprimé des regrets. Il s'est dit prêt à rembourser les sommes utilisées dans le cadre de l'escale française, bien que selon lui, cette partie du voyage a aussi été accomplie dans le cadre des activités de démarchage associées au festival. Après de premières explications plutôt alambiquées, Fabien Hovington s'est muré dans le silence. Tout comme l'ensemble du conseil d'administration de la Zone portuaire, où ce dernier oeuvre à titre de directeur général, une situation d'ailleurs inacceptable.
La Zone portuaire est un organisme, faut-il le rappeler, qui gère des fonds publics et qui est responsable de plusieurs projets de développement importants pour Saguenay. Il est absolument inadmissible que personne au sein de cette instance n'ait encore daigné donner l'heure juste quant au statut de son directeur général. Qui gère le site depuis une semaine? Qui pilote les dossiers?
Doutes
De toute manière, compte tenu de l'évolution de la situation et des enjeux soulevés par toute l'affaire sur les plans de l'éthique et de la gouvernance, il apparaît désormais nécessaire que Pierre Guillot et Fabien Hovington démissionnent de leurs fonctions respectives. Le lien de confiance est rompu avec la population de Saguenay. Isabelle Bélanger, actuelle directrice générale du Festival forestier, doit aussi faire de même.
Même si l'enquête interne se poursuit au sein de l'administration municipale, même si on finit par conclure que la halte à Nice avait un certain lien avec le festival forestier, toute l'histoire soulève trop de questions, trop de doutes sur le jugement professionnel et personnel des individus concernés. Si ceux-ci refusent de quitter leur poste, ils doivent alors être démis officiellement par leur employeur respectif. À la lumière des derniers événements et des dernières informations obtenues par Le Quotidien, notamment quant à un autre voyage en Europe, c'est là la seule conclusion possible.
De toute façon, au cours des derniers jours, les participants au voyage sur la Côte d'Azur ont eu tout le temps et toutes les occasions possibles pour s'exprimer, déposer des documents et faire la lumière sur la controverse. Ils ne l'ont pas fait. Maintenant, les dégâts sont irréparables.
Sur le plan politique, le maire Tremblay, premier citoyen de la sixième ville en importance du Québec, ne peut se permettre de compter en son cabinet un attaché politique ayant été impliqué dans une histoire aussi nébuleuse. C'est la même chose du côté de la Zone portuaire. Les citoyens doivent avoir pleine confiance dans les capacités de gestionnaire du directeur général en place.
Le rétablissement de ce lien nécessite davantage que le remboursement des sommes dépensées dans ce dossier. Un remboursement représente un premier pas incontournable. C'est un minimum. Mais ce n'est pas suffisant.
Au-delà de la controverse soulevée en marge du Festival forestier de Shisphaw, il importe que Saguenay et que tous les conseils d'administration d'organismes publics ou parapublics qui en reçoivent des fonds retiennent la leçon.
Ceux-ci ont le devoir d'agir avec une totale transparence et d'être en mesure de fournir des comptes détaillés en tous temps. De son côté, Promotion Saguenay doit s'assurer que les sommes injectées par ses soins dans diverses activités ou organismes soient convenablement dépensées. Certes, il est impossible pour Promotion Saguenay de suivre à la trace tous les dollars dépensés par des tiers. Mais, il existe des mécanismes puissants pour assurer une saine reddition de comptes et une complète transparence. Les citoyens de Saguenay attendent maintenant de leur administration municipale et des responsables des organismes paramunicipaux des gestes concrets et sans équivoque en ce sens.