Les ministères des Transports et de la Sécurité publique du Québec ont tout intérêt à collaborer afin de mettre rapidement en place un protocole clair et cohérent pour encadrer l'intervention des services d'urgence sur la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Combler le trou de la 175

Les ministères des Transports et de la Sécurité publique du Québec ont tout intérêt à collaborer afin de mettre rapidement en place un protocole clair et cohérent pour encadrer l'intervention des services d'urgence sur la route 175, dans la Réserve faunique des Laurentides.
Tel que rapporté dans les pages du Progrès-Dimanche, la Régie intermunicipale de sécurité incendie du secteur sud, une instance qui regroupe les pompiers des localités jeannoises situées autour de la route 169, a clairement signifié son intention de ne plus se rendre sur la route 175 à la fin du mois de février prochain. Par conséquent, à compter du 1er mars, les pompiers de la Régie n'interviendront plus, en effet, au-delà du kilomètre 6 de la route 169.
Comme la ville de Saguenay ne dessert pas la route 175 entre les limites de Laterrière et l'Étape, c'est donc au Service des incendies d'Alma qu'incombera, par défaut, le mandat de couvrir le «trou» de couverture» ainsi engendré en cas d'urgence importante.
Entente
Compte tenu du contexte et de la position géographique de sa ville, éloignée de la route 175, le maire de la Cité de l'hospitalité, Marc Asselin, qui siège également au sein du Comité de la sécurité publique de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a déjà indiqué qu'il souhaitait qu'une entente soit conclue avec Saguenay afin de régulariser la situation. C'est bien normal.
Il apparaît logique et nécessaire, en effet, qu'un nouveau protocole encadrant le partage des responsabilités, des couvertures d'urgence et le remboursement des coûts d'intervention dans les différentes portions de la route 175 soit conclu rapidement. Il apparaît aussi nécessaire que ce protocole soit cohérent avec les mandats et les responsabilités des municipalités situées à l'autre bout du «Parc des Laurentides», dans la région de Québec.
Il est vrai que la nouvelle route 175 à quatre voies divisées est plus sécuritaire, et que des événements nécessitant le déploiement de plusieurs véhicules incendie sont devenus rares. Mais, de tels incidents sont toujours susceptibles de survenir. On ne peut donc pas prendre de chances et jouer ainsi avec la sécurité des usagers de la route. Surtout dans le cas d'une artère modernisée à grands frais et qui constitue la principale porte d'entrée d'une région industrielle importante.
Dans ce contexte, il ne peut subsister de zones grises. Le MTQ et le MSPQ ont la responsabilité de s'asseoir avec tous les partenaires afin d'établir des règles de fonctionnement claires en matière d'intervention d'urgence. Ces deux ministères doivent aussi statuer sur le remboursement des frais encourus par les différents services incendies et sur ceux, le cas échéant, reliés à l'acquisition des nouveaux équipements qui pourraient s'avérer nécessaires pour accomplir ce mandat.
Ressources
La mise en place d'un tel protocole serait certainement moins coûteux que de construire et de baser en permanence des pompiers et des véhicules incendie à l'Étape. À l'heure actuelle, on retrouve à cet endroit des ambulances et un camion doté de mâchoires de vie, des ressources évidemment insuffisantes en cas d'incendie important.
On ne peut certes pas blâmer la Régie intermunicipale de sécurité incendie du sud, ni les villes d'Alma et de Saguenay de ne pas vouloir intervenir loin hors des limites de leur territoire respectif. Leur priorité doit aller à la sécurité de leurs citoyens et de leur propre localité. C'est doublement plus vrai dans le contexte actuel, alors qu'il n'existe même pas de protocole d'entente officielle entre ces instances et le gouvernement, ou que celle en place actuellement deviendra caduque prochainement, notamment quant au partage des coûts.
Dans ces circonstances, il incombe à Québec de prendre le dossier en main, d'assurer le leadership et de clarifier à brève échéance le rôle, les mandats et les responsabilités de chacune des municipalités concernées.
C'est une simple question de logique que de combler rapidement le trou dans la couverture de la route 175. N'attendons pas un événement malheureux pour agir.