Celle que les gens ont élue

ÉDITORIAL / Il y a longtemps que Josée Néron n’avait pas été aussi incisive, comme si elle avait enfin décidé de riposter à ses détracteurs plutôt que de tendre l’autre joue. Comme si elle avait finalement compris qu’elle ne peut absorber éternellement les coups sans mot dire. Cette semaine, la mairesse de Saguenay en a eu assez et elle a frappé fort. Très fort. Et sans doute, elle a marqué des points dans l’opinion populaire.

Il aura fallu un commentaire de la station CKAJ 92,5, publié sur Facebook, pour faire sauter la marmite. Selon les auteurs de la publication, le conseil a coupé les vivres de la station et les élus auraient boycotté ses émissions. Rappelons que CKAJ a récemment commandé un sondage qui s’est avéré très négatif pour la mairesse Néron.

Un sondage qui a été commandité par des personnes extérieures à la station, a confirmé le directeur général de la station, Robert Banford, dans notre édition de jeudi. Notamment, l’ancien conseiller municipal Luc Boivin, un fidèle collaborateur de l’ancien maire Jean Tremblay, a contribué financièrement à l’exercice.

Lorsqu’on sait à quel point un sondage peut influencer l’opinion publique, à quel point chaque question doit être scrupuleusement articulée, le fait qu’il soit payé par des opposants avoués de l’administration Néron laisse perplexe, et ce, même si la firme Segma Recherche est une référence en matière d’intégrité.

Josée Néron a d’ailleurs soulevé cette anomalie sur toutes les tribunes, en plus de révéler les sommes pour le moins stupéfiantes qui étaient accordées à la station communautaire par l’ancienne garde, sous forme de placements publicitaires et de subventions. Imaginez: en 2017, CKAJ a reçu 106 808 $ de Promotion Saguenay et 4635 $ de la Ville, pour une enveloppe totalisant 111 443 $. Davantage que toutes les autres antennes qui ont pignon sur rue sur le territoire de Saguenay ! Beaucoup plus également que ce qu’ont obtenu Le Quotidien et Le Progrès de la part de Saguenay en 2017, malgré ses quelque 200 employés de l’époque.

Cela dit, ce qu’il faut retenir de cette saga, c’est que Josée Néron est passée en mode attaque et n’a pas ménagé les munitions afin de faire éclater la vérité.

En politique, c’est ce genre de détail qui, souvent, fait toute la différence. La Josée Néron qui s’est exprimée cette semaine devant les Saguenéens est la même qui a tenu tête à Jean Tremblay alors qu’il présidait le conseil de ville.

C’est pour cette Josée Néron que les citoyens ont voté, une femme forte qui ne se laisse pas manger la laine sur le dos.

Autre élément à observer cette semaine: la mairesse n’a pas seulement défendu sa position, mais elle s’est fait la voix de tout le conseil municipal en démentant le fait que les élus auraient boycotté la station jonquiéroise. Certes, il aurait été intéressant d’entendre le conseiller Michel Thiffault se prononcer sur le sujet, lui qui est également animateur sportif à CKAJ 92,5, mais ce dernier a fait savoir qu’il ne commenterait pas la situation. Et ce qui compte réellement, c’est que, pour une fois, aucun conseiller n’est venu alambiquer le message porté par la mairesse ou pire, lui opposer une opinion divergente. Il n’y a pas de boycottage de la part de la Ville, point final.

En gestion de crise, il est prescrit d’identifier un porteur de message. Plus le dossier est épineux, plus le porte-parole doit être imputable.

Dans ce cas-ci, il appartenait à la mairesse de Saguenay de répliquer, et c’est ce que Josée Néron a fait avec aplomb.

Espérons que tous ont pris bonne note du résultat ; qu’ils ont compris qu’ensemble, ils seront toujours plus forts que lorsqu’ils sont divisés.