Au ministre Roberge d’intervenir

ÉDITORIAL / Vraisemblablement, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay n’en finit pas de nous surprendre. Encore une fois, jeudi soir, les commissaires ont repoussé les limites du ridicule et de l’inacceptable alors que leur présidente, Liz Gagné, s’est accrochée désespérément à son siège, malgré une condamnation de congédiement illégal et une autre de harcèlement psychologique à l’endroit de la directrice générale Chantale Cyr. Que faut-il donc à ces élus pour comprendre qu’ils ont échoué lamentablement dans ce dossier ? Que leur acharnement injustifiable risque de coûter des millions de dollars aux contribuables et qu’ils ne méritent plus de gouverner ? Que faut-il de plus à Liz Gagné pour admettre enfin ses torts et assumer les conséquences de ses actes ?

L’issue du procès opposant Chantale Cyr à son employeur se dessinait depuis longtemps. Quiconque a pris la peine de suivre cet affrontement juridique par le biais de la couverture de notre journaliste Stéphane Bégin, au cours des derniers mois, a rapidement compris que les commissaires, Liz Gagné en tête, ont erré dans cette histoire, qui avait toute l’apparence d’un combat de coqs. Résultat : plus de 600 000 $ en frais d’avocats pour se défendre, en plus des frais éventuels qui, n’en doutons pas, feront au moins doubler la facture (compensation de salaire, frais d’avocats de Mme Cyr, dommages et intérêts, etc.). Mais, tout ça ne suffisait pas.

Jeudi soir, dans le cadre d’une séance publique extraordinaire, non seulement la présidente a-t-elle réaffirmé sa volonté de demeurer en poste, les commissaires ont également demandé aux personnes présentes dans la salle, incluant les journalistes, de quitter afin de débattre du dossier à huis clos.

À ce stade-ci de l’histoire, il n’y a pourtant plus rien à cacher ; plus de stratégie à élaborer. La seule option possible est de payer, plutôt que de dilapider encore davantage les deniers publics. Mais non, les commissaires attendent de nouvelles informations pour décider s’ils porteront ou non la décision du juge Guy Roy en appel.

Et Liz Gagné dans tout ça ? Elle a cédé son droit de vote en ce qui concerne le dossier de Mme Cyr et s’est retirée comme porte-parole dans ce litige.

« Je souhaite continuer d’avancer et de concentrer toutes les actions à venir sur la mission première de la commission scolaire, soit de fournir aux enfants de notre territoire des milieux d’apprentissage épanouissants, l’accompagnement et les ressources pour favoriser la réussite scolaire », a-t-elle déclaré avant le huis clos.

Désolé Mme Gagné, la coupe est pleine et la confiance est disparue.

Devant ce spectacle désolant, il est plus que temps que l’État intervienne et place la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay sous tutelle, d’ici à ce que la future loi sur l’abolition des commissions scolaires soit adoptée. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a le devoir de mettre un terme à cette farce qui ternit le travail exemplaire qui est réalisé, chaque jour, dans les différents établissements du territoire.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay est, depuis trop longtemps, sous les feux de la rampe pour les mauvaises raisons. L’orgueil et l’acharnement ont fait ombrage à la mission première de l’institution ; Liz Gagné voulait la tête de Chantale Cyr, coûte que coûte. Mais son navire a frappé un glacier et aujourd’hui, il s’enfonce dans les abysses.

Assez, c’est assez !