Rio Tinto Alcan, en collaboration avec plusieurs multinationales majeures notamment, du domaine de l'automobile et de l'alimentation, oeuvre, depuis 2012, à l'instauration, d'une certification internationale, visant à reconnaître et à mousser l'utilisation de l'aluminium.

Aluminium : un critère clé

Rio Tinto Alcan, en collaboration avec plusieurs multinationales majeures notamment, du domaine de l'automobile et de l'alimentation, oeuvre, depuis 2012, à l'instauration, d'une certification internationale, visant à reconnaître et à mousser l'utilisation de l'aluminium produit dans les conditions les plus écologiques et les plus durables possibles.
Cette initiative, qui a peu défrayé la manchette jusqu'à ce que Le Quotidien en fasse état jeudi dernier, constitue pourtant un ingrédient clé susceptible d'assurer la pérennité, à long terme, de l'industrie québécoise du métal gris et de sa filière régionale.
Atouts
En matière de signature environnementale et de respect des principes du développement durable, l'aluminium fabriqué au Québec dispose, en effet, d'une longueur d'avance et d'atouts incontestables sur la concurrence. Le métal est produit à partir d'énergie hydroélectrique, propre et renouvelable. Les usines, surtout les plus modernes comme l'AP60 du Complexe Jonquière et l'usine d'Alma sont efficaces et peu polluantes. Sur le plan humain, RTA est une entreprise bien implantée dans les milieux où elle opère des usines et offre des conditions de travail sécuritaires et de qualité.
L'instauration d'une norme verte reconnue sur les marchés, à l'instar de la norme FSC implantée dans le domaine des produits forestiers, permettraient donc au métal gris d'ici de profiter d'un avantage important, d'une forme de valeur ajoutée pour se démarquer sur les marchés internationaux saturés de métal produit dans des conditions beaucoup moins écologiques et beaucoup moins soucieuses des critères du développement durable.
Une telle certification permettrait au métal gris «vert» québécois de profiter d'un avantage concurrentiel sur celui fabriqué au Moyen-Orient en Asie, où les usines sont alimentées avec de l'énergie fossile polluante et non renouvelable. Cela nivellerait du coup une grande partie des défis de compétitivité engendrés par les tarifs énergétiques extrêmement favorables accordés aux alumineries dans ces régions du globe.
Tout de même, qu'elle soit reconnue ou non à courte ou moyenne échéance, une norme internationale d'aluminium vert ne signifierait pas pour autant que la question de la révision du Tarif «L» soit réglée. Le Québec, aux prises avec une situation économique difficile et des surplus énergétiques prévisibles à long terme, doit s'assurer d'offrir des tarifs énergétiques concurrentiels non seulement pour l'industrie de l'aluminium, mais aussi pour les papetières et tous les autres projets énergivores susceptibles de générer d'importantes retombées économiques. Comme le projet de FerroAtlàntica...
Os
Il sera intéressant de voir, au cours des prochains mois, la réponse des grands groupes écologistes comme Greenpeace à ce projet d'instauration d'une certification dans le domaine de l'aluminium. Ce groupe a multiplié les démarches et les initiatives, ici comme dans le reste du monde, afin de modifier et de faire évoluer les pratiques forestières. Cela a indéniablement donné des résultats concrets. On ne récolte plus, en 2014, la matière ligneuse comme on le faisait en 1914... Tant mieux!
Mais, aujourd'hui, en matière d'environnement et d'industrie lourde, il y a plus que la forêt. La fabrication d'aluminium à partir d'énergie fossile génère d'immenses quantités de gaz à effet de serre. Ne serait-ce que pour cette seule et unique raison, il serait opportun que les grands groupes écologistes, ceux qui ont du poids et de l'influence, appuient l'initiative de RTA et de ses grands partenaires.
Il y a certes là un bon os à ronger. D'autant plus que, sur le plan régional, le symbole et le message seraient particulièrement évocateurs.