Marc St-Hilaire
Le Quotidien
Marc St-Hilaire
François Legault
François Legault

Allons chercher nos fonctionnaires

ÉDITORIAL / Au cours de la dernière campagne électorale, le premier ministre François Legault s’est engagé à déplacer 5000 postes de fonctionnaires, présentement occupés dans les grands centres de Québec et de Montréal, vers les régions. Il s’est alors donné 10 ans pour remplir sa promesse, ce qui nous projette à 2028. Certains diront que rien ne presse ; que le gouvernement a tout le temps nécessaire pour atteindre son objectif, en admettant bien sûr que les caquistes soient réélus aux scrutins de 2022 et de 2026. D’autres, par contre, soutiendront que pour un chantier d’une telle envergure, il est nécessaire que tous épousent la volonté du gouvernement. Aussi serait-il temps que les forces vives du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’unissent afin d’aider l’État à s’acquitter de son engagement. En ce sens, pourquoi ne pas mettre tout en œuvre pour obtenir un projet-pilote, ici, sur le territoire du Royaume ?

Comme le suggère le proverbe, si la montagne ne vient pas à toi, va à la montagne. C’est dans cet esprit que la région doit immédiatement se manifester et non attendre que le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, et la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, aient complété leur plan de décentralisation de la fonction publique, un mandat qui leur a été confié par François Legault. Sans doute, la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, sera en mesure d’influencer la réflexion de ses collègues dans leurs travaux, mais il faudra plus pour que la région tire son épingle du jeu. Il faudra que nos élus de toutes confessions et de tous paliers s’investissent dans une démarche concertée. Il faudra également que les représentants syndicaux de la région s’impliquent activement pour faciliter le déménagement de postes de ce côté-ci de la Réserve faunique des Laurentides.

Car un tel projet ne pourra se réaliser s’il est freiné pour des considérations politiques ou syndicales. Prenons par exemple le discours du président général du Syndicat de la fonction publique du Québec, Christian Daigle, tel que rapporté le 15 décembre dernier par TVA. « Il y en a plein de postes disponibles en région. Ils ne sont même pas comblés présentement. Comment est-ce qu’on veut transférer 5000 postes de plus si on ne donne pas les conditions pour y arriver ? », a-t-il questionné, avant d’enchaîner en affirmant que le gouvernement doit rendre la fonction publique plus attrayante pour inciter les gens à adopter une région.

De telles déclarations, même si elles sont faites dans le contexte d’une négociation entre le syndicat et le gouvernement, vont carrément à l’encontre des efforts que nous déployons afin de faire valoir les multiples avantages de s’établir ici, loin des grands centres urbains. Vivre à Saguenay, à Alma, à Saint-Félicien, à Roberval ou à Dolbeau-Mistassini, ce n’est quand même pas partir pour le Goulag… Et s’il est vrai qu’il y a, ici, « plein de postes disponibles » à la fonction publique, dites-nous vite, M Daigle, où ceux-ci sont affichés !

Un projet-pilote impliquant entre 300 et 500 postes de fonctionnaires provinciaux permettrait non seulement de prouver le potentiel attractif d’une région comme la nôtre, mais aussi de démontrer la faisabilité de la promesse de François Legault.

Cela pourrait même se faire à l’intérieur de l’actuel mandat de la Coalition avenir Québec, dans la mesure où le premier ministre souhaite réaliser son engagement grâce aux postes laissés vacants par les départs à la retraite. Chaque année, quelque 10 000 employés de l’État quittent leurs fonctions.

Alors, qui d’entre nous saisira le flambeau et portera ce dossier jusqu’à l’Assemblée nationale ?