À vous la parole

ÉDITORIAL / Quand donc sera-t-il question des enjeux locaux, ceux qui nous concernent vraiment, dans le cadre de cette campagne électorale fédérale ? Déjà, plus d’un quart de cette course de 40 jours est complété, et à part les inaugurations de locaux, les bains de foule incontournables et les dépôts officiels de candidatures, rien ne donne l’impression que très bientôt, la population sera conviée aux urnes afin d’identifier ses représentants à la Chambre des communes. Pourtant, les dossiers ne manquent pas. Alors, messieurs et mesdames, candidats et candidates de la région, sortez votre calepin et votre stylo, puis prenez enfin la parole.

Projets industriels

Nul doute que l’avènement des grands projets industriels que sont ceux de Métaux BlackRock, Arianne Phosphate et, sans oublier le plus important et le plus controversé, celui de GNL Québec, fera l’objet de tractations de la part de l’un et l’autre des candidats à cette élection. Dans ces dossiers, impossible de ménager la chèvre et le chou. Des positions claires et sans nuances sont espérées des électeurs. Pipeline, liquéfaction du gaz naturel, fracturation hydraulique, protection de l’environnement sont tous des sujets sur lesquels doivent absolument se prononcer les candidats. Idem pour les retombées économiques, les emplois rattachés à ces projets et l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de développement industriel. Le projet QcRail, pour lequel Ottawa vient d’accorder 7,5 millions de dollars afin de compléter les études de faisabilité, doit lui aussi être abordé alors que plusieurs craignent qu’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau ait un impact majeur sur le port de Grande-Anse.

Rapport d’impôt unique

Plus tôt cette année, le dossier du rapport d’impôt unique a défrayé les manchettes dans tout le pays. Les libéraux se sont opposés à tout changement, comme les néo-démocrates, qui ont changé leur fusil d’épaule après avoir été convaincus par la députée sortante de Jonquière, Karine Trudel. Chez les conservateurs comme au Bloc québécois, l’impôt unique est un engagement électoral. Dans la mesure où près d’un millier d’emplois au Centre des données fiscales de Jonquière sont menacés par un tel redéploiement, comment justifier une telle ligne de parti ? Ira-t-on jusqu’à promettre l’embauche systématique de chaque travailleur touché par l’éventuelle restructuration, aux mêmes conditions, indépendamment de ses compétences ou de son niveau de scolarité ?

Bagotville

La Base militaire de Bagotville est un pilier de l’économie régionale avec ses quelque 2000 employés civils, militaires et réservistes. Or, le passé nous a démontré que rien n’est jamais acquis et que sans projet de développement, toute entité devient, tôt ou tard, vulnérable. Aussi l’achat de nouveaux chasseurs par le Canada et l’ajout, à Bagotville, d’un escadron de drones militaires, doivent faire partie des engagements fermes de nos futurs députés.

Environnement

Bien que la protection des bélugas soit indissociable des projets industriels qui prévoient emprunter le fjord du Saguenay, d’autres espèces menacées sont intimement liées à notre économie. C’est le cas notamment du caribou forestier, dont la protection risque d’avoir une incidence majeure sur l’industrie forestière. Où campent nos candidats dans cet épineux dossier, qui touche particulièrement le Haut-du-Lac ?

Tout le reste

Et qu’ont-ils à dire sur le commerce international, dans une région qui produit un million de tonnes d’aluminium chaque année ? Que répondent-ils aux transformateurs laitiers qui exigent en vain des compensations conséquemment aux différents accords de libre-échange ? Comment voient-ils le Saguenay-Lac-Saint-Jean sur l’échiquier du tourisme international ?

Il y a tant de questions à répondre, tant d’enjeux à débattre, qu’il y a lieu de se demander pourquoi nos candidats sont si absents à un mois du scrutin, éclipsés par le « blackface » de Justin Trudeau et autres sottises qui n’ont rien à voir avec notre avenir. Alors, la parole est à vous, chers candidats et candidates. La population ne réclame qu’à vous entendre.