Marc St-Hilaire
L’occasion de reconstruire

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L’occasion de reconstruire

ÉDITORIAL / La vie en collectivité commande des ajustements au quotidien, qui suivent l’évolution des masses et les aspirations de chaque génération. La plupart du temps, on ajoute une couche de terre par-dessus les autres, puis une autre, et ainsi de suite, de telle sorte qu’un jour, le sol sur lequel repose notre structure devient instable. C’est à ce moment qu’une prise de conscience est nécessaire et qu’il devient inévitable de repartir à zéro ; de tout reconstruire sur de nouvelles bases.

La crise que nous vivons depuis le mois de mars pourrait être le catalyseur dont nous avions besoin pour transformer nos réflexions en solutions concrètes. Dans cette édition du Progrès, le journaliste Thomas Dufour s’est interrogé sur le visage des villes après la crise. Il rappelle notamment que depuis des siècles, les pandémies ont influencé l’urbanisme. Pourquoi en serait-il autrement cette fois-ci ?

Marc St-Hilaire
Quatre décennies de passion pour l’information

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Quatre décennies de passion pour l’information

ÉDITORIAL / Tirer sa révérence alors qu’on est au sommet de son art, voilà ce à quoi nous aspirons tous. Comme le boxeur qui choisit d’accrocher les gants avec une fiche immaculée, notre directeur général et rédacteur en chef, Denis Bouchard, a annoncé cette semaine son départ de la coopérative du Quotidien, mettant ainsi un terme à une carrière de quatre décennies.

Certes, on dit que nul n’est irremplaçable, que la nature a horreur du vide… Or, cette semaine, c’est non seulement le journal qui perd l’un de ses plus précieux artisans, mais également toute la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui doit dire au revoir à une figure imposante de l’information régionale.

Marc St-Hilaire
Valorisons nos PME

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Valorisons nos PME

ÉDITORIAL / La pandémie et le confinement nous ont permis collectivement de revoir certains de nos repères et de faire le point sur de multiples pans de notre collectivité. Notamment, la situation économique de notre milieu, au lendemain de la crise, a été au coeur des préoccupations. Tous les scénarios pessimistes ont été exprimés : mise sur pause des grands projets en raison d’un éventuel ralentissement planétaire, fermetures massives de commerces, faillites d’entreprises, hausse fulgurante du taux de chômage… Mais force est de constater que tout n’est pas si sombre qu’anticipé il y a à peine un mois ou deux.

Non, à court terme, il n’y aura pas d’expansion dans l’une ou l’autre des usines de la multinationale Rio Tinto et non, la première pelletée de terre du projet de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec n’a pas encore été annoncée. Par contre, à défaut d’investissements de milliards de dollars, l’actualité des derniers jours nous a démontré, une fois de plus, que le tissu économique de la région est avant tout composé de nos PME locales, de leur ingéniosité et de leur appartenance à la région.

La semaine sur pause

Opinions

La semaine sur pause

La semaine sur pause est écrite par l'équipe éditoriale du Progrès.

MOT DE LA SEMAINE

Ixodes scapularis

La tique responsable de la transmission de la maladie de Lyme. 20 % des tiques à pattes noires sont porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi qui cause la maladie.

CHIFFRE DE LA SEMAINE

7

Le nombre de cas de la seule éclosion de coronavirus dans une entreprise privée au Lac-Saint-Jean.

CITATION DE LA SEMAINE 

« On a du poisson et ça prend des pêcheurs pour le prélever. » -

La biologiste Sonya Lévesque, au sujet de la quantité inhabituelle de grosses ouananiches dans le lac Saint-Jean.

ÉVÉNEMENTS DE LA SEMAINE 

Vert

À Nancy Ratté, qui n’a pas hésité à se jeter dans les eaux froides du lac Kénogami pour sauver une sexagénaire confuse qui était passée tout droit au débarcadère.

Jaune

Aux parlementaires. Le pic de la pandémie semble passé, mais pas la crise. Essayez de ne pas revenir trop vite à vos réflexes partisans.

Rouge

À ceux qui sont tentés de faire des procès aux personnages historiques avec les yeux d’aujourd’hui, sans réflexion ni mise en contexte. Autre temps, autres mœurs. Même nos héros d’aujourd’hui risquent d’être jugés sévèrement un jour.

Denis Bouchard
Une décision pour l’avenir

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Une décision pour l’avenir

ÉDITORIAL / En l’espace de quelques mois, Le Quotidien et Le Progrès ont vécu coup sur coup un grand feu, un déluge et un tremblement de terre ! Et à l’image des Jeannois et des Saguenéens, nous nous relevons en adoptant une nouvelle forme qui nous permettra de mieux affronter les vicissitudes auxquelles tout le monde, sans exception, est confronté.

Les six journaux régionaux du groupe, unis par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), ont officiellement annoncé vendredi leur nouveau modèle d’affaires : l’abandon définitif du papier en semaine. Cela se traduit par des accès numériques sept jours sur sept, 24 heures sur 24, avec une édition papier le samedi, complètement revisitée, de style magazine.

Denis Bouchard
L’économie de l’après-pandémie

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L’économie de l’après-pandémie

ÉDITORIAL / Le déconfinement progressif va assurément donner le goût aux Saguenéens et aux Jeannois intéressés par l’avenir économique de fourbir les armes en vue de relancer les « hostilités ».

Parce qu’avant la pandémie, en fait, ce n’était pas tout à fait un débat, mais plutôt deux visions opposées qui occupaient la place publique. Pour faire court, d’un côté, les tenants des grands projets et de la filière industrielle et, en face, les promoteurs d’une économie de transition pour qui le mot « transition » signifie «maintenant».

Marc St-Hilaire
Pas de vacances pour le virus

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Pas de vacances pour le virus

ÉDITORIAL / Il était temps que le déconfinement arrive, nous en avions tous grand besoin. Par contre, n’avez-vous pas l’inquiétante impression que l’approche de la saison des vacances et des barbecues entre amis, du camping et des camps de jour, a précipité un peu le retour à la normale ? Qu’on brûle certaines étapes cruciales à un atterrissage sécuritaire ? Qu’on banalise une éventuelle deuxième vague de pandémie en pelletant pas devant ?

Les derniers jours ont démontré l’impatience de la population à retrouver sa liberté et à tourner la page sur l’épisode que nous venons de traverser collectivement. Les bilans quotidiens de la Santé publique et les points de presse de François Legault ne suscitent plus le même intérêt, et tout ce qui touche la COVID-19 a maintenant une saveur de réchauffé. Les gens veulent entendre parler des commerces qui reprennent leurs activités, des camps d’été qui seront offerts, des terrasses et des sites de villégiature qu’on espère voir éclore au rythme des bourgeons. J’en suis, d’ailleurs.

Denis Bouchard
Francis Dufour, un homme du peuple

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Francis Dufour, un homme du peuple

ÉDITORIAL / Politicien, certes, homme engagé, assurément, Francis Dufour était avant tout un homme du peuple. Décédé tout juste quelques heures après avoir été admis à la maison de soins palliatifs, Francis Dufour a eu plusieurs vies, mais un seul fil conducteur.

Politicien, pour la cause, celle d’un Québec indépendant, un rêve qu’il pousse jusqu’à céder son poste de député de Jonquière, en 1996, à Lucien Bouchard, qui deviendra premier ministre. Pourtant, Francis Dufour n’est pas homme à se tasser. Mais pour donner plus de chances d’achèvement à un idéal qu’il voyait plus grand que lui, il s’est posé en volontaire pour céder un poste acquis chèrement au fil de batailles électorales.

Marc St-Hilaire
Il se fait des choses, Mme Jean

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Il se fait des choses, Mme Jean

ÉDITORIAL / Il est plutôt étonnant de lire les propos de l’ancienne députée péquiste de Chicoutimi, Mireille Jean, qui accuse les élus de Saguenay de manquer de vision et de gérer « à la carte » plutôt que de projeter leur ville dans le futur.

Mireille Jean complète en ce moment une maîtrise sur les villes intelligentes, à Stuttgart en Allemagne. En entrevue avec la journaliste Annie-Claude Brisson, de l’Initiative de journalisme local, elle raconte son cheminement et insiste sur l’importance, pour les dirigeants des municipalités, de faire leurs choix en fonction des décennies à venir. Sur ce point, nul ne peut la contredire.

Marc St-Hilaire
Quand le projet manque de gaz

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Quand le projet manque de gaz

ÉDITORIAL / Cette semaine, la nouvelle tête dirigeante du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, s’est officiellement dissociée du projet de GNL Québec, qui prévoit aménager, à Saguenay, une usine de liquéfaction du gaz naturel. Pour la formation politique, il s’agit d’une rupture avec la position prise par l’ancien premier ministre Philippe Couillard. Pour l’entreprise par contre, ce désaveu est beaucoup plus lourd de sens. Car on ne parle pas ici de Québec solidaire, mais bien du Parti libéral, reconnu pour ses penchants favorables au patronat et à l’industrie.

Déjà, des mois avant l’épisode de la COVID-19, le premier ministre François Legault avait cessé ses envolées enthousiastes envers le projet. Sans jamais se prononcer contre, il a lui aussi démontré des signes de recul, sans doute motivé par la défection du plus important fonds d’investisseurs ayant manifesté de l’intérêt pour GNL Québec. Le retrait de Berkshire Hathaway, dirigé par le milliardaire Warren Buffet, a eu l’effet d’une bombe sur le plan de l’image. À l’interne, on n’ose pas imaginer l’impact. Lorsqu’on sait à quel point le monde politique est sensible aux perceptions, il est peu surprenant de voir ainsi les élus prendre leurs distances. Mais le Parti libéral ? 

Dans sa conception, le projet n’est pourtant ni meilleur ni moins bon qu’à l’époque. Il demeure un levier de développement potentiel auquel croient encore des milliers de personnes, notamment dans les régions éloignées susceptibles d’en tirer profit.

Or, quelle que soit la formule utilisée pour le définir, il s’agira toujours d’un projet polluant et lié aux énergies fossiles. Quels que soient les mots employés et les stratégies de communication mises de l’avant, une pomme ne deviendra jamais une orange. Et aujourd’hui, de plus en plus de grands fonds d’investissement tournent définitivement le dos à ce type de projet. 

Qu’on le veuille ou non, ce phénomène existe et il témoigne d’un courant planétaire que nul ne peut ignorer. En novembre 2019, la Banque européenne d’investissement, qui est la plus grande banque publique internationale au monde, a annoncé son intention de ne plus financer de projets liés aux énergies fossiles dès 2022 ; la gigantesque société BlackRock, qui gère 7000 milliards $ d’actifs, se retire progressivement de cette industrie. Il n’y a qu’à jumeler les mots désinvestissement et énergies fossiles dans Google pour constater la peur grandissante des investisseurs face à ce segment de l’économie mondiale. 

Dans ces conditions, faut-il être surpris de la volte-face de Dominique Anglade, qui avait promis son appui aux grands projets, à peine une semaine plus tôt, dans le cadre d’une visioconférence ? Pas le moins du monde. En politique, il est toujours plus sage d’orienter son discours en fonction du vent, et présentement, le vent souffle vers un désengagement de l’État à l’égard des hydrocarbures. Cet engagement a d’ailleurs été réclamé par l’aile jeunesse du parti. 

Le Parti libéral n’a pas le choix de se rajeunir, de se rapprocher des valeurs de ses 25-35 ans. Il souffre de son image de vieux parti, comme le PQ d’ailleurs. Et la pente à remonter est abrupte, tellement que la nouvelle cheffe devra tout faire pour incarner un changement tangible et crédible. Dire qu’elle a du pain sur la planche serait un euphémisme. 

Il en est de même pour les dirigeants de GNL Québec, qui voient leurs alliances politiques et leurs sources de financement potentielles fondre comme neige au soleil. 

À travers le processus d’audiences du BAPE, le promoteur réussira peut-être à convaincre les sceptiques du bienfondé de sa démarche. Mais une chose est sûre, ce n’est pas l’appui de quelques maires ou des chambres de commerce qui suffira à renverser une tendance qui se répand à vue d’œil, sans égard aux frontières. Il faudra beaucoup plus de carburant pour que le projet quitte sa rampe de lancement. Une quantité que seuls des gouvernements favorables à sa cause et des investisseurs convaincus seront en mesure de lui fournir. 

Or, à la lumière des derniers développements, GNL Québec risque de manquer de gaz avant longtemps.

Marc St-Hilaire
Le télétravail pour les régions

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Le télétravail pour les régions

ÉDITORIAL / Le gouvernement du Québec a aujourd’hui une occasion inespérée de s’attaquer au défi de l’occupation du territoire. Une occasion, oui, mais également un chapelet de motifs légitimes qui plaident en faveur d’un déploiement des forces vives de la province vers les régions.

Au cours des dernières semaines, le télétravail s’est imposé à l’échelle globale. Des emplois de bureau qu’on croyait immuables, il y a à peine deux mois, ont été remodelés afin d’être occupés à distance. Les universités et les établissements collégiaux se sont adaptés dans un temps record avec les cours en webdiffusion. Les administrations, qu’elles soient publiques ou privées, ont repensé leur façon de faire. La société s’est adaptée et plusieurs ont constaté un changement positif tant sur l’efficacité qu’en matière de qualité de vie.

Marc St-Hilaire
Ne cédons pas à la peur

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Ne cédons pas à la peur

ÉDITORIAL / Il suffit d’un zéphyr pour faire s’écrouler un château de cartes. C’est ce qui se dessine présentement avec l’ouverture des frontières régionales, fermées depuis environ un mois sur ordre du gouvernement.

Depuis la mi-mars, la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’est astreinte à une discipline qui lui est peu commune. La région s’est conformée sans réserve aux figures imposées par le premier ministre François Legault, convaincue qu’elle devait, comme toutes les autres, contribuer à la guerre contre le coronavirus. Du Haut-du-Lac jusqu’au Bas-Saguenay, nous avons embrassé des mesures draconiennes et épousé le confinement.

Marc St-Hilaire
Le triathlon de François Legault

Le triathlon de François Legault

En répétant des formules choc telles « aplatir la courbe » et « sauver des vies », le premier ministre François Legault et ses stratèges ont complété avec brio la première tranche de leur gestion de crise. Il leur reste cependant deux étapes à franchir, dans ce qui s’apparente étrangement à un triathlon politique : le déconfinement progressif et le retour à la vie normale.

Jeudi, lors de son point de presse quotidien, le premier ministre a entrepris l’étape du déconfinement en évoquant « l‘immunité naturelle », un concept qui détonne des discours qui nous sont servis depuis plus d’un mois. Tous savaient que ce moment arriverait. Un jour, dans quelques semaines, dans quelques mois, mais pas maintenant. « Maintenant » fait toujours peur lorsqu’il marque un changement de direction. 

Il aurait été stupéfiant qu’après un tel formatage collectif, la reprogrammation se fasse en un claquement de doigts. 

En ce sens, ce n’est pas par hasard que, le 10 avril dernier, François Legault a mentionné le 4 mai comme date potentielle de retour en classes. À l’époque, il savait sans doute que ça ne serait pas le cas. Ça lui a néanmoins permis de sonder la population, d’encaisser ses premières critiques, et surtout, de préparer les gens à « maintenant ». C’est le genre de manœuvre que peut se permettre un chef d’État lorsqu’il est en plein contrôle de la situation.

Cette fois-ci par contre, c’est vrai. Et l’opposition commencera tranquillement à sortir, elle aussi, de son confinement. Comme dans toutes stratégies, il y aura des imperfections. Des imprévus également. Les critiques seront plus bruyantes, plus incisives. D’un côté on dira que ça va trop vite et de l’autre, qu’il faut ralentir la cadence. Mais comme l’illustrait le collègue du Soleil Jean-Marc Salvet, dans sa chronique de vendredi, il y a un thermomètre que le gouvernement ne devra jamais quitter des yeux : celui de la capacité de notre système hospitalier. Tant que le mercure demeurera à un niveau acceptable, François Legault devra garder le cap du déconfinement graduel jusqu’à atteindre le jour 1 de l’après-crise. 

Personne ne peut prédire quand, précisément, cette troisième et ultime étape débutera. Ce sera celle de la reconstruction.

Des entreprises auront été emportées par l’ouragan, des travailleurs se retrouveront sans emploi, des individus de tous âges subiront les séquelles d’un choc post-traumatique… Certains auront été contraints à vivre un deuil à distance ; des couples auront éclaté ; le personnel de la santé sera à bout de souffle. Et c’est là qu’une frange de la population, désabusée et hypnotisée par les délires de Donald Trump et ses semblables, commencera à dire qu’il ne s’agissait que d’une grippe. Ou pire, qu’il aurait été mieux de sacrifier quelques âmes vulnérables pour préserver l’ordre établi.

C’est cette dernière épreuve du triathlon de François Legault qui sera la plus pénible puisque, malgré toute la bonne volonté du monde, il n’aura pas été en mesure de sauver tous les meubles. Et c’est lors de cette période difficile qu’il devra s’élever tel un chef d’État rassembleur, compréhensif et humain, mais également rigide et inspirant.

Jeudi, il a laissé filtrer les premiers jalons de son plan de reconstruction : une nouvelle société « qui émergera de tout ça », plus autonome, qui se développera davantage grâce à ses propres ressources. Il a parlé de la valorisation du télétravail, de l’amélioration de nos réseaux de transport. Il a surtout prédit qu’il y aura un débat de société une fois la pandémie derrière nous. Puis, il a tendu la main aux partis d’opposition, aux entrepreneurs et à la population, afin de forger ensemble le Québec de demain. 

François Legault a passé l’essentiel de sa carrière politique à évoquer la fibre nationaliste, la fierté et l’identité du peuple québécois. Sans doute trouvera-t-il, dans son répertoire, les mots d’espoir qui lui permettront de franchir la ligne d’arrivée indemne et d’inscrire son nom sur le tableau d’honneur.

Marc St-Hilaire
Il faut sauver le soldat McCann

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Il faut sauver le soldat McCann

ÉDITORIAL / Nous n’étions pas prêts et nous le savions. La tempête est arrivée, mais la toiture coulait depuis des années, la fondation était fissurée et les murs laissaient entrer des courants d’air. Le système de la santé et des services sociaux a fait l’objet d’une déconstruction majeure sous les libéraux, avec pour dessein ultime de réduire les dépenses. Les instances gouvernementales actuelles ont elles aussi été saisies des problèmes, mais n’ont pas agi. À quoi nous attendions-nous ?

L’encadrement d’autrefois a été réduit à sa plus simple expression ; les instances décisionnelles locales ont été abolies au profit d’une centralisation indécente. En moins de temps qu’il n’en faut pour épeler « Couillard », les établissements sont passés de la brique au bois, puis du bois à la paille. Le loup n’a eu qu’à éternuer pour que les structures s’effondrent sur nos êtres les plus vulnérables.

Marc St-Hilaire
Ces histoires que nous raconterons

Éditoriaux

Ces histoires que nous raconterons

ÉDITORIAL / L’actuelle pandémie nous fait voir le monde sous un autre angle. L’abondance de sujets qui surgissent dans les médias permet à chacun de nous de faire le tri et de dessiner sa propre crise de la COVID-19. Et vous, que retiendrez-vous de ce chapitre de notre histoire ?

Faisons abstraction du confinement, des emplois en suspens, des pertes de vies humaines et des difficultés anticipées sur le plan économique, puis concentrons-nous pendant quelques lignes sur les histoires positives qui ont émergé jusqu’ici ; celles qui nourrissent l’espoir et qui redonnent foi en notre monde.

La Semaine sur pause

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La Semaine sur pause

La Semaine sur pause est écrite par l'équipe éditoriale.

Citation de la semaine

  • « Si vous pensez tirer un avantage, faites-le pas » - Le premier ministre Justin Trudeau, s’adressant aux gens d’affaires tentés de frauder la subvention de 75 % du salaire qu’il venait d’annoncer

Chiffres de la semaine: 6000 $

  • Montant de l’amende maximale pour les citoyens qui ne se conforment pas à la distanciation sociale.

Mot de la semaine : masque N95

  • Masque qui offre une protection respiratoire en filtrant les aérosols infectieux, comme les poussières ou les gouttelettes projetées par les éternuements et la toux.

Événements marquants de la semaine

  • Feu vert: Au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a mis moins de 48 heures pour reprendre les chirurgies oncologiques à Chicoutimi.
  • Feu jaune: « Flash tes lumières » ! Bravo à ceux qui veulent manifester leur solidarité envers les soignants, mais allez-y modérément avec les klaxons devant un hôpital le soir. Il y a des malades qui veulent dormir.
  • Feu rouge: Au gouvernement du Québec qui a donné la consigne de laisser passer les Premières Nations aux barrages routiers.
Marc St-Hilaire
Il y a de l’espoir

Éditoriaux

Il y a de l’espoir

ÉDITORIAL / Le lendemain de veille sera difficile au sortir de la crise de santé publique qui sévit en ce moment à l’échelle planétaire. Plusieurs redoutent une économie en ruine et la disparition de nombreuses entreprises privées qui, avant même le confinement, réussissaient de peine et de misère à garder la tête hors de l’eau. D’autres affirment que le grand capital ne sera plus en mode « développement », mais plutôt en repli et à l’affût des acquisitions à rabais, un réflexe tristement naturel dans la jungle du libre marché. Rares sont ceux qui croient en une reprise économique spontanée, et ce, malgré les efforts déployés par les deux paliers de gouvernements supérieurs. Et plus on fouille sur les sites spécialisés, plus ça fait peur. Dans ce contexte, même si nous ne pouvons prédire avec exactitude de quoi sera fait demain, y a-t-il lieu de s’inquiéter ? Oui et non.

Ce constat n’atténue en rien l’importance de suivre les directives imposées par l’État, car la guerre à la COVID-19 doit demeurer notre principale préoccupation à l’heure actuelle. C’est une question de vie ou de mort. Cela dit, il y a lieu de s’interroger maintenant sur ce qui nous attend une fois ce chapitre complété. Nous pouvons – et nous devons – amorcer une réflexion sur les enjeux au-delà de la COVID-19.

Denis Bouchard
Un journaliste permanent le long du fjord

Actualités

Un journaliste permanent le long du fjord

MOT DU RÉDACTEUR EN CHEF / Désireux d’améliorer leur présence partout au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Le Quotidien et Le Progrès sont fiers d’annoncer qu’ils ont obtenu une bourse d’Initiative de journalisme local (IJL) de Médias d’info Canada.

Ce programme permet de dégager, pour une durée de 12 mois, un journaliste – en l’occurrence Denis Villeneuve – pour couvrir les secteurs longeant les rives de la rivière Saguenay vers l’est, au-delà de la ville de Saguenay. Les municipalités ou secteurs concernés sont, au nord, Saint-Fulgence, Sainte-Rose-du-Nord et les territoires non organisés des monts Valin et Lalemant ; au sud, Ferland-et-Boilleau, Saint-Félix-d’Otis, Rivière-Éternité, L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay.

Marc St-Hilaire
L’occasion de se repenser

Éditoriaux

L’occasion de se repenser

ÉDITORIAL / Chaque jour, sur le coup de 13h, le Québec tout entier est rivé à son téléviseur, à sa radio ou au Web afin de connaître l’état de la situation. Chaque jour, de nouvelles mesures sont mises de l’avant. Souvent contraignantes, celles-ci ont pour unique dessein la plus noble des causes : sauver des vies.

Quel que soit le prix à payer pour l’effort collectif que nous impose le premier ministre du Québec, François Legault, il est crucial de toujours garder en tête notre objectif ultime afin que nous puissions tourner la page sur cette pandémie et reprendre notre vie sociale le plus rapidement possible.

Denis Bouchard
Vous pouvez compter sur nous

Éditoriaux

Vous pouvez compter sur nous

ÉDITORIAL / Qu’est-ce qui se passe au Saguenay–Lac-Saint-Jean avec le coronavirus et la pandémie de COVID-19 ? C’est dans vos médias locaux que vous trouvez la réponse. Depuis le début de la crise, Le Quotidien et Le Progrès travaillent à vous donner l’heure juste sur la situation en gardant le cap sur les faits, seulement les faits.

Votre quotidien régional, avec sa salle de plus de 25 artisans, vous fait le portrait en temps réel sur ses plateformes numériques (www.lequotidien.com, Dernière Heure et son application à télécharger dans App Store ou Google Play), et vous offre des compléments dans son édition papier.

Marc St-Hilaire
L’occasion de revoir nos paradigmes

Éditoriaux

L’occasion de revoir nos paradigmes

ÉDITORIAL / Il y a une règle immuable qui se décline ainsi : crise égale opportunité. Avec les mesures draconiennes déployées sur l’ensemble du territoire québécois afin de ralentir l’évolution de la maladie COVID-19, tous devront remodeler leur quotidien dans le cadre d’un effort collectif concerté. Fermeture des établissements d’enseignement pour les deux prochaines semaines, isolation des personnes démontrant des symptômes, risque de propagation du nouveau coronavirus, activités interrompues, institutions publiques interdites d’accès… Et plus les jours passeront, plus cette liste de contraintes risque de s’allonger. Aussi, dans ce contexte, pourquoi ne pas en profiter pour revoir un peu notre routine et tous les paradigmes qui la façonnent ?

Parce que, ne nous enfouissons pas la tête dans le sable, ce sera une guerre d’usure entre notre collectivité et le virus. Le ralentissement économique et la pression exercée sur les entreprises de toutes natures, pendant les prochaines semaines, auront une incidence sur les travailleurs et, conséquemment, sur leur famille. À la maison, l’interruption des événements sportifs et culturels pèsera aussi dans la balance. Ni hockey ni spectacles, mais beaucoup plus de réseaux sociaux ; l’équation semble malheureusement évidente.

Marc St-Hilaire
Faisons comme les poissons

ÉDITORIAUX

Faisons comme les poissons

ÉDITORIAL / Depuis l’émergence du coronavirus et de la maladie COVID-19, nous assistons à un spectacle déroutant où s’amalgament la panique et l’insouciance, les craintes et le cynisme, la peur et la désinvolture. Une tempête de commentaires s’est abattue sur les réseaux sociaux, comme autant de théories absurdes venues de nulle part et teintées d’incrédulité. Comme si tout le monde était devenu microbiologiste du jour au lendemain. C’est pourtant lors d’un épisode comme celui-ci que la cohérence et l’unité de corps prennent tout leur sens et que nous devons éviter à tout prix la désorganisation.

Jeudi, peu avant le coup de midi, le premier ministre François Legault a demandé l’annulation de tous les événements regroupant plus de 250 personnes au Québec. Il est rarissime qu’un gouvernement décrète ainsi une interruption dans les activités courantes de notre société. Or, lorsque la nouvelle est tombée, combien ont cessé de parler — ou d’écrire — et ont réfléchi quelques instants quant à leur responsabilité individuelle ?

Marc St-Hilaire
À nous de manier les outils

Éditoriaux

À nous de manier les outils

ÉDITORIAL / L’analyse d’un budget provincial à chaud est toujours un exercice périlleux, sujet à être déboulonné avant même que l’encre ait eu le temps de sécher. Chaque fois, c’est la même chose : le gouvernement s’est-il défini tel un parti de régions ou a-t-il plutôt penché en faveur de la métropole et de la capitale nationale ? A-t-il pris soin d’évaluer les besoins des endroits éloignés ou s’est-il restreint à des mesures mur à mur qui n’auront, finalement, aucun effet sur l’occupation du territoire québécois dans son ensemble ? Le gouvernement a-t-il négligé une demande cruciale pour notre développement? A-t-il favorisé les plus démunis ou les mieux nantis ? A-t-il sorti un lapin de son chapeau qui nous fait s’exclamer : « Wow ! » ?

Le second budget de l’équipe de François Legault se révèlera dans toute sa splendeur au fil des prochaines semaines, alors que seront mieux ventilées les mesures autour desquelles il s’articule. Néanmoins, déjà, nous pouvons en relever certains éléments qui sont susceptibles de permettre au Saguenay–Lac-Saint-Jean de tirer son épingle du jeu au cours du prochain exercice financier. Car, et il est à propos de le rappeler, quels que soient les outils qui nous sont offerts, il n’appartient qu’à nous de les utiliser de façon stratégique, habile et efficace.

Marc St-Hilaire
Excommunication papale

ÉDITORIAUX

Excommunication papale

ÉDITORIAL / Lorsque Warren Buffet se retire d’un montage financier parce qu’il juge un projet trop périlleux, les conséquences ne se limitent pas aux billes qu’il retire, mais également aux secousses sismiques qu’engendre son départ. Car en affaires, tout est question de confiance et, dans le cas de GNL Québec, la présence de l’oracle d’Omaha, par le biais du consortium Berkshire Hathaway qu’il dirige, était une caution pour tous les autres financiers susceptibles d’investir dans le projet. Il s’agit d’une excommunication prononcée par le pape de la finance en personne.

Oui, le signal est très puissant et très négatif ; un « verdict très lourd », pour reprendre les termes employés par le journaliste Denis Lessard, de La Presse, qui a levé le voile sur cette histoire. Aucune manifestation militante ni aucune lettre ou pétition n’auraient eu un impact aussi dommageable pour l’équipe de GNL Québec.

Denis Bouchard
Vous faites partie de l’équation

ÉDITORIAUX

Vous faites partie de l’équation

MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL / La Coopérative de solidarité du journal Le Quotidien au Saguenay–Lac-Saint-Jean est officielle depuis mercredi, 15 h, après plus de six mois de négociations, de tractations et de multiples démarches.

Avant de vous remercier, lecteurs, abonnés, annonceurs et contributeurs, permettez-moi de m’adresser à nos employés qui ont encaissé un choc incommensurable le 19 août dernier, jour de l’annonce de nos difficultés financières et de l’entrée en scène du gouvernement du Québec pour sauver l’information régionale.

Marc St-Hilaire
Le Quotidien s’inscrit en faux

Éditoriaux

Le Quotidien s’inscrit en faux

ÉDITORIAL / Le Quotidien s’inscrit en faux contre la chasse aux sorcières entreprise par les propriétaires du Zoo de Falardeau et leur avocat, dont la démarche menace le lien de confiance nécessaire entre les médias et la population.

Au cours de sa carrière de criminaliste, Me Bouchard a sans doute maintes fois débattu la défense d’entrapment, qui se définit tel un traquenard policier visant à étayer la preuve contre un suspect. La partie de pêche à laquelle se livre son client en ce moment est en plusieurs points similaires à cette pratique, comme si les administrateurs du Zoo de Falardeau souhaitaient une réaction qui leur permettra, ultimement, d’identifier les sources qui se sont confiées à la journaliste Laura Lévesque.

Marc St-Hilaire
Un spectacle désolant

Éditoriaux

Un spectacle désolant

ÉDITORIAL / Nous avions tous les éléments pour nous réjouir et espérer un vrai changement. Deux femmes au pouvoir. Une à la mairie ; l’autre à l’Assemblée nationale. La première a été élue à la tête de Saguenay après 20 ans d’un trop long règne ; la seconde a fait tomber le Parti québécois d’un trône qu’il conservait jalousement depuis 1973. Tous les ingrédients y étaient, mais la recette s’est finalement révélée indigeste.

Exit les masques et les faux sourires, la mairesse Josée Néron et la ministre Andrée Laforest sont loin d’être les meilleures amies du monde, même si dans les faits, ce sont davantage leurs cabinets respectifs qui s’affrontent en ce moment.

Marc St-Hilaire
Concentrons-nous sur les retombées

Éditoriaux

Concentrons-nous sur les retombées

ÉDITORIAL / Depuis des mois, le projet de GNL Québec occupe beaucoup d’espace sur la place publique. Un débat environnemental fait rage et polarise la population. Les actions citoyennes se multiplient pour freiner le promoteur dans sa démarche, ici comme à l’extérieur de la région. Il y a aussi ceux et celles qui défendent le projet au nom de l’économie et du développement. Or, dans toute cette cacophonie, est-il possible que nous passions à côté de l’essentiel ? Est-il possible que nous regardions avancer le train sans nous soucier de la marchandise qu’il transporte ? Parce que le véritable enjeu réside dans les retombées qui découleront du projet, si celui-ci se concrétise.

Le passé nous a démontré qu’avec les grands industriels, les belles paroles ne suffisent pas. Plancher d’emplois, garantie de redevances évolutives en fonction du volume de production, engagements auprès de nos institutions académiques, participation à des fonds de capitaux de risque, taxation municipale et cibles de retombées économiques pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant les travaux de construction ne sont que quelques-uns des éléments qui doivent faire l’objet de tractations avant que le premier coup de pelle soit effectué. Le partage de la valeur, une philosophie de plus en plus présente dans le monde des affaires, doit être négocié afin que tous y trouvent leur compte pour les décennies à venir, et non seulement lors de l’aménagement des installations.

Marc St-Hilaire
Nous sommes capables

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Nous sommes capables

ÉDITORIAL / La polarisation que suscite le projet de GNL Québec nous ramène en plein visage l’importance d’une structure régionale inclusive, représentative de notre immense territoire et de ses collectivités. L’inacceptable abolition de la Conférence régionale des élus, en 2016, a créé un vide que nul n’a été en mesure de combler. Des chasses gardées se sont formées, des sous-groupes se sont créés et, naturellement, les gens se sont braqués dans leurs certitudes. Et aujourd’hui, l’éclatement fait mal.

La Conférence régionale des élus (CRÉ) rassemblait dans une même enceinte nos élus des quatre coins de la région, mais également des représentants de la société civile (syndicats, monde des affaires, organismes environnementaux et sociaux, industrie du tourisme), nos cinq députés provinciaux et le Conseil de bande de Mashteuiatsh. Sans doute la CRÉ a-t-elle été le théâtre de chocs de valeurs et d’idées lors de plénières mouvementées ; assurément, il y a eu des conflits à l’interne. Certains ont boudé la structure à l’époque, notamment l’ex-maire de Saguenay Jean Tremblay, mais dans l’ensemble, lorsqu’un dossier passait le test de la CRÉ, il pouvait être porté jusqu’aux plus hautes instances avec le sceau de la concertation régionale.