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ÉDITORIAUX

Attention aux jugements précipités

ÉDITORIAL / La nature humaine est ainsi faite : nous aimons tous faire des conclusions hâtives et exprimer les hypothèses qui nous semblent les plus plausibles lorsqu’un drame se déroule sous nos yeux. Ce phénomène est encore plus manifeste avec l’avènement des réseaux sociaux et de l’actualité en temps réel. Chaque nouvelle information devient la pièce d’un casse-tête en construction, dont l’image se révèle à la vitesse d’une tortue. Alors, au rythme des morceaux qui s’épousent, les jugements prématurés se multiplient. Et c’est là que tout éclate.

Cette fois encore, c’est arrivé : des bribes d’informations non validées, des rumeurs, la soif de tout savoir immédiatement et la course à la primeur ont détourné la population du véritable récit ; celui que nul ne connaît en ce moment. Des hypothèses ont été lancées dans l’univers, certaines résistant à la vérification des faits, d’autres étant réduites en cendres. J’entends encore ce type me dire, mercredi matin, le plus sérieusement du monde : « C’est ce qui arrive quand on donne une motoneige à des touristes qui ne connaissent pas ça. » Peut-on être plus déconnecté de la réalité ?

Éditoriaux

Que les chercheurs s’expriment

ÉDITORIAL / Tout dépendra de l’accueil des professeurs et chargés de cours de l’Université du Québec à Chicoutimi, mais la lettre d’opposition au projet de GNL Québec qui circule présentement dans l’établissement risque d’avoir un impact considérable sur le débat public. Dans une ère où la science ne peut — et ne doit — être ignorée pour des considérations strictement économiques, une telle démarche, si elle est appuyée massivement par les chercheurs universitaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, est susceptible de bouleverser dramatiquement la stratégie du promoteur et l’évolution du dossier.

Le document rédigé par sept professeurs et chercheurs de l’UQAC ne peut être pris à la légère. Il soulève des pistes de réflexion légitimes et des inquiétudes qui s’inscrivent dans un courant écologique qui ne cesse de prendre de l’ampleur à l’échelle planétaire. Nul doute que les données sur lesquelles s’appuient les auteurs pour étayer leur argumentaire ont été vérifiées et confirmées de façon scientifique.

ÉDITORIAUX

C’est l’heure de gouverner

ÉDITORIAL / S’il y avait des élections à Saguenay au cours des prochains jours, il y a fort à parier que nous assisterions à une véritable purge. Heureusement pour les élus actuels, le prochain scrutin général est prévu pour octobre 2021, ce qui leur laisse plus d’une année pour s’élever à la hauteur de leur fonction et des attentes de la population. Avec le coup de Jarnac que leur a asséné la ministre Andrée Laforest cette semaine, titulaire des Affaires municipales, il semble bien que tous aient compris que la récréation est terminée et qu’il est plus que temps de s’unir autour de causes communes plutôt que de se déchirer sans cesse sur la place publique.

La voix de la raison a d’ailleurs commencé à se faire entendre par la bouche du conseiller Raynald Simard, de l’arrondissement de La Baie, alors qu’il a reconnu avoir erré en rejetant le budget 2020, le 18 décembre dernier. À la faveur d’une entrevue accordée à notre journaliste Mélanie Côté, M. Simard dit avoir tiré des leçons de cet affront auquel il a participé, conjointement avec l’ensemble des élus indépendants de la Ville.

ÉDITORIAUX

Allons chercher nos fonctionnaires

ÉDITORIAL / Au cours de la dernière campagne électorale, le premier ministre François Legault s’est engagé à déplacer 5000 postes de fonctionnaires, présentement occupés dans les grands centres de Québec et de Montréal, vers les régions. Il s’est alors donné 10 ans pour remplir sa promesse, ce qui nous projette à 2028. Certains diront que rien ne presse ; que le gouvernement a tout le temps nécessaire pour atteindre son objectif, en admettant bien sûr que les caquistes soient réélus aux scrutins de 2022 et de 2026. D’autres, par contre, soutiendront que pour un chantier d’une telle envergure, il est nécessaire que tous épousent la volonté du gouvernement. Aussi serait-il temps que les forces vives du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’unissent afin d’aider l’État à s’acquitter de son engagement. En ce sens, pourquoi ne pas mettre tout en œuvre pour obtenir un projet-pilote, ici, sur le territoire du Royaume ?

Comme le suggère le proverbe, si la montagne ne vient pas à toi, va à la montagne. C’est dans cet esprit que la région doit immédiatement se manifester et non attendre que le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, et la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, aient complété leur plan de décentralisation de la fonction publique, un mandat qui leur a été confié par François Legault. Sans doute, la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, sera en mesure d’influencer la réflexion de ses collègues dans leurs travaux, mais il faudra plus pour que la région tire son épingle du jeu. Il faudra que nos élus de toutes confessions et de tous paliers s’investissent dans une démarche concertée. Il faudra également que les représentants syndicaux de la région s’impliquent activement pour faciliter le déménagement de postes de ce côté-ci de la Réserve faunique des Laurentides.

Éditoriaux

L’implosion de Saguenay

ÉDITORIAL / Parfois, il faut prendre le temps d’analyser d’où l’on vient afin de savoir où l’on va. Ce genre d’exercice se prête particulièrement bien à la situation qui règne en ce moment à l’hôtel de ville de Saguenay. La crise a pris naissance dès les premiers mois de ce mandat et elle n’a jamais cessé de s’amplifier, à un point tel qu’aujourd’hui, chaque élu donne l’impression de jouer à la marelle sur un champ de mines. Il est possible d’attribuer le blâme aux élus, à leur égo ou au fossé qui sépare les indépendants et les conseillers de l’ERD. Or, dans le cas qui nous préoccupe, il est également de mise de revisiter la genèse de la fusion de 2001.

Partons du fait que les premiers affrontements au sein de l’actuel conseil ont pris la forme de guerres de clochers. Chacun des trois conseils d’arrondissements de Saguenay s’est d’abord regroupé, pour ensuite former des clans distincts et animés davantage par des intérêts locaux que par l’essor de la ville. Celui de Jonquière, composé de six élus indépendants, s’est rapidement démarqué des deux autres grâce à une plus grande cohésion. Puis, le projet d’amphithéâtre à Chicoutimi a été bloqué et ce fut le début d’une série de conflits qui a culminé le 18 décembre dernier, lorsque tous les conseillers indépendants de Saguenay ont rejeté le budget 2020.

Éditoriaux

Coup de pied

ÉDITORIAL / Ils sont quand même bons, nos politiciens municipaux ! Mais heureusement, nous ne sommes pas tous dupes !

Le dossier du soccerdôme, à Jonquière, devenu centre multisport avec des coûts galopants avec le temps, en est un bel exemple.

Éditoriaux

Un Royaume détrôné...

ÉDITORIAL / De quoi l’année 2020 sera-t-elle composée au Saguenay–Lac-Saint-Jean ? Question hasardeuse, évidemment, mais une chose ne changera pas : les débats autour des enjeux cruciaux demeureront acrimonieux et les positions ne seront pas davantage réconciliables.

Après trois décennies à conjuguer environnement et économie, la prochaine accentuera l’opposition entre les deux thèmes dans la région. La nature même de notre économie, principalement tirée par la transformation des ressources naturelles, par la grande industrie notamment, heurte de plein fouet des réalités environnementales associées à des états de « crise » et d’« urgence ».

Éditoriaux

La semaine sur pause

La semaine sur pause est écrite par l’équipe éditoriale.

MOT DE LA SEMAINE 

Quittance | Acte dans lequel un créancier, tel que la banque, reconnaît qu’il a reçu toutes les sommes qui lui étaient dues. Les quittances ont été l’enjeu de la semaine dans le dossier des coopératives du Groupe Capitales Médias. 

CHIFFRE DE LA SEMAINE

500 000 | Nombre de Québécois qui prendront l’avion au cours des vacances de Noël, selon l’Agence des services frontaliers du Canada.

CITATION DE LA SEMAINE 

« Pouvons-nous être meilleurs, être plus fiers d’être Québécois ? C’est ça qui me motive, ce n’est pas la question du pouvoir. » - Le premier ministre François Legault, qui a affirmé qu’il ne fera pas plus que deux mandats

ÉVÉNEMENTS MARQUANTS DE LA SEMAINE

Vert

À Chantiers Chibougamau, qui a conçu des classes modulaires en bois massif pour pallier aux besoins urgents d’espace dans les écoles. 

Jaune

À Saguenay, qui soufflera davantage de neige sur les terrains résidentiels cette année, dans le cadre de son plan de déneigement. Cette décision risque de faire des mécontents. 

Rouge

Aux conseillers indépendants de Saguenay, qui ont défait le budget 2020 pour des motifs visiblement politiques.

Éditorial

Une longue année d’affrontements

ÉDITORIAL / À moins d’un revirement spectaculaire, l’année 2020 sera marquée par l’affrontement à l’hôtel de ville de Saguenay. Une guerre politique dont le véritable perdant risque fort d’être, une fois de plus, le simple citoyen.

Ce n’est plus un secret pour quiconque, les élus indépendants de Saguenay, majoritaires au conseil de ville, ont choisi d’en finir avec Josée Néron et son parti, l’Équipe du renouveau démocratique (ERD). En rejetant unanimement le budget présenté cette semaine par le conseiller Michel Potvin, président du comité des finances, les indépendants ont lancé la première bombe.

ÉDITORIAUX

Crise politique sur fond de budget

ÉDITORIAL / Saguenay est bien peu reluisante ce matin. Encore moins qu’elle l’était, et ce n’est pas peu dire. Ce matin, Saguenay se révèle telle une cité qui peine à suffire à ses besoins primaires ; une cité où la dette est devenue incontrôlable ; une cité qui admet que ses citoyens devront souffrir pour redresser la situation, alors que partout ailleurs au Québec, c’est la pleine croissance. Le message véhiculé mercredi midi est celui-ci : Saguenay n’a plus les moyens d’une quelconque ambition, étouffée par la perspective d’une dette qui atteindra 650 millions $ d’ici la fin de 2025.

Le constat ainsi fait, que penser du coup de théâtre auquel nous avons assisté sur le coup de midi ?

Éditoriaux

Saguenay n’est pas au bout de ses peines

ÉDITORIAL / Dans la foulée des informations révélées par notre journaliste Mélanie Côté, cette semaine, concernant le budget 2020 de l’administration de Josée Néron, un élément a particulièrement retenu l’attention, soit que le compte de taxe des contribuables respectera l’inflation de 2,3 %. Après des hausses successives de 4 % chacune, au cours des deux derniers exercices financiers, il est compréhensible que ce point ait pratiquement éclipsé tout le reste. Or, lorsqu’on s’attarde davantage sur les détails publiés dans notre édition de mercredi, il ne fait aucun doute que Saguenay est dans une situation fort inquiétante.

D’abord, la capitale régionale n’est visiblement pas en mesure de réduire sa dette, laquelle s’élevait à 438 millions de dollars à la fin de la dernière année fiscale. Celle-ci grimpera encore en 2020, alors que continueront de s’effriter le réseau routier et le parc immobilier de la Ville. Impossible d’être insensible à la progression fulgurante de cette dette, entre 2007 et 2017, alors qu’elle est passée de 150 millions à plus de 400 millions de dollars. Et dire que pendant tout ce temps, l’ancienne administration se faisait réélire sans cesse en promettant des gels de taxe. Saguenay a roulé carrosse sans jamais se soucier de l’avenir, mais aujourd’hui, c’est l’inévitable lendemain de veille qui se manifeste, dans une ville à la population vieillissante. Et le pire dans tout cela, c’est qu’il n’existe aucune solution à moyen terme, sinon celle de taxer encore davantage les citoyens ou de couper dans les services essentiels. Mais, de telles mesures ont leurs limites.

ÉDITORIAUX

Soulagement chez les conservateurs

ÉDITORIAL / Le sort d’Andrew Scheer était scellé bien avant la fermeture des boîtes de scrutin, le soir du 21 octobre. Dès les premiers jours de la campagne électorale fédérale, il s’est révélé telle l’antithèse des aspirations d’une majorité d’électeurs dans l’est du pays. L’Ontario l’a rejeté malgré un gouvernement provincial conservateur; le Québec lui a tourné le dos et s’est rallié au Bloc québécois, que tous croyaient mort jusque-là ; les Maritimes lui ont claqué la porte au nez. Tous ont vu en lui un fidèle défenseur de l’industrie pétrolière et un catholique aux valeurs traditionnelles d’une autre époque. Il inspirait tout sauf le changement ; cet incontournable changement que réclament, d’une élection à l’autre, ceux et celles qui se présentent aux urnes.

Il fut surprenant de le voir ainsi s’accrocher à son siège. Encore plus stupéfiant de réaliser qu’il croyait encore en ses chances de diriger un jour le gouvernement canadien. Lorsque même ton écho ne te répond plus, nul besoin d’être un génie pour constater qu’il est temps de céder la place.

Éditoriaux

Une menace réelle et inquiétante

ÉDITORIAL / Maintes fois, l’industrie de l’aluminium a crié au loup, nous laissant perplexes devant son argumentaire. Cette fois-ci, par contre, les inquiétudes manifestées par le président de l’Association de l’aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, et son homologue du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, sont amplement justifiées, alors qu’Ottawa s’apprête — si ce n’est déjà fait au moment où vous lirez ces lignes — à signer les modifications apportées à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Pour les producteurs canadiens de métal gris, l’abandon anticipé de la Règle d’origine (Rule of origin), qui prévoit que 70 % de l’aluminium et de l’acier destiné à l’industrie automobile soient fabriqués en sol nord-américain, risque d’avoir d’importantes conséquences sur l’avenir de cette filière au Québec. La menace touche particulièrement le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où Rio Tinto produit annuellement 1,2 million de tonnes, soit plus du tiers de la production totale au Canada, qui était de 2,9 millions de tonnes en 2018.

Éditoriaux

Pourquoi craindre le grand capital?

ÉDITORIAL / Pour une fois, mettons de côté le volet environnemental du projet de GNL Québec et attardons-nous plutôt sur un détail qui prend de plus en plus de place dans ce dossier, soit l’origine des investissements et les caractéristiques fiscales qui s’y rattachent. En ce sens, posons-nous la question suivante : faut-il s’indigner devant la volonté d’un promoteur étranger d’investir au Québec, plus précisément au Saguenay–Lac-Saint-Jean ?

Mercredi matin, alors qu’elle était l’invitée du Cercle de presse du Saguenay, la directrice principale aux affaires publiques et aux relations avec les communautés d’Énergie Saguenay, Stéphanie Fortin, a paru embarrassée pendant quelques secondes lorsqu’un journaliste de Radio-Canada, Pascal Girard, a demandé d’où proviennent les sommes investies jusqu’ici dans le projet de liquéfaction du gaz naturel. Celui qui est également président du Cercle de presse avait posé la question après que les deux intervenants aient affirmé qu’il s’agissait d’un projet régional sans préciser la provenance des fonds

Après avoir entendu son collègue Stéphan Tremblay reprendre la genèse du projet, de la prospection à la décision d’aller de l’avant, Mme Fortin a abruptement fermé la porte en précisant que le consortium GNL Québec compte aujourd’hui une quinzaine d’investisseurs privés et que leur identité n’a pas à être divulguée. Sur le fond, elle a raison. Mais sur le plan de l’efficacité, il aurait été beaucoup plus simple – et rentable – de retourner la balle à l’interlocuteur en y allant d’une contre-question : « M. Girard, ne souhaitons-nous pas, depuis des décennies, que des investisseurs étrangers viennent dépenser leur argent ici, au Québec et dans notre région ? »

Éditoriaux

La STS n’est pas une PME

ÉDITORIAL / Dans le débat entourant la Société de transport du Saguenay (STS), le conseiller Jean-Marc Crevier a initié une réflexion qui démontre l’ampleur du problème. Également vice-président de la STS, il s’est exprimé en ces termes : « Si on voulait faire comme le privé, on n’offrirait le service qu’à Chicoutimi. »

La solution la plus facile serait, en effet, de limiter le périmètre du transport collectif au principal arrondissement de la ville, sans tenir compte des autres périphéries. Or, le mandat des élus n’est pas d’administrer à la manière de banquiers ou de présidents de compagnies, mais d’assurer une saine gestion des fonds publics. Et cette nuance comprend une responsabilité inéluctable, soit celle d’assurer un service de qualité aux citoyens de l’ensemble de leur territoire. Dans le cas d’une ville comme Saguenay, où cohabitent le savoir, les industries, le commerce, l’éducation, la vie rurale et urbaine, le transport en commun fait partie de ces services qu’on ne peut abandonner. Ne serait-ce que par conscience collective.

Éditoriaux

On vous doit bien ça

ÉDITORIAL / Déjà soutenu par un grand lectorat, Le Progrès fait un pas de plus vers les Jeannois et les Saguenéens aujourd’hui en distribuant gratuitement cette édition spéciale à plus de 50 000 copies, livrées à la maison pour les abonnés réguliers et dans plus de 200 points de distribution autour de la région.

Cette édition élargie s’inscrit dans notre volonté d’informer et de servir la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme nous le faisons depuis plus de 135 ans.

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Le retour de l’enfant prodigue

ÉDITORIAL / En 2000, nul n’aurait pu prédire que Sylvain Gaudreault aspirerait un jour à la direction du Parti québécois (PQ). Et pourtant aujourd’hui, l’enseignant de profession se présente tel un candidat légitime à la plus prestigieuse fonction de son parti.

Sylvain Gaudreault aurait pu lancer la serviette et abandonner tout espoir politique lorsqu’il a été écarté du Bloc québécois, de façon cavalière, par le chef de l’époque, Gilles Duceppe. L’ex-chef lui avait alors préféré Noël Tremblay dans la circonscription fédérale de Chicoutimi–Le Fjord. Ce dernier s’est incliné un mois plus tard devant le libéral André Harvey.

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Une partielle aux enjeux particuliers

ÉDITORIAL / Le 15 décembre prochain, les citoyens du district 1 à Saguenay seront appelés aux urnes afin de se donner un nouveau représentant, conséquemment au départ du conseiller Jonathan Tremblay. Or, bien que chaque élection demeure un exercice démocratique important, celle-ci aura une incidence particulière pour plusieurs, à commencer par la mairesse Josée Néron et son Équipe du renouveau démocratique (ERD).

L’enjeu sera en effet déterminant pour cette formation politique qui, malgré l’élection d’une mairesse, n’a pu faire mieux que trois conseillers sur quinze lors de la dernière élection générale, en 2017. Il sera fort intéressant d’évaluer la performance du candidat de l’ERD, Gilles Tremblay, alors que l’arrondissement de Jonquière a rejeté massivement les partis, il y a deux ans. Pour l’ERD, une percée dans Jonquière serait un signal positif pour les prochaines élections, mais là n’est pas l’enjeu le plus significatif. Depuis le début de son mandat, Josée Néron a maintes fois été en confrontation avec les six élus indépendants de cet arrondissement. Ces derniers ont rapidement réussi à former un groupe homogène et efficace sur l’échiquier politique saguenéen. L’incursion d’un membre de l’ERD à l’intérieur du cercle restreint qu’est le conseil d’arrondissement de Jonquière modifierait sans doute la dynamique actuelle, à l’avantage de la mairesse et de son parti. Ne dit-on pas : « Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis ? »

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Il faut que ça change à la STS

ÉDITORIAL / La Société de transport du Saguenay (STS) aura beaucoup besoin d’être très persuasive pour convaincre l’ensemble du conseil municipal du bien-fondé de ses prochaines actions, à la lumière des informations obtenues par Le Progrès et publiées dans cette édition.

L’organisme, qui a obtenu un montant de 600 000 dollars lors de la dernière assemblée publique du conseil, afin d’absorber son déficit, aura finalement besoin que les élus lui accordent une somme supplémentaire de 125 000 $ pour 2020.

Éditoriaux

Avant d’atteindre le fond du baril

ÉDITORIAL / Certaines statistiques sont si préoccupantes qu’on préférerait les noyer dans l’oubli. L’une d’elles a été rapportée la semaine dernière dans le cadre d’une étude sur la santé et le bien-être des hommes québécois et se décline ainsi : pas moins de 22 % des hommes seraient en situation de détresse psychologique probable sur le territoire de la province. Dans le contexte où 80 % des suicides répertoriés au Québec sont commis par des hommes, il est crucial d’agir en tant que société pour freiner ce phénomène fort inquiétant.

Réalisé pour le compte du Regroupement provincial en santé et en bien-être des hommes et du Pôle d’expertise et de recherche en santé et bien-être des hommes, l’exercice met également en relief qu’une majorité d’hommes sont sceptiques « quant à la pertinence et à l’efficacité de l’aide psychosociale ».

Éditoriaux

Préservons le mont Fortin

ÉDITORIAL / Saguenay possède une richesse inestimable dans l’arrondissement de Jonquière : le mont Fortin, avec sa station de ski accessible à tous, en plein coeur de la ville. Des générations d’athlètes y ont effectué leurs premiers slaloms ; des milliers de jeunes y ont passé leurs fins de semaine, leurs soirées, leur adolescence. Il fait peine à croire que le destin de cette infrastructure municipale soit en péril aujourd’hui, à l’ère des saines habitudes de vie et de la promotion de l’exercice physique chez nos enfants. Saguenay est-elle à ce point dépourvue de ressources qu’elle est incapable de taire, de façon catégorique, les rumeurs de fermeture de ce centre de ski urbain ?

Comme pour le mont Bélu à La Baie, le Tobo-Ski à Saint-Félicien ou le mont Villa-Saguenay à Alma, le mont Fortin est un acquis intouchable et les élus n’ont d’autre choix que de tout faire pour lui garantir un avenir.

Éditoriaux

L’heure de prendre position

ÉDITORIAL / Et si le Saguenay-Lac-Saint-Jean choisissait de dire non aux grands projets de développement industriel ; si les populations de chaque ville et village s’opposaient massivement à l’exploitation du gaz naturel albertain, au trafic maritime sur le fjord du Saguenay, à la coupe forestière (… tant qu’à y être) ; si les Saguenéens et les Jeannois se résignaient à n’exploiter que leurs paysages, leurs atouts touristiques, leur tarte aux bleuets et leur tourtière, que resterait-il de ce royaume isolé sur un océan d’épinettes ? Que deviendraient nos institutions d’enseignement, nos centres de recherche, nos infrastructures, notre offre commerciale et notre qualité de vie ? Qu’aurions-nous à offrir aux générations futures, sinon une pourvoirie où nos enfants reviendraient une fois l’an pour s’imprégner de nostalgie, au pays de la pêche blanche, de « l’Alcan » et de leur jeunesse ?

Qu’arrivera-t-il de nous, si nous acceptons notre déclin ?

Chroniques

Souvenirs du mur

CHRONIQUE / Quand je vois des reportages consacrés à la chute du mur de Berlin, un événement dont on souligne le 30e anniversaire aujourd’hui, mes souvenirs me ramènent à l’époque où j’ai fréquenté ce triste monument. Entre 1983 et 1986, j’ai effectué quatre séjours dans cette ville, auxquels se sont greffés deux voyages d’une durée de deux semaines chacun, dans ce qu’on appelait la République démocratique allemande (RDA).

Mon premier contact avec le mur est survenu en mai 1983. J’étais monté sur une plateforme dressée près du Reichstag, l’ancien parlement qui a retrouvé cette fonction après la réunification du pays. J’ai vu la partie de l’ouvrage qui serpentait du côté ouest, dont la sévérité était atténuée par une nuée de graffitis. Plus loin, il y avait l’autre mur, celui qui entravait les Allemands de l’Est, et entre les deux, un terrain balisé par des miradors et des obstacles en forme de croix.

Éditoriaux

Il faut resserrer les règles

ÉDITORIAL / L’administration municipale de Saguenay ne doit pas attendre qu’un événement malheureux se produise pour agir. Lundi soir, comme c’est le cas depuis plusieurs mois, la séance publique du conseil a donné lieu à des débordements lors de l’interminable période réservée aux questions du public. Cette fois-ci, un citoyen a dû être escorté par deux policières pour des gestes et des propos menaçants envers de jeunes collégiens venus s’exprimer au nom du développement durable et de l’environnement. Le mois dernier, ce même individu avait pris la parole au micro pour insulter de façon inacceptable les élus.

Certes, de tels événements sont isolés, mais ils découlent d’une variable qui est de plus en plus tangible lors de ces assemblées publiques : l’émotion des citoyens.

Éditoriaux

Sur quelle planète vivons-nous ?

ÉDITORIAL/ Il n’y a qu’à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay que de telles aberrations se produisent : une centaine de personnes, du milieu de l’éducation par surcroît, se déplacent en masse pour offrir une ovation à une femme déclarée coupable sur toute la ligne de harcèlement psychologique. Et cette dernière qui accueille fièrement les encouragements, avant d’ajouter sans gêne qu’elle gardera la tête haute malgré les quelque 2 millions de dollars que son entêtement aura coûté aux contribuables de Saguenay. Une apologie incroyable de tout ce que nous dénonçons depuis des années, à savoir l’intimidation, l’abus de pouvoir et l’usage injustifiable des deniers publics. Mardi soir, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a été le théâtre d’un spectacle misérable, où des adultes supposément responsables ont choisi de troquer leur uniforme de professionnels pour le costume de l’Arlecchino, ce bouffon issu de la commedia dell’arte.

Éditoriaux

Ouvrons-la, cette boîte de Pandore

ÉDITORIAL / Il y aura bientôt 18 ans que le nom de Saguenay a été adopté afin d’identifier la principale ville de la région. Le temps a fait son œuvre et la contestation s’est apaisée, certes, mais encore aujourd’hui, des voix s’élèvent et réclament un retour en arrière afin de faire revivre le toponyme Chicoutimi, lequel a été écarté lors d’une consultation publique en 2002. Consultation qui, avouons-le, s’est déroulée dans un contexte hautement sensible où la réussite de la fusion a eu préséance sur le caractère historique du nom de la grande ville. Près de deux décennies plus tard, y a-t-il lieu de rouvrir le débat et d’aborder la question sur une base plus sérieuse et moins émotive ?

La réponse facile à cette question serait de dire non ; de répéter que le nom de Saguenay est aujourd’hui assimilé et qu’il y a moult dossiers plus importants à gérer en ce moment.

Éditoriaux

Plus de rigueur, s’il vous plaÎt

ÉDITORIAL / Comment se fait-il que Saguenay donne l’impression d’être aussi brouillon dans le dépistage de plomb dans l’eau potable des citoyens ? Comment peut-on avoir ainsi banalisé les tests requis conformément au Règlement sur la qualité de l’eau potable dans les municipalités du Québec, alors qu’à long terme, le plomb a des effets aussi néfastes que l’hypertension artérielle, le dysfonctionnement rénal, les fausses couches, les naissances prématurées, trouble du déficit de l’attention, baisse du quotient intellectuel et retards de développement ?

Dans son édition du 24 octobre, Le Devoir publiait un reportage inquiétant, fruit d’une enquête conjointe de ses journalistes, de l’Université Concordia et de Global News. Selon les faits rapportés par le journal montréalais, il est évident que des responsables de la vérification de l’eau sur le territoire ont sous-estimé l’importance de leur mandat, soumettant aux autorités des rapports bâclés, année après année. Entre autres éléments, l’administration municipale de Saguenay aurait négligé d’inclure, dans son rapport de 2017, des dépassements de normes répertoriés. « En 2017, la Ville avait trouvé 140 ppb (quatorze fois la norme québécoise) de plomb au robinet de la cuisine de l’école primaire Sainte-Bernadette, et un test au Cégep de Chicoutimi atteignait 12 ppb. Or, la Ville n’a pas inclus ce dépassement dans son bilan annuel », peut-on lire dans Le Devoir. 

Dans un communiqué transmis vendredi, la Ville s’est défendue d’être négligente, insistant sur la conformité de ses tests et de ses suivis obligatoires. Il demeure néanmoins que dans les rapports fournis au ministère de l’Environnement, de 2016 à 2018, ce sont toujours les mêmes neuf adresses qui apparaissent comme référence, alors que Québec exige que les tests soient effectués à des endroits différents d’une année à l’autre. Laxisme ? Erreur dans la rédaction des rapports ? Je-m’en-foutisme ? Quelle que soit la raison qui explique cette situation, il ne fait aucun doute qu’un employé, quelque part dans l’appareil municipal, ne s’est pas acquitté de sa tâche de façon rigoureuse. Et ce genre d’omission ne peut être prise à la légère puisqu’elle sème le doute sur le professionnalisme de ceux et celles qui ont pour mandat de servir leurs concitoyens. 

Toujours dans son communiqué, la Ville affirme que l’eau qui sort de ses usines de traitement est « exempte de plomb et d’excellente qualité ». Le contraire aurait été stupéfiant ! Mais là n’est pas le débat. Le problème réside dans le sérieux qui est dévolu aux activités essentielles de la Ville. Et en ce moment, tout indique que pour certains fonctionnaires, les rapports officiels — qui sont d’une importance capitale — sont réduits à l’état de paperasserie insignifiante et futile. C’est là que le bât blesse. 

Maintenant, faut-il blâmer les élus pour ce dossier qui fait rayonner Saguenay, pour les mauvaises raisons, à travers tout le Québec ? Sincèrement, il y a un sérieux problème lorsque le conseil de ville ne peut plus faire confiance à sa fonction publique pour des tâches aussi simples que de rédiger un rapport soigné, qui répond à toutes les exigences l’État. Le « copier-coller » et les coins ronds ne peuvent être tolérés dans les circonstances. Aussi appartient-il aux conseillers et à la mairesse Josée Néron de serrer la vis et de faire en sorte qu’il n’y ait aucune marge de manoeuvre quant à la qualité des rapports que nous soumettons aux instances gouvernementales. Il s’agit de notre image, certes, mais encore plus de notre sécurité, comme dans le cas du dépistage de plomb dans l’eau potable.

Opinions

Josée Néron sur le Red Bull

ÉDITORIAL / Force est de constater que la mairesse Josée Néron a retrouvé ce ton et cette assurance qui lui ont permis de tenir tête à son prédécesseur Jean Tremblay, pendant quatre ans, puis à se faire élire à la barre de la plus importante ville au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pendant les deux premières années de son mandat, la mairesse a multiplié les interventions approximatives et les faux pas ; elle a aussi eu du mal à asseoir son autorité et à s’élever telle la guerrière que tous espéraient. Elle a ménagé la chèvre et le chou dans les dossiers de Ghislain Harvey et de l’avocat Louis Coulombe, empruntant la voie de la diplomatie plutôt que de les affronter à la vie à la mort, une stratégie que la population aurait pourtant appuyée sans réserve. Il y a eu également le projet d’Amphithéâtre+, qui s’est écroulé tel un château de cartes. Mais depuis six mois, il semble que son attitude a changé du tout au tout. Quelle mouche l’a donc piquée ?

Il est permis de croire que l’arrivée de l’ancien député Stéphane Bédard au sein de sa garde rapprochée, comme consultant, a eu l’effet d’un Red Bull sur Josée Néron. Les conseils de ce dernier ont sans doute servi la mairesse, laquelle est visiblement plus adroite dans ses sorties publiques depuis un certain temps.

Éditoriaux

De quel bois se chauffent nos élus

ÉDITORIAL / Lundi, pour la première fois depuis 2006, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a choisi de s’exprimer à Ottawa à travers le filtre de l’opposition. Est-ce dire que nous souffrirons d’un douloureux et interminable lendemain de veille, une fois disparue l’ivresse de la campagne ? Ou au contraire, que nous jouirons d’une position avantageuse dans le contexte d’une gouvernance minoritaire qui aura nécessairement besoin de l’appui du Bloc québécois ? Une chose est certaine : nous saurons bien assez tôt de quel bois se chauffent nos nouveaux émissaires à la Chambre des communes.

Il est déjà acquis que le conservateur Richard Martel sera, encore une fois, condamné à l’objection systématique des actions libérales. Sans doute également, une partie de son mandat sera occupée par l’éventuel départ et le remplacement du chef Andrew Scheer, qui a creusé sa propre tombe face à un adversaire pourtant très vulnérable. Même si M. Scheer s’est accroché désespérément à son poste, mardi, il serait plus qu’étonnant que le parti lui pardonne cet échec et lui accorde une seconde chance. En tout cas Richard Martel, lui, n’a pas hésité à écorcher publiquement son chef moins de 24 heures après le dépouillement des votes, lui reprochant sans détour de ne pas avoir mené une bonne campagne.