Éditoriaux

Que les hostilités débutent

ÉDITORIAL / S’il est une chose qui ne fait aucun doute, c’est que la campagne fédérale qui s’annonce sera l’une des plus captivantes des vingt dernières années.

Non pas parce que la bataille qui se prépare oppose deux formations qui sont actuellement au coude-à-coude ; non pas parce que le Bloc québécois semble renaître de ses cendres avec l’arrivée d’un chef charismatique et d’un communicateur hors pair en la personne d’Yves-François Blanchet ; pas non plus parce que le Nouveau Parti démocratique sera intéressant à voir évoluer au Québec avec, soyez-en certains, une présence très limitée de son chef Jagmeet Singh, en plein débat sur la laïcité; non pas parce que le Parti vert tentera sans relâche de s’approprier la cause du développement durable, l’un des enjeux phares de cette élection. Non, cette campagne fédérale pourrait surtout passer à l’histoire en raison de l’acrimonie des affrontements et de la violence des attaques. Candidats de partout au Québec, toutes allégeances confondues, affûtez vos glaives et sortez les boucliers, car la guerre est sur le point de s’amorcer.

Opinions

Bienvenue dans la cour des grands

ÉDITORIAL / Il y a de ces histoires qui inspirent ; qui démontrent qu’en se regroupant et en faisant preuve d’une détermination inébranlable, tout est possible. Une trentaine de producteurs de bleuets du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont écrit une page d’histoire, jeudi, en annonçant le démarrage d’une nouvelle usine de congélation dans le secteur de Normandin. Les instigateurs de la démarche estiment qu’en étant ainsi maîtres de leur destinée, ils obtiendront davantage pour leur production. Le temps leur donnera peut-être raison, peut-être tort, mais une chose est certaine : il faut saluer leur décision de se retrousser les manches et d’agir.

Au cours des dernières années, une grogne sans cesse croissante s’est installée chez les producteurs de bleuets de la région. Les partenariats d’antan ont cédé la place à une méfiance irréconciliable pour certains. Les prix à la baisse, année après année, n’ont fait qu’alimenter cette dualité.

Éditorial

Taire le suicide avant qu’il frappe

ÉDITORIAL / La mort du policier Patrick Bigras, de la Sûreté du Québec, ne doit pas se résumer à une série d’articles éphémères, puis tomber dans l’oubli comme tant de récits et faits divers qui meublent l’actualité quotidienne. Cette mort, ce suicide, doit susciter une réflexion collective sur la détresse psychologique. Elle rappelle que nul n’est à l’abri du désespoir et que notre société doit se doter de mécanismes plus efficaces pour venir en aide à ceux et celles qui n’arrivent plus à voir la lumière au bout du tunnel.

L’agent Bigras a été le premier à voir les corps mutilés des enfants de Guy Turcotte, il y a une décennie. Dans le cadre de ses fonctions, il a été témoin de la plus atroce des scènes de crime qu’on puisse imaginer ; sa mémoire a été marquée à jamais des images les plus effroyables qui soient.

Éditorial

Convaincre Legault

ÉDITORIAL / Se peut-il que le principal joueur à convaincre dans le dossier d’un centre multifonctionnel, avec un amphithéâtre pour le hockey, au coeur de Chicoutimi, soit le premier ministre François Legault ?

Plus d’une semaine après les conclusions d’une analyse sur l’avenir de l’ancienne zone ferroviaire du centre-ville de Chicoutimi, un terrain désaffecté depuis un demi-siècle, il faut bien se rendre à l’idée que la clé de la réalisation est entre les mains du gouvernement caquiste.

Éditorial

Le contribuable a été ignoré

ÉDITORIAL / Imaginez le pire des scénarios. Donnez-le ensuite au pire des réalisateurs, en lui suggérant de faire appel aux pires acteurs. Soit les spectateurs croiront que le récit était, en fait, une comédie de mauvais goût, soit ils comprendront que vous leur avez littéralement manqué de respect, avec raison. Et au bout du compte, vous aurez dépensé des centaines de milliers de dollars pour un film qui passera à l’histoire pour sa médiocrité. À la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, c’est exactement ce qui risque de se passer dans les prochaines semaines.

D’abord, il faut garder en tête que la saga juridique impliquant l’ancienne directrice générale Chantale Cyr et son ancien employeur n’est pas terminée.

Éditorial

Où était le conseiller Côté ?

ÉDITORIAL / Où diable était-il, le conseiller municipal responsable du district numéro 8 ? Que faisait-il de si important, mercredi après-midi, pour justifier son absence d’un point de presse qui concerne directement son secteur, une rencontre médiatique qui a duré à peine 30 minutes ?

Non seulement Simon-Olivier Côté aurait-il dû être présent lors de la présentation des résultats de la consultation publique sur l’avenir de la zone ferroviaire de Chicoutimi, il avait le devoir d’exposer sa vision du développement qu’il souhaite pour le quartier qu’il représente. En tant que mandaté des citoyens du secteur, il aurait même dû s’imposer comme le porteur officiel du dossier, et ce, depuis le départ, une responsabilité que lui aurait cédé volontiers le président d’arrondissement, Michel Tremblay. Or, mercredi, c’est ce dernier qui a dévoilé les résultats de la consultation et qui s’est prêté à la séance de questions des journalistes.

Éditorial

L’inattendu destin de la camerise

ÉDITORIAL / Après une douzaine d’années de promesses et d’espoir, il est intéressant de voir l’industrie de la camerise s’épanouir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À l’époque, en 2007 pour être précis, quiconque prédisait un avenir radieux pour ce petit fruit nordique s’exposait au scepticisme de ses interlocuteurs. Les initiés étaient pourtant convaincus et aujourd’hui, il est à propos de dire que le temps leur a donné raison. Et cela est une excellente nouvelle pour la région.

La première fois que j’ai entendu parler de ce fruit, c’était en février 2007, à Saint-Bruno, dans le cadre d’un colloque sur la gestion agricole. Agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), André Gagnon donnait l’impression d’être un prophète parmi les incrédules, vantant les multiples propriétés bénéfiques de la camerise. Pourtant, déjà, il évoquait le potentiel de la camerise pour capitaliser davantage sur les installation régionales destinées à la congélation du bleuet sauvage, emblème du Royaume.

Éditoriaux

Une grande réussite collective

ÉDITORIAL / Quand on le veut, on le peut. En campagne électorale, le premier ministre François Legault avait promis d’appuyer financièrement le projet du Patro de Jonquière et jeudi, il a tenu parole.

Certes, il ne s’agit pas d’un investissement de centaines de millions de dollars. Non, la somme consentie par le gouvernement est d’à peine 2 millions. Pourtant, chaque centime de ce montant sera, pour la Coalition avenir Québec, un véritable concentré de capital politique et surtout, un gage de crédibilité lors du prochain scrutin.

Éditoriaux

Saguenay doit collaborer

ÉDITORIAL / Quand tout le monde parle en même temps, on en vient à perdre le fil des discussions ; à mélanger les choses. Aussi est-ce dans ces moments de cacophonie que nous risquons le plus de mal interpréter un propos ou l’intention qu’il véhicule. Et c’est un peu ce qui se passe en ce moment dans le débat entourant la position de Saguenay en regard des grands projets industriels.

Par où commencer ? D’abord, il est rassurant de voir une portion de la population saguenéenne prendre la peine de se déplacer, un soir de semaine, pour porter le message écologique ; des personnes animées, pour la plupart, d’un discours articulé et clairement étoffé. Parce que personne ne peut prêcher contre la vertu : aucun projet industriel ne devrait être soutenu par les élus de façon aveugle et inconditionnelle. Il est également crucial de demeurer sceptique, curieux. Bref, les élus qui nous représentent ne doivent en aucun cas être obnubilés par la prospérité au point de sacrifier tout le reste, y compris l’environnement. Et il n’y aura sans doute jamais trop de chiens de garde pour leur rappeler ce devoir.

Éditorial

Encore remis aux calendes grecques

ÉDITORIAL / C’est à se demander si les enfants de nos enfants auront le privilège de rouler sur une autoroute régionale qui reliera enfin les deux principales villes de la région. Jamais un chantier routier n’a semblé si complexe ; tellement qu’après plus de quatre décennies, les automobilistes sont encore accueillis au Lac-Saint-Jean par une route qui se rétrécit à la hauteur de Saint-Bruno et où les risques de collisions frontales, notamment en saison hivernale, sont accrus.

Après des années de discussions, de compromis et de négociations avec les agriculteurs pour en arriver à un consensus quant au tronçon jeannois de l’autoroute, le ministère s’apprête à amorcer un « travail de réactualisation » du dossier, pour reprendre les termes du député de Lac-Saint-Jean à l’Assemblée nationale, Éric Girard. Concrètement, il faut comprendre que les travaux sont, une fois de plus, repoussés aux calendes grecques.

Éditorial

Saguenay, mets-toi belle !

ÉDITORIAL / La situation décrite par la journaliste Patricia Rainville dans notre édition de vendredi, concernant l’état lamentable des lieux à la Zone portuaire de Chicoutimi, ne peut laisser quiconque insensible. Surtout pas les conseillers municipaux, dont l’une des tâches premières est de faire en sorte que leur ville soit propre et invitante, particulièrement à l’aube de la saison estivale. N’y a-t-il pas moyen d’administrer les fonds publics de façon serrée sans pour autant faire figure de pauvres et de négligents aux yeux de tous les citoyens et les touristes ?

Saguenay est la capitale du Saguenay–Lac-Saint-Jean ; la locomotive économique de sa région. Elle est l’une des principales villes du Québec, et les attraits qu’elle propose sont de calibre national, voire international. Dans les prochaines semaines, ils viendront de partout pour vivre au rythme de ses festivals et découvrir ses périphéries. Ils séjourneront dans la grande ville avant de prendre le chemin du Lac-Saint-Jean. Puis, ils reviendront quelques jours avant de repartir.

Éditorial

Le combat de tout le monde

ÉDITORIAL / Le maire Marc Asselin n’est pas homme à s’insurger publiquement. Encore moins à tirer à boulets rouges sur le plus important citoyen corporatif d’Alma, lui réclamant des investissements massifs par l’entremise des médias. Visiblement, les limites de sa patience ont été atteintes et n’en doutez pas, l’écho de sa récente sortie publique a résonné jusqu’aux quartiers généraux de la multinationale, à Londres.

Plus tôt cette année, le maire d’Alma a accueilli froidement le mouvement amorcé par le conseiller municipal Jean-Marc Crevier, de Saguenay, concernant la taxation des barrages hydroélectriques sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Lors du lock-out de 2012 à l’usine d’électrolyse d’Alma, il n’avait pas appuyé formellement les travailleurs, préférant jouer le rôle de médiateur entre la direction de Rio Tinto et les représentants syndicaux. Malgré la critique dont il a fait l’objet de la part des employés, il est demeuré intraitable et a maintenu jalousement sa neutralité.

Éditorial

L’UQAC de la rectrice

ÉDITORIAL / Malgré ses cinquante années d’existence et le rôle de leader du savoir qu’elle assume au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Université du Québec à Chicoutimi doit constamment se battre pour assurer son avenir et s’épanouir au rythme des connaissances et de la recherche. L’établissement a vécu ses crises et ses revers. Les coupes budgétaires répétées, les déchirements internes, la compétition avec les grandes universités et la décroissance démographique ne sont que quelques-unes des embuches avec lesquelles l’institution a dû composer au cours des dernières années. Il y aura d’autres défis à relever, mais aujourd’hui, la direction estime avoir les outils nécessaires pour propulser l’UQAC vers de nouveaux sommets.

Le 22 juin 2017, un nouveau chapitre de l’histoire de l’UQAC s’amorçait avec la nomination de Nicole Bouchard au poste de rectrice. Déterminée à remplir ses engagements, elle a fait maison nette à la haute direction de l’université, puis a ouvert six postes de gestion de second niveau. Cette structure, qu’elle présente tel son « socle de gestion », fait en sorte que dorénavant, le futur de l’établissement ne repose plus sur quelques individus, mais plutôt sur une équipe multidisciplinaire, où chaque élément a une importance significative.

Éditorial

Rêver à nouveau la Véloroute

ÉDITORIAL / Le préfet de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, dit vrai lorsqu’il évoque la nécessité de revoir en profondeur le financement de la Véloroute des Bleuets, un circuit cyclable de 256 kilomètres qui, chaque printemps depuis des années, donne l’impression de ne plus être l’ombre de ce qu’il a déjà été.

L’activité cycliste poursuit son essor au Québec et ailleurs, avec l’arrivée des vélos électriques qui démocratisent encore davantage l’industrie. Chaque jour, les adeptes de partout sur la planète ratissent le Web afin de trouver leur prochaine destination de voyage, qu’ils soient athlètes ou simples amateurs de randonnées en famille. Parallèlement à la croissance de cet immense pactole touristique, plusieurs régions au pays se sont organisées afin d’offrir des circuits de qualité internationale. La Véloroute des Bleuets aspirait jadis à devenir l’un de ces parcours incontournables, duquel les gens reviennent enthousiasmés, la tête pleine de souvenirs impérissables et d’images à faire rêver. Ces gens-là, autrefois, se promettaient de revenir et surtout, partageaient leur expérience avec d’autres cyclistes. À l’ère des médias sociaux, nul ne peut négliger l’impact de ce type d’ambassadeurs. Encore moins lorsque l’industrie est en pleine émergence et que les joueurs se multiplient aux quatre coins du pays.

Pierre Jury

Francophonie: quel héritage?

ÉDITORIAL / La nouvelle secrétaire générale de la Francophonie vient de passer quelques jours à Ottawa et au Québec, où elle a tenu dans ses discours les idées reçues associées à sa fonction. Ainsi, Louise Mushikiwabo a défendu le partage de la richesse, notamment, et a milité pour la place des femmes et le développement de l’Afrique dans l’échiquier mondial.

Mme Mushikiwabo a ainsi réitéré les grands principes défendus par Michaëlle Jean, de qui elle a hérité le poste à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Éditoriaux

Bienvenue à la pourvoirie

ÉDITORIAL / Le projet d’aménagement d’une usine de liquéfaction du gaz naturel à Saguenay a suscité un débat qui dépasse largement les frontières du Saguenay-Lac-Saint-Jean. De partout en province, de plus en plus de voix s’élèvent contre le promoteur, si bien que certains craignent désormais de se prononcer en faveur de cet investissement. Ceux qui osent s’aventurer dans cette voie savent qu’ils risquent d’être qualifiés d’hérétiques, d’obtus, de négationnistes, de « trumpistes ». Des ignares de petites régions, également.

Les gens des « régions ressources », comme le dit la députée Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire, devraient ouvrir les yeux et dire non au projet ; ils devraient réaliser que leur avenir ne dépend plus de l’industrie lourde, mais plutôt des circuits en agriculture, de l’utilisation responsable du bois d’œuvre, de la biomasse… Dans sa lettre publiée vendredi, elle compare les emplois de la cimenterie McInnis de Port-Daniel à ceux, beaucoup moins payants, des Serres Toundra de Saint-Félicien. Sait-elle seulement que l’entreprise jeannoise peine, depuis son ouverture, à embaucher des travailleurs québécois, si bien qu’elle doit recourir à la main-d’œuvre étrangère pour maintenir ses opérations ? La chef solidaire évoque même l’apocalypse : « Laissées à l’abandon, ses infrastructures serviront de plaque commémorative à l’échec d’un vieux modèle de développement, qui donne tout aux multinationales étrangères des ressources naturelles et qui ne laisse rien aux gens d’ici quand elles partent. »

Éditoriaux

Un coup de gueule rassurant

ÉDITORIAL / La sortie publique des conseillers Michel Potvin, Jean-Marc Crevier, Raynald Simard et Michel Tremblay, lundi, a de quoi réjouir les contribuables de Saguenay à maints égards. Ce n’est pas tant qu’ils aient dénoncé la hausse fulgurante du prix de l’asphalte qui étonne, mais plutôt qu’ils aient choisi d’aviser aussi spontanément la population de ce qu’ils qualifient d’incohérence. Leur coup de gueule, quelques instants à peine avant la tenue de la séance régulière du conseil, était improvisé et cinglant tel un uppercut pour les entreprises locales qui ont déposé des soumissions afin d’effectuer les travaux de pavage. Peut-être un peu trop, d’ailleurs. Par contre, ce coup de gueule témoigne du sérieux qu’ils accordent à l’administration des fonds publics, et rien que pour ça, il y a lieu de leur lever notre chapeau.

Il est beaucoup trop tôt pour crier au scandale ou à la collusion. Tel que le rapportait le journaliste Denis Villeneuve, dans notre édition de mercredi, les compagnies concernées semblent en mesure de fournir des explications légitimes quant à leur soumission respective. L’analyse du dossier déterminera qui a raison et qui a tort dans cette affaire, mais là n’est pas l’objet de cet éditorial.

Éditoriaux

Impossible de faire pire

ÉDITORIAL / La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay s’ennuyait-elle de la controverse ? Sous quel prétexte le conseil des commissaires a-t-il jugé nécessaire — et urgent — d’octroyer un contrat de cinq ans à sa nouvelle directrice générale, Johanne Allard, alors que le litige juridique entre l’organisation et son ancienne directrice, Chantale Cyr, est encore débattu devant la justice ? Surtout, comment a-t-on pu s’engager pour une période si longue, alors que le gouvernement du Québec entend déposer un projet de loi sur l’abolition des commissions scolaires dès l’automne 2019 ?

Le contrat accordé à Johanne Allard s’inscrit dans la longue liste des décisions douteuses répertoriées au cours des dernières années à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, une structure qui, rappelons-le, a été soumise à un examen rigoureux — et non moins humiliant — du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec.

Éditoriaux

Le Palace doit être rénové coûte que coûte

ÉDITORIAL / Il y a de ces projets qui ne peuvent être abandonnés, quelles que soient les embûches et les imprévus qui se dressent sur le chemin de leur réalisation. Celui du Palace Théâtre Arvida en est un, et il faut se réjouir de voir le conseil municipal de Saguenay remuer ciel et terre pour combler l’importante explosion des coûts qui est rapportée dans nos pages ce matin, sous la plume de la journaliste Mélanie Côté.

Érigé en 1927, ce bâtiment patrimonial, témoin de l’arrivée des premières salles de cuves d’Alcan, constitue un des joyaux architecturaux appartenant non seulement à Arvida ou à Saguenay, mais bien à toute la région. Son destin ne peut se résumer à des dépassements de coûts de quelque 2,8 millions de dollars.

Opinions

Gouvernez, SVP!

ÉDITORIAL / Élus de Saguenay, pouvez-vous gouverner, SVP ?

La situation à l’hôtel de ville de Saguenay est telle qu’il est pertinent de se demander si des conseillers pensent davantage à faire tomber l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) et la mairesse Josée Néron que de s’atteler à la tâche.

Éditoriaux

À quand LE gros projet ?

ÉDITORIAL / Pour une compagnie comme Rio Tinto, il y aura toujours une bonne raison de ne pas augmenter sa production. En 2005, c’était le mode opérationnel qui n’était pas adapté à l’industrie mondiale. En 2009, c’était le marché qui était instable, au lendemain de la crise économique. En 2012, les mauvaises relations de travail à Alma ont mené à un lock-out de six mois. Jusqu’à récemment, l’imposition de tarifs douaniers par l’administration américaine de Donald Trump et l’éventualité de quotas d’exportation ont refroidi les ardeurs de la multinationale. Chaque fois, le contexte justifiait les craintes de la direction, mais le monde des affaires étant ce qu’il est, il faudra, un jour ou l’autre, que la compagnie prenne le risque de se lancer corps et âme vers l’avenir. Et cet avenir, en Amérique du Nord, il est ici au Québec, plus particulièrement au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il y aura toujours des cycles dans le domaine de l’aluminium, influençant le prix à la tonne ainsi que la demande envers celui-ci. Or, contrairement à d’autres productions, celle du métal gris requiert des usines d’électrolyse à la fine pointe de la technologie. Des installations qui nécessitent plusieurs années à ériger et qui ont besoin d’un certain rodage avant d’être totalement opérationnelles. Dans l’univers de l’aluminium, il faut réfléchir sur la base des décennies à venir, et non dans une optique immédiate. Il faut certes de l’argent, mais aussi de la vision et du courage.

Éditoriaux

Les sables mouvants

ÉDITORIAL / Encore une fois, Josée Néron s’est avancée tête baissée dans les sables mouvants plutôt que d’élaborer une stratégie qui lui aurait permis de les contourner. Résultat : la mairesse de Saguenay est maintenant embourbée jusqu’à la taille et doit concentrer l’essentiel de ses efforts à sortir indemne d’un autre affrontement avec les conseillers indépendants de Saguenay.

Il n’y a pas de mal à imposer ses choix lorsqu’on est maire ou mairesse d’une ville comme Saguenay, bien au contraire. Même chose lorsqu’il est question d’orientations, de projets et de vision d’avenir. Mettre un poing sur la table est même parfois souhaitable pour renforcer son statut de chef d’assemblée, une fonction que la population a, rappelons-le, accordée à la mairesse avec une forte majorité. Bref, des fois, il est nécessaire de réitérer à tous qui est le « boss ».

Éditoriaux

Cet été, cap sur la région

ÉDITORIAL / La saison des bières et apéros sur le patio arrive à grands pas, comme celle du barbecue en bonne compagnie, de la baignade et des sorties estivales. Alors que nous sommes tous à prévoir la période de vacances, pourquoi ne pas s’imposer, cette année, une variable obligatoire : celle d’intégrer au moins une caractéristique locale à nos activités ?

Ce n’est pas nouveau : l’herbe semble toujours plus verte chez le voisin. Nous sommes tous, à un moment ou un autre, tentés de regarder ce qui se passe au-delà de l’océan d’épinettes qui nous entoure et qui nous sépare des autres régions du Québec. Or, qui peut se targuer d’avoir entièrement savouré, dégusté, admiré le Saguenay–Lac-Saint-Jean et ses innombrables richesses ? Qui peut se vanter d’avoir vu tout ce qu’offre ce Royaume, qui n’a rien à envier à aucun autre territoire ?

Éditoriaux

Le prix à payer

ÉDITORIAL / Il n’est jamais trop tard pour bien faire ; c’est vrai. Par contre, il faut être plutôt naïf pour croire que la direction d’Arianne Phosphate renoncera à la construction d’un terminal portuaire sur la rive nord du Saguenay, à cette étape de son projet. Désormais, cet élément fait partie intégrante du plan d’affaires de l’entreprise et est indissociable de sa concrétisation.

Un troisième port sur le Saguenay aura-t-il un impact visuel pour les kayakistes et pour les résidants de Saint-Fulgence ? C’est évident. Est-ce que sa construction éventuelle fait l’unanimité ? Non. Aucun projet de ce type n’obtient la faveur de tous.

Éditoriaux

L’héritage d’une gestion efficace

ÉDITORIAL / Toute proportion gardée, plusieurs villes, dont Saguenay, auraient bien des raisons de rougir devant Alma, qui récolte le fruit de deux décennies d’administration prudente des deniers publics. Non seulement la capitale jeannoise termine l’année avec un autre surplus, qui s’élève cette fois-ci à 5,2 millions de dollars, mais elle a réussi à réduire sa dette à long terme pour atteindre une charge de 962 $ par habitant. Aux fins de comparaison, chaque citoyen saguenéen porte sur ses épaules une dette de 3023 $ en ce moment, et la situation ne cesse de se détériorer. Mais comment expliquer la prospérité d’Alma, alors que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en pleine décroissance ?

Pour savoir où l’on va, il faut d’abord savoir d’où l’on vient. Une bonne partie de la réponse réside dans ce proverbe. Ramenons-nous à la fin des années 1990, alors que Jean-Maurice Harvey était maire et qu’Alcan annonçait la construction de l’usine d’électrolyse la plus moderne au monde, en sol almatois. À l’époque, les dirigeants municipaux auraient pu être obnubilés, se lancer dans les grands chantiers de développement, dépenser sans compter. Or, en 1999, l’administration Harvey a plutôt choisi d’utiliser ses nouveaux revenus pour affranchir Alma de sa dette à long terme. Naissait alors la politique d’emprunt zéro, un dogme épousé par le successeur de Jean-Maurice Harvey, Gérald Scullion, en 2003. En l’espace d’à peine dix ans, ladite dette est passée de 46 millions à moins d’une dizaine de millions de dollars.

Éditoriaux

Ce visage qui crie à l’aide

ÉDITORIAL / La planète a arrêté de tourner cette semaine, une autre fois. Une enfant a été laissée à elle-même, dans les conditions les plus abjectes qui soient. Une fillette de 7 ans, vulnérable comme le sont tous les jeunes de son âge ; belle et souriante ; pure et innocente. Le monde étant ce qu’il est, à l’ère des médias sociaux, presque tous ont vu son visage et celui de ceux qui n’ont pas su veiller sur elle. Lorsque la douleur est si vive et que la colère est si violente, pensez-vous sincèrement que la loi sur la protection de l’identité des victimes d’âge mineur, respectée par les médias traditionnels, suffise à taire la révolte des témoins du drame ?

Cette tragédie n’est pas sans rappeler celle de juin 2016, à Saguenay, alors qu’un bambin de 22 mois a lui aussi été abandonné par le système, malgré les signalements répétés. Comme en ce moment, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a été clouée au pilori. Un rapport accablant de la Commission des droits de la personne a suivi, confirmant les énormes défaillances du modèle actuel.

Éditoriaux

Vouloir davantage que les miettes

ÉDITORIAL / Le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean repose sur une longue histoire marquée par le courage et le labeur de nos ancêtres, certes, mais aussi par l’innovation, la combativité et l’ingéniosité de ceux qui leur ont succédé. Maintes fois aurait-il été si simple de lancer la serviette devant l’adversité, mais la région a toujours préféré s’adapter, jusqu’à devenir une référence planétaire dans moult secteurs d’activités. Le mariage entre la grande industrie et l’environnement est l’un de ces domaines où nous excellons mieux que quiconque. Nos forêts sont exploitées avec rigueur et souci du développement durable, ce qui n’a pas toujours été le cas ; notre aluminium est aujourd’hui le plus vert au monde, malgré une forte opposition militante contre Alcan, à l’ère des cuves Söderberg. Oui, nos principales industries ont évolué au rythme de notre monde et en harmonie avec les valeurs qui le composent. Et c’est loin d’être fini.

C’est qu’au Québec, non seulement les gouvernements imposent-ils aux compagnies des règles strictes, mais le milieu est lui aussi aux aguets afin que les grands projets soient constamment bonifiés. Nous avons encore une fois été témoins de ce réflexe essentiel à notre devenir collectif, mardi, alors que le conseiller municipal de Saguenay, Jean-Marc Crevier, a lancé l’idée de valoriser la chaleur résiduelle de l’éventuelle usine de liquéfaction du gaz naturel Énergie Saguenay. Selon lui, cette chaleur permettrait d’alimenter d’autres entreprises susceptibles de s’installer au port de Grande-Anse.

Éditoriaux

Tout est dans le +

ÉDITORIAL / La consultation populaire sur l’avenir de la zone ferroviaire de Chicoutimi bat son plein et, comme il fallait s’y attendre, certaines idées étonnantes commencent à émerger de cette réflexion collective. À la fin du processus, le conseil devra trancher, certes, et il y a bien des chances que leur décision ne fera pas l’unanimité. Néanmoins, l’exercice auquel il convie la population permettra non seulement aux élus de bonifier leur projet, mais il leur donnera également le temps de l’articuler et de le présenter convenablement.

Tous s’entendent pour dire que la présentation du projet Amphithéâtre +, le 21 août 2018, était une initiative précipitée et unilatérale de la mairesse Josée Néron. L’absence de la presque totalité des conseillers lors de l’événement témoignait, à elle seule, d’une démarche bâclée, à laquelle trop peu de gens adhéraient à l’époque. Sur le plan esthétique, la présentation était impeccable. Or, sans appui, dans un contexte politique et financier difficile, le projet dans sa forme initiale était voué à l’échec. Aussi a-t-il été mis sur la glace.

ÉDITORIAUX

La bonne vieille recette

ÉDITORIAL / C’est à se demander comment Justin Trudeau fera pour tourner la page sur la saga impliquant les dissidentes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, aujourd’hui expulsées du cabinet libéral. Le premier ministre et son entourage immédiat, comme tous les députés du parti, ne peuvent plus avancer davantage vers le scrutin dans une logique qui a toute l’apparence d’une mutinerie, voire d’un putsch.

De passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean jeudi, le premier ministre a été contraint de commenter, une fois de plus, le dossier de SNC-Lavalin. Comme un feuilleton qui refuse de s’essouffler, chaque journée apporte son lot de retournements spectaculaires. Cette semaine n’a pas fait exception alors que le Toronto Star et CBC ont levé le voile sur les exigences formulées par Jody Wilson-Raybould afin de mettre un terme à l’affrontement public qu’elle a engendré. Non seulement l’ex-ministre de la Justice réclamait-elle le congédiement des trois principaux stratèges de Justin Trudeau, soit Gerald Butts, Michael Wernick et Mathieu Bouchard, elle sommait également le premier ministre d’admettre qu’il a fait pression, de manière inappropriée, sur le système judiciaire. Elle demandait enfin que le cabinet garantisse le maintien de sa décision dans l’affaire SNC-Lavalin, ce qui entre en complète contradiction avec les grands principes qu’elle prétend défendre depuis le début de cette saga. Bref, Jody Wilson-Raybould réclamait du premier ministre un suicide politique.

Éditoriaux

Du «stuff» de junior, en effet

ÉDITORIAL / C’est à se demander sur quelle planète vivait le premier ministre François Legault au cours des dernières années. Comment peut-il se dire surpris lorsqu’il constate la mollesse avec laquelle les gouvernements précédents ont négocié des ententes hydroélectriques avec les alumineries du Québec ? Vient-il réellement de réaliser que les Québécois se sont fait avoir ?

Comme dans le cas de l’aluminerie ABI de Bécancour en ce moment, Rio Tinto a invoqué la clause de force majeure pour tirer profit d’Hydro-Québec en 2012, lors du lock-out de l’usine Alma. Aujourd’hui, les dirigeants d’ABI utilisent cette faille pour s’esquiver de leur obligation d’acheter le bloc d’énergie qui leur est consenti, ce qui se traduit par une perte de revenus de plus de 200 millions de dollars. Lors du conflit d’Alma, Rio Tinto a quant à elle abattu cette même carte afin de vendre sa production hydroélectrique excédentaire à la société d’État, qui n’en avait nul besoin. Au terme du lock-out de six mois, Hydro-Québec avait versé 148 millions à la multinationale pour ses surplus non utilisés. Dans un cas comme dans l’autre, la situation est indécente, voire scandaleuse.