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Éditoriaux

Pourquoi craindre le grand capital?

ÉDITORIAL / Pour une fois, mettons de côté le volet environnemental du projet de GNL Québec et attardons-nous plutôt sur un détail qui prend de plus en plus de place dans ce dossier, soit l’origine des investissements et les caractéristiques fiscales qui s’y rattachent. En ce sens, posons-nous la question suivante : faut-il s’indigner devant la volonté d’un promoteur étranger d’investir au Québec, plus précisément au Saguenay–Lac-Saint-Jean ?

Mercredi matin, alors qu’elle était l’invitée du Cercle de presse du Saguenay, la directrice principale aux affaires publiques et aux relations avec les communautés d’Énergie Saguenay, Stéphanie Fortin, a paru embarrassée pendant quelques secondes lorsqu’un journaliste de Radio-Canada, Pascal Girard, a demandé d’où proviennent les sommes investies jusqu’ici dans le projet de liquéfaction du gaz naturel. Celui qui est également président du Cercle de presse avait posé la question après que les deux intervenants aient affirmé qu’il s’agissait d’un projet régional sans préciser la provenance des fonds

Après avoir entendu son collègue Stéphan Tremblay reprendre la genèse du projet, de la prospection à la décision d’aller de l’avant, Mme Fortin a abruptement fermé la porte en précisant que le consortium GNL Québec compte aujourd’hui une quinzaine d’investisseurs privés et que leur identité n’a pas à être divulguée. Sur le fond, elle a raison. Mais sur le plan de l’efficacité, il aurait été beaucoup plus simple – et rentable – de retourner la balle à l’interlocuteur en y allant d’une contre-question : « M. Girard, ne souhaitons-nous pas, depuis des décennies, que des investisseurs étrangers viennent dépenser leur argent ici, au Québec et dans notre région ? »

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La STS n’est pas une PME

ÉDITORIAL / Dans le débat entourant la Société de transport du Saguenay (STS), le conseiller Jean-Marc Crevier a initié une réflexion qui démontre l’ampleur du problème. Également vice-président de la STS, il s’est exprimé en ces termes : « Si on voulait faire comme le privé, on n’offrirait le service qu’à Chicoutimi. »

La solution la plus facile serait, en effet, de limiter le périmètre du transport collectif au principal arrondissement de la ville, sans tenir compte des autres périphéries. Or, le mandat des élus n’est pas d’administrer à la manière de banquiers ou de présidents de compagnies, mais d’assurer une saine gestion des fonds publics. Et cette nuance comprend une responsabilité inéluctable, soit celle d’assurer un service de qualité aux citoyens de l’ensemble de leur territoire. Dans le cas d’une ville comme Saguenay, où cohabitent le savoir, les industries, le commerce, l’éducation, la vie rurale et urbaine, le transport en commun fait partie de ces services qu’on ne peut abandonner. Ne serait-ce que par conscience collective.

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On vous doit bien ça

ÉDITORIAL / Déjà soutenu par un grand lectorat, Le Progrès fait un pas de plus vers les Jeannois et les Saguenéens aujourd’hui en distribuant gratuitement cette édition spéciale à plus de 50 000 copies, livrées à la maison pour les abonnés réguliers et dans plus de 200 points de distribution autour de la région.

Cette édition élargie s’inscrit dans notre volonté d’informer et de servir la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme nous le faisons depuis plus de 135 ans.

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Le retour de l’enfant prodigue

ÉDITORIAL / En 2000, nul n’aurait pu prédire que Sylvain Gaudreault aspirerait un jour à la direction du Parti québécois (PQ). Et pourtant aujourd’hui, l’enseignant de profession se présente tel un candidat légitime à la plus prestigieuse fonction de son parti.

Sylvain Gaudreault aurait pu lancer la serviette et abandonner tout espoir politique lorsqu’il a été écarté du Bloc québécois, de façon cavalière, par le chef de l’époque, Gilles Duceppe. L’ex-chef lui avait alors préféré Noël Tremblay dans la circonscription fédérale de Chicoutimi–Le Fjord. Ce dernier s’est incliné un mois plus tard devant le libéral André Harvey.

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Une partielle aux enjeux particuliers

ÉDITORIAL / Le 15 décembre prochain, les citoyens du district 1 à Saguenay seront appelés aux urnes afin de se donner un nouveau représentant, conséquemment au départ du conseiller Jonathan Tremblay. Or, bien que chaque élection demeure un exercice démocratique important, celle-ci aura une incidence particulière pour plusieurs, à commencer par la mairesse Josée Néron et son Équipe du renouveau démocratique (ERD).

L’enjeu sera en effet déterminant pour cette formation politique qui, malgré l’élection d’une mairesse, n’a pu faire mieux que trois conseillers sur quinze lors de la dernière élection générale, en 2017. Il sera fort intéressant d’évaluer la performance du candidat de l’ERD, Gilles Tremblay, alors que l’arrondissement de Jonquière a rejeté massivement les partis, il y a deux ans. Pour l’ERD, une percée dans Jonquière serait un signal positif pour les prochaines élections, mais là n’est pas l’enjeu le plus significatif. Depuis le début de son mandat, Josée Néron a maintes fois été en confrontation avec les six élus indépendants de cet arrondissement. Ces derniers ont rapidement réussi à former un groupe homogène et efficace sur l’échiquier politique saguenéen. L’incursion d’un membre de l’ERD à l’intérieur du cercle restreint qu’est le conseil d’arrondissement de Jonquière modifierait sans doute la dynamique actuelle, à l’avantage de la mairesse et de son parti. Ne dit-on pas : « Sois proche de tes amis et encore plus proche de tes ennemis ? »

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Il faut que ça change à la STS

ÉDITORIAL / La Société de transport du Saguenay (STS) aura beaucoup besoin d’être très persuasive pour convaincre l’ensemble du conseil municipal du bien-fondé de ses prochaines actions, à la lumière des informations obtenues par Le Progrès et publiées dans cette édition.

L’organisme, qui a obtenu un montant de 600 000 dollars lors de la dernière assemblée publique du conseil, afin d’absorber son déficit, aura finalement besoin que les élus lui accordent une somme supplémentaire de 125 000 $ pour 2020.

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Avant d’atteindre le fond du baril

ÉDITORIAL / Certaines statistiques sont si préoccupantes qu’on préférerait les noyer dans l’oubli. L’une d’elles a été rapportée la semaine dernière dans le cadre d’une étude sur la santé et le bien-être des hommes québécois et se décline ainsi : pas moins de 22 % des hommes seraient en situation de détresse psychologique probable sur le territoire de la province. Dans le contexte où 80 % des suicides répertoriés au Québec sont commis par des hommes, il est crucial d’agir en tant que société pour freiner ce phénomène fort inquiétant.

Réalisé pour le compte du Regroupement provincial en santé et en bien-être des hommes et du Pôle d’expertise et de recherche en santé et bien-être des hommes, l’exercice met également en relief qu’une majorité d’hommes sont sceptiques « quant à la pertinence et à l’efficacité de l’aide psychosociale ».

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Préservons le mont Fortin

ÉDITORIAL / Saguenay possède une richesse inestimable dans l’arrondissement de Jonquière : le mont Fortin, avec sa station de ski accessible à tous, en plein coeur de la ville. Des générations d’athlètes y ont effectué leurs premiers slaloms ; des milliers de jeunes y ont passé leurs fins de semaine, leurs soirées, leur adolescence. Il fait peine à croire que le destin de cette infrastructure municipale soit en péril aujourd’hui, à l’ère des saines habitudes de vie et de la promotion de l’exercice physique chez nos enfants. Saguenay est-elle à ce point dépourvue de ressources qu’elle est incapable de taire, de façon catégorique, les rumeurs de fermeture de ce centre de ski urbain ?

Comme pour le mont Bélu à La Baie, le Tobo-Ski à Saint-Félicien ou le mont Villa-Saguenay à Alma, le mont Fortin est un acquis intouchable et les élus n’ont d’autre choix que de tout faire pour lui garantir un avenir.

Éditoriaux

L’heure de prendre position

ÉDITORIAL / Et si le Saguenay-Lac-Saint-Jean choisissait de dire non aux grands projets de développement industriel ; si les populations de chaque ville et village s’opposaient massivement à l’exploitation du gaz naturel albertain, au trafic maritime sur le fjord du Saguenay, à la coupe forestière (… tant qu’à y être) ; si les Saguenéens et les Jeannois se résignaient à n’exploiter que leurs paysages, leurs atouts touristiques, leur tarte aux bleuets et leur tourtière, que resterait-il de ce royaume isolé sur un océan d’épinettes ? Que deviendraient nos institutions d’enseignement, nos centres de recherche, nos infrastructures, notre offre commerciale et notre qualité de vie ? Qu’aurions-nous à offrir aux générations futures, sinon une pourvoirie où nos enfants reviendraient une fois l’an pour s’imprégner de nostalgie, au pays de la pêche blanche, de « l’Alcan » et de leur jeunesse ?

Qu’arrivera-t-il de nous, si nous acceptons notre déclin ?

Chroniques

Souvenirs du mur

CHRONIQUE / Quand je vois des reportages consacrés à la chute du mur de Berlin, un événement dont on souligne le 30e anniversaire aujourd’hui, mes souvenirs me ramènent à l’époque où j’ai fréquenté ce triste monument. Entre 1983 et 1986, j’ai effectué quatre séjours dans cette ville, auxquels se sont greffés deux voyages d’une durée de deux semaines chacun, dans ce qu’on appelait la République démocratique allemande (RDA).

Mon premier contact avec le mur est survenu en mai 1983. J’étais monté sur une plateforme dressée près du Reichstag, l’ancien parlement qui a retrouvé cette fonction après la réunification du pays. J’ai vu la partie de l’ouvrage qui serpentait du côté ouest, dont la sévérité était atténuée par une nuée de graffitis. Plus loin, il y avait l’autre mur, celui qui entravait les Allemands de l’Est, et entre les deux, un terrain balisé par des miradors et des obstacles en forme de croix.

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Il faut resserrer les règles

ÉDITORIAL / L’administration municipale de Saguenay ne doit pas attendre qu’un événement malheureux se produise pour agir. Lundi soir, comme c’est le cas depuis plusieurs mois, la séance publique du conseil a donné lieu à des débordements lors de l’interminable période réservée aux questions du public. Cette fois-ci, un citoyen a dû être escorté par deux policières pour des gestes et des propos menaçants envers de jeunes collégiens venus s’exprimer au nom du développement durable et de l’environnement. Le mois dernier, ce même individu avait pris la parole au micro pour insulter de façon inacceptable les élus.

Certes, de tels événements sont isolés, mais ils découlent d’une variable qui est de plus en plus tangible lors de ces assemblées publiques : l’émotion des citoyens.

Éditoriaux

Sur quelle planète vivons-nous ?

ÉDITORIAL/ Il n’y a qu’à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay que de telles aberrations se produisent : une centaine de personnes, du milieu de l’éducation par surcroît, se déplacent en masse pour offrir une ovation à une femme déclarée coupable sur toute la ligne de harcèlement psychologique. Et cette dernière qui accueille fièrement les encouragements, avant d’ajouter sans gêne qu’elle gardera la tête haute malgré les quelque 2 millions de dollars que son entêtement aura coûté aux contribuables de Saguenay. Une apologie incroyable de tout ce que nous dénonçons depuis des années, à savoir l’intimidation, l’abus de pouvoir et l’usage injustifiable des deniers publics. Mardi soir, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a été le théâtre d’un spectacle misérable, où des adultes supposément responsables ont choisi de troquer leur uniforme de professionnels pour le costume de l’Arlecchino, ce bouffon issu de la commedia dell’arte.

Éditoriaux

Ouvrons-la, cette boîte de Pandore

ÉDITORIAL / Il y aura bientôt 18 ans que le nom de Saguenay a été adopté afin d’identifier la principale ville de la région. Le temps a fait son œuvre et la contestation s’est apaisée, certes, mais encore aujourd’hui, des voix s’élèvent et réclament un retour en arrière afin de faire revivre le toponyme Chicoutimi, lequel a été écarté lors d’une consultation publique en 2002. Consultation qui, avouons-le, s’est déroulée dans un contexte hautement sensible où la réussite de la fusion a eu préséance sur le caractère historique du nom de la grande ville. Près de deux décennies plus tard, y a-t-il lieu de rouvrir le débat et d’aborder la question sur une base plus sérieuse et moins émotive ?

La réponse facile à cette question serait de dire non ; de répéter que le nom de Saguenay est aujourd’hui assimilé et qu’il y a moult dossiers plus importants à gérer en ce moment.

Éditoriaux

Plus de rigueur, s’il vous plaÎt

ÉDITORIAL / Comment se fait-il que Saguenay donne l’impression d’être aussi brouillon dans le dépistage de plomb dans l’eau potable des citoyens ? Comment peut-on avoir ainsi banalisé les tests requis conformément au Règlement sur la qualité de l’eau potable dans les municipalités du Québec, alors qu’à long terme, le plomb a des effets aussi néfastes que l’hypertension artérielle, le dysfonctionnement rénal, les fausses couches, les naissances prématurées, trouble du déficit de l’attention, baisse du quotient intellectuel et retards de développement ?

Dans son édition du 24 octobre, Le Devoir publiait un reportage inquiétant, fruit d’une enquête conjointe de ses journalistes, de l’Université Concordia et de Global News. Selon les faits rapportés par le journal montréalais, il est évident que des responsables de la vérification de l’eau sur le territoire ont sous-estimé l’importance de leur mandat, soumettant aux autorités des rapports bâclés, année après année. Entre autres éléments, l’administration municipale de Saguenay aurait négligé d’inclure, dans son rapport de 2017, des dépassements de normes répertoriés. « En 2017, la Ville avait trouvé 140 ppb (quatorze fois la norme québécoise) de plomb au robinet de la cuisine de l’école primaire Sainte-Bernadette, et un test au Cégep de Chicoutimi atteignait 12 ppb. Or, la Ville n’a pas inclus ce dépassement dans son bilan annuel », peut-on lire dans Le Devoir. 

Dans un communiqué transmis vendredi, la Ville s’est défendue d’être négligente, insistant sur la conformité de ses tests et de ses suivis obligatoires. Il demeure néanmoins que dans les rapports fournis au ministère de l’Environnement, de 2016 à 2018, ce sont toujours les mêmes neuf adresses qui apparaissent comme référence, alors que Québec exige que les tests soient effectués à des endroits différents d’une année à l’autre. Laxisme ? Erreur dans la rédaction des rapports ? Je-m’en-foutisme ? Quelle que soit la raison qui explique cette situation, il ne fait aucun doute qu’un employé, quelque part dans l’appareil municipal, ne s’est pas acquitté de sa tâche de façon rigoureuse. Et ce genre d’omission ne peut être prise à la légère puisqu’elle sème le doute sur le professionnalisme de ceux et celles qui ont pour mandat de servir leurs concitoyens. 

Toujours dans son communiqué, la Ville affirme que l’eau qui sort de ses usines de traitement est « exempte de plomb et d’excellente qualité ». Le contraire aurait été stupéfiant ! Mais là n’est pas le débat. Le problème réside dans le sérieux qui est dévolu aux activités essentielles de la Ville. Et en ce moment, tout indique que pour certains fonctionnaires, les rapports officiels — qui sont d’une importance capitale — sont réduits à l’état de paperasserie insignifiante et futile. C’est là que le bât blesse. 

Maintenant, faut-il blâmer les élus pour ce dossier qui fait rayonner Saguenay, pour les mauvaises raisons, à travers tout le Québec ? Sincèrement, il y a un sérieux problème lorsque le conseil de ville ne peut plus faire confiance à sa fonction publique pour des tâches aussi simples que de rédiger un rapport soigné, qui répond à toutes les exigences l’État. Le « copier-coller » et les coins ronds ne peuvent être tolérés dans les circonstances. Aussi appartient-il aux conseillers et à la mairesse Josée Néron de serrer la vis et de faire en sorte qu’il n’y ait aucune marge de manoeuvre quant à la qualité des rapports que nous soumettons aux instances gouvernementales. Il s’agit de notre image, certes, mais encore plus de notre sécurité, comme dans le cas du dépistage de plomb dans l’eau potable.

Opinions

Josée Néron sur le Red Bull

ÉDITORIAL / Force est de constater que la mairesse Josée Néron a retrouvé ce ton et cette assurance qui lui ont permis de tenir tête à son prédécesseur Jean Tremblay, pendant quatre ans, puis à se faire élire à la barre de la plus importante ville au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pendant les deux premières années de son mandat, la mairesse a multiplié les interventions approximatives et les faux pas ; elle a aussi eu du mal à asseoir son autorité et à s’élever telle la guerrière que tous espéraient. Elle a ménagé la chèvre et le chou dans les dossiers de Ghislain Harvey et de l’avocat Louis Coulombe, empruntant la voie de la diplomatie plutôt que de les affronter à la vie à la mort, une stratégie que la population aurait pourtant appuyée sans réserve. Il y a eu également le projet d’Amphithéâtre+, qui s’est écroulé tel un château de cartes. Mais depuis six mois, il semble que son attitude a changé du tout au tout. Quelle mouche l’a donc piquée ?

Il est permis de croire que l’arrivée de l’ancien député Stéphane Bédard au sein de sa garde rapprochée, comme consultant, a eu l’effet d’un Red Bull sur Josée Néron. Les conseils de ce dernier ont sans doute servi la mairesse, laquelle est visiblement plus adroite dans ses sorties publiques depuis un certain temps.

Éditoriaux

De quel bois se chauffent nos élus

ÉDITORIAL / Lundi, pour la première fois depuis 2006, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a choisi de s’exprimer à Ottawa à travers le filtre de l’opposition. Est-ce dire que nous souffrirons d’un douloureux et interminable lendemain de veille, une fois disparue l’ivresse de la campagne ? Ou au contraire, que nous jouirons d’une position avantageuse dans le contexte d’une gouvernance minoritaire qui aura nécessairement besoin de l’appui du Bloc québécois ? Une chose est certaine : nous saurons bien assez tôt de quel bois se chauffent nos nouveaux émissaires à la Chambre des communes.

Il est déjà acquis que le conservateur Richard Martel sera, encore une fois, condamné à l’objection systématique des actions libérales. Sans doute également, une partie de son mandat sera occupée par l’éventuel départ et le remplacement du chef Andrew Scheer, qui a creusé sa propre tombe face à un adversaire pourtant très vulnérable. Même si M. Scheer s’est accroché désespérément à son poste, mardi, il serait plus qu’étonnant que le parti lui pardonne cet échec et lui accorde une seconde chance. En tout cas Richard Martel, lui, n’a pas hésité à écorcher publiquement son chef moins de 24 heures après le dépouillement des votes, lui reprochant sans détour de ne pas avoir mené une bonne campagne.

Éditoriaux

L’heure de l’éveil

ÉDITORIAL / L’heure de l’éveil a sonné au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une région qui persiste à croire, à hauteur de 75 %, que son avenir repose essentiellement sur l’aboutissement de grands projets industriels. Pourtant, notre dépendance à la grande industrie n’a jamais été aussi toxique, dans un monde où nous ne contrôlons pratiquement plus rien. L’abandon temporaire du projet AP60 à Saguenay et de celui de centre de billettes à Alma, par Rio Tinto, nous condamne encore une fois à l’immobilisme. À cela s’ajoute l’opposition grandissante au projet d’usine de liquéfaction du gaz naturel de GNL Québec, lequel risque fort d’être sacrifié sur l’autel de la bonne conscience collective. Mais que restera-t-il demain de ce Royaume ?

Plus rien, sinon des miettes, à moins que la région devienne plus exigeante, moins résiliente ; plus critique, moins endormie face aux belles promesses. Il faut arrêter d’échanger naïvement nos fourrures contre quelques fragments de miroir. Il faut aussi réagir aux voix paternalistes qui s’élèvent d’aussi loin que Montréal pour enrayer notre développement.

Éditorial

Au ministre Roberge d’intervenir

ÉDITORIAL / Vraisemblablement, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay n’en finit pas de nous surprendre. Encore une fois, jeudi soir, les commissaires ont repoussé les limites du ridicule et de l’inacceptable alors que leur présidente, Liz Gagné, s’est accrochée désespérément à son siège, malgré une condamnation de congédiement illégal et une autre de harcèlement psychologique à l’endroit de la directrice générale Chantale Cyr. Que faut-il donc à ces élus pour comprendre qu’ils ont échoué lamentablement dans ce dossier ? Que leur acharnement injustifiable risque de coûter des millions de dollars aux contribuables et qu’ils ne méritent plus de gouverner ? Que faut-il de plus à Liz Gagné pour admettre enfin ses torts et assumer les conséquences de ses actes ?

L’issue du procès opposant Chantale Cyr à son employeur se dessinait depuis longtemps. Quiconque a pris la peine de suivre cet affrontement juridique par le biais de la couverture de notre journaliste Stéphane Bégin, au cours des derniers mois, a rapidement compris que les commissaires, Liz Gagné en tête, ont erré dans cette histoire, qui avait toute l’apparence d’un combat de coqs. Résultat : plus de 600 000 $ en frais d’avocats pour se défendre, en plus des frais éventuels qui, n’en doutons pas, feront au moins doubler la facture (compensation de salaire, frais d’avocats de Mme Cyr, dommages et intérêts, etc.). Mais, tout ça ne suffisait pas.

Opinions

Martel feinte et marque

ÉDITORIAL / Le candidat conservateur Richard Martel ne pouvait espérer une meilleure tribune pour mettre à profit ses talents d’orateur populaire ; de bagarreur à la réplique cinglante. Il était sur sa patinoire et tous, à tour de rôle, ont choisi de lui pousser la rondelle en espérant qu’il manque une passe ou mieux, qu’il marque dans son propre filet. Mais ce scénario ne s’est pas produit. Il n’a eu qu’à appliquer les jeux de base pour se démarquer de ses adversaires et prendre toute la place dans le cadre du débat de mercredi, organisé conjointement par les chambres de commerce du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Radio-Canada et Le Quotidien.

Voilà le premier constat qui ressort de l’exercice, auquel participaient six candidats des partis fédéraux invités : le député sortant de Chicoutimi-Le Fjord, ses homologues de Jonquière et de Lac-Saint-Jean, Karine Trudel (Nouveau Parti démocratique) et Richard Hébert (Parti libéral du Canada) respectivement, le candidat du Parti populaire, Jimmy Voyer, la représentante du Parti vert, Lynda Youde, et le candidat du Bloc québécois, Mario Simard.

Éditorial

Ce journal qui est le nôtre

ÉDITORIAL / «Je coopère pour Le Quotidien», c’est le thème de la campagne de contribution volontaire qui a pris naissance mardi et qui se traduit telle la pierre d’assise d’un projet sans précédent en Amérique du Nord.

À compter de maintenant, la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean est conviée à s’approprier son journal local et à en assurer la pérennité. Pas pour sauver les emplois de quelques journalistes ni pour aider une entreprise qui traverse la pire crise de son histoire, mais bien pour assurer le maintien d’un droit fondamental : celui de l’accès, pour tous, à une information indépendante, vérifiée et rapportée selon des règles d’éthique définies et d’imputabilité journalistique.

Éditoriaux

C’est petit; extrêmement petit

ÉDITORIAL / Tirer sur le messager est l’attribut des lâches. Éclipser un discours appuyé de faits en attaquant son émissaire, surtout lorsque celui-ci est vulnérable, sera toujours la plus simple des solutions. Combien de fois a-t-on vu une personne qui n’a plus d’argument se rabattre sur la calomnie et la dérision afin d’avoir le dernier mot ? C’est ce qui se produit depuis plusieurs mois avec Greta Thunberg, et, avouons-le, c’est petit ; extrêmement petit.

Le message de Greta Thunberg se décline pourtant en quelques mots bien simples : écoutons ce que la communauté scientifique nous dit. Ses actions, ses paroles et même l’insolence avec laquelle elle gifle l’establishment ne sont qu’artifices. Est-elle instrumentalisée ? Sans doute. Mais pas davantage que le sont certains politiciens charismatiques, certaines vedettes investies ou certains sportifs qui monnayent une médaille olympique en associant leur image à celle d’un géant de la malbouffe. C’est le propre de notre société d’identifier ses héros et de les porter aux nues, pour le meilleur et pour le pire.

Éditoriaux

À vous la parole

ÉDITORIAL / Quand donc sera-t-il question des enjeux locaux, ceux qui nous concernent vraiment, dans le cadre de cette campagne électorale fédérale ? Déjà, plus d’un quart de cette course de 40 jours est complété, et à part les inaugurations de locaux, les bains de foule incontournables et les dépôts officiels de candidatures, rien ne donne l’impression que très bientôt, la population sera conviée aux urnes afin d’identifier ses représentants à la Chambre des communes. Pourtant, les dossiers ne manquent pas. Alors, messieurs et mesdames, candidats et candidates de la région, sortez votre calepin et votre stylo, puis prenez enfin la parole.

Projets industriels

Nul doute que l’avènement des grands projets industriels que sont ceux de Métaux BlackRock, Arianne Phosphate et, sans oublier le plus important et le plus controversé, celui de GNL Québec, fera l’objet de tractations de la part de l’un et l’autre des candidats à cette élection. Dans ces dossiers, impossible de ménager la chèvre et le chou. Des positions claires et sans nuances sont espérées des électeurs. Pipeline, liquéfaction du gaz naturel, fracturation hydraulique, protection de l’environnement sont tous des sujets sur lesquels doivent absolument se prononcer les candidats. Idem pour les retombées économiques, les emplois rattachés à ces projets et l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de développement industriel. Le projet QcRail, pour lequel Ottawa vient d’accorder 7,5 millions de dollars afin de compléter les études de faisabilité, doit lui aussi être abordé alors que plusieurs craignent qu’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau ait un impact majeur sur le port de Grande-Anse.

Éditoriaux

Pourquoi ce site à tout prix?

ÉDITORIAL / Il arrive que la politique s’agence plutôt mal aux impératifs de gestion publique ; que les engagements électoraux prennent le dessus sur toute logique ou toute remise en cause. Il arrive que, quels que soient les options ou les arguments, rien ne puisse faire changer l’avis des élus. Dans le dossier du stade de soccer intérieur de Jonquière, c’est exactement ce qui semble se produire. Mais la population n’est pas dupe ; elle n’est pas muette et encore moins naïve au point d’avaler aveuglément tout ce qui lui est servi comme repas. Et dans ce cas-ci, plus on examine l’assiette sur la table, plus on y découvre des ingrédients indigestes.

Comme cette proposition de la Commission scolaire De La Jonquière soumise aux responsables de Saguenay et décrite dans cette édition par le journaliste Louis Tremblay. Une offre qui paraît trop belle pour être écartée, et qui a pourtant été balayée du revers de la main par les élus qui étaient affectés au projet.

Éditoriaux

À vos devoirs, élus de Saguenay

ÉDITORIAL / Time out, on arrête tout ! Bien qu’aucun chiffre n’ait encore été confirmé officiellement, il semble acquis que le projet de centre multisport de Jonquière coûtera beaucoup plus cher que prévu s’il se réalise selon les plans. Selon l’information rapportée par la station KYK 95,7, la construction de cette infrastructure nécessitera des travaux imprévus de stabilisation du terrain. En résumé, la Ville aurait acheté, au montant de 2,3 millions de dollars, un terrain sous lequel repose une nappe phréatique. Si ça s’avère, il s’agit d’une erreur colossale, qui entraînera des mesures non moins considérables. Mais, les dépassements de coûts seraient davantage attribuables à l’érection du futur bâtiment, qui aurait été nettement sous-estimée au départ.

Selon les chiffres évoqués par l’animateur Mark Dickey, jeudi, le coût du projet aurait presque doublé, passant de moins de 20 millions à quelque 37 millions. Certes, ce pronostic devra être validé par des experts, mais même hypothétique, une telle explosion des coûts ne laisse aux élus qu’une seule option : prendre une pause et revoir le projet dans son ensemble.

Éditoriaux

Les devoirs de l’électeur

ÉDITORIAL / Être électeur est un privilège auquel se rattachent des responsabilités. Entre autres petits efforts, celui de s’informer convenablement est sans doute l’un des plus importants. S’informer et se faire une tête à soi, afin d’éviter d’être réduit à l’état d’automate qui coche un bulletin en fonction d’une couleur, de ragots ou de fausses perceptions. Être électeur, c’est avoir le droit d’exprimer ses idées et ses valeurs librement, en toute connaissance de cause.

La campagne électorale fédérale s’est officiellement amorcée mercredi. Les pancartes sont apparues le long de nos boulevards, à nos intersections ; des publicités ciblées ont commencé à inonder nos pages Facebook. Et cette fois-ci, les Canadiens sont conviés à un sprint de 40 jours, qui ne sera pas moins intéressant à suivre qu’une campagne-fleuve comme celle de 2015 : les mêmes grands thèmes, les mêmes plateformes, le même contenu, mais offerts en doses concentrées.

Éditoriaux

L’Inquisition au 21e siècle

ÉDITORIAL / Il y a de quoi être fasciné par ces groupes qui semblent vivre uniquement pour haïr, critiquer et s’insurger lorsque leur loi — celle de la pensée unique — est transgressée. Ces attroupements qui ne voient le monde qu’en noir et blanc, sans nuance ni ouverture d’esprit ; qui jugent l’intervenant et le messager sans distinction, et qui tranchent comme au 13e siècle, à l’époque de l’Inquisition. Hors de leur Église, point de salut !

Mardi matin, l’un de ces groupes de militants a pris d’assaut les réseaux sociaux, s’attaquant aux porte-paroles de Port de Saguenay, Stéphane Bédard et Carl Laberge, lesquels avaient accordé, dans les jours précédant, une entrevue éditoriale au Quotidien. L’essentiel de leur propos s’articulait autour de la nécessité de protéger les installations industrialo-portuaires régionales. Sans grande surprise, les deux intervenants mettaient en relief des arguments favorables à leur position, comme le font les agriculteurs, lorsqu’ils commentent la gestion de l’offre, ou les environnementalistes, lorsqu’ils s’expriment sur l’urgence climatique.

Éditorial

Croire en Grande-Anse

ÉDITORIAL / Stéphane Bédard dit vrai lorsqu’il affirme qu’un lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et les installations portuaires de Baie-Comeau serait une catastrophe pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce serait comme jeter à la poubelle quatre décennies d’efforts visant à faire du port de Grande-Anse l’une des principales voies d’accès aux marchés internationaux dans l’Est du pays.

L’ex-député de Chicoutimi, aujourd’hui président du conseil d’administration de Port de Saguenay, monte aux barricades et s’engage à tout faire afin d’empêcher la réalisation du projet qui se dessine dans le Haut-du-Lac, pour lequel le gouvernement fédéral vient d’annoncer une aide financière destinée aux études de faisabilité. Certes, une éternité sépare cette démarche embryonnaire et une éventuelle première pelletée de terre, mais comme le dit si bien le principal intéressé : « Si tu ne t’organises pas, tu vas te faire organiser. »

Opinions

Être plus blanche qu’un béluga

ÉDITORIAL / S’il est une condition sine qua non au projet de GNL Québec, c’est la confiance. Le promoteur américain n’a aucune marge de manœuvre en ce qui a trait à la transparence et, surtout, à la rigueur intellectuelle. La compagnie doit montrer patte blanche ; elle doit laver plus blanc que blanc si elle souhaite arriver à ses fins.

Des informations comme celles rapportées mardi par Le Devoir créent une brèche dans une relation relativement fragile entre la communauté et GNL Québec. Et il faudra bien plus qu’un diachylon pour éviter l’hémorragie, cette fois-ci. On entend ici par diachylon une réponse laconique comme celle qu’a livrée la directrice principale, affaires publiques et relations avec la communauté, Stéphanie Fortin, au journaliste du Devoir : « La question du béluga et de la cohabitation avec les mammifères marins est une question importante prise en considération depuis le tout début du développement du projet. » Vraiment ?

Éditoriaux

Vous êtes donc où ?

ÉDITORIAL / Comment expliquer que si peu d’intervenants socioéconomiques n’aient encore manifesté leur inquiétude quant à la menace que représente la mise en place d’un éventuel lien ferroviaire entre Dolbeau-Mistassini et Baie-Comeau ? Comment se fait-il qu’encore une fois, seul le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge, ait sonné l’alarme, réagissant à l’aide accordée par Ottawa pour financer l’étude de faisabilité du promoteur QcRail ?

Certes, le député conservateur Richard Martel a lui aussi dénoncé l’octroi gouvernemental, mais il est entendu qu’à deux mois des prochaines élections, ce dernier fustigera toute annonce faite par les libéraux. Cela dit, les autres décideurs et supposés défenseurs du développement au Saguenay–Lac-Saint-Jean, vous êtes donc où ?

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