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L'heure de la réflexion

ÉDITORIAL / S’il y a quelque chose de bon dans la sortie du conseiller municipal Kevin Armstrong sur l’état de l’arrondissement Jonquière, c’est que les élus jonquiérois ont maintenant un « agenda » : déterminer des priorités pour redonner du lustre au secteur.

Organiser une réflexion, dégager une vision et établir des priorités, c’est beaucoup plus difficile, mais combien plus utile, que de faire un constat en demi-teinte qui identifie mal les sources du problème. En tout cas, c’est nettement plus constructif que de se chicaner sur la paternité du centre multisport, qui revient à l’ancienne administration. Surtout qu’il n’a jamais été question de le construire ailleurs que là !

Il y a beaucoup de non-dits dans la sortie du conseiller Armstrong et les élus de l’arrondissement, s’ils veulent rendre service à leurs commettants, devront se dire des choses en pleine face. La dévitalisation ne s’est pas faite au cours des huit derniers mois, ni depuis la fusion, mais bel et bien au cours des 35 dernières années. 

Jadis une ville riche, sans grande ambition particulière, souffrant de la comparaison avec sa voisine Chicoutimi où université, hôpital régional, centres commerciaux et grandes surfaces se sont installés, Jonquière a régressé en raison de la désindustrialisation. Qu’il suffise de citer la fermeture des Söderberg, de machines à papier, de Cascades, de FjordCell et de l’échec de deux grands projets commerciaux, le Power Center et le développement de la rue des Mouettes, pour expliquer le marasme dans lequel l’arrondissement se retrouve aujourd’hui.

Paradoxalement, il est faux de croire que Jonquière ne s’est pas développée. Ce qui est vrai : c’est qu’il y a eu une absence de réflexion sur l’ère post-industrielle. Ce fut tout le contraire à La Baie. Après la fermeture de la Consol, la nouvelle ville de Saguenay a imaginé un projet d’occupation du secteur, soit une structure d’accueil pour des croisiéristes. Plus de 60 millions $ ont été injectés dans le plus petit arrondissement de la ville pour revitaliser et complètement changer le secteur.

Oui, le cri du cœur que le conseiller Armstrong a lancé la semaine dernière aurait dû l’être par les élus de la fusion, ça saute déjà aux yeux. À leur décharge et pour relativiser les propos du conseiller, il faut mettre en relief que Jonquière a été bien servi par la fusion en matière d’aménagement et d’équipements de loisirs et de sports.

Eh oui ! La preuve n’est pas difficile à faire : trois amphithéâtres mis à jour, deux terrains de soccer-football synthétiques, dont l’incomparable derrière le Cégep de Jonquière, une piste d’athlétisme qui fait du parc Saint-Jacques le plus envié de la région, deux bibliothèques, un bureau de tourisme au centre-ville, une mise à niveau du stade Richard-Desmeules et, surtout, un réseau de pistes cyclables bien développé.

La relance du Théâtre Palace va confirmer le Carré Davis comme centre-ville d’attraction de l’arrondissement, une affirmation qu’il ne faut surtout pas faire pour ne pas déplaire à certains. Justement, le saupoudrage a coûté cher à Jonquière. L’offre commerciale s’étale de plus en plus vers le cégep, vers l’intersection Harvey—Saint-Dominique, de petits centres commerciaux à maintenir en vie, etc. ; ça va prendre une « méchante » réflexion pour voir clair là-dedans.

Dans son mégachantier, le conseil de Jonquière doit penser localement et globalement en évitant surtout de se comparer et de vouloir chevaucher des vocations qui se trouvent déjà ailleurs dans la ville ou dans la région.

Et la tentation de se comparer est forte, parce que plusieurs observateurs ont eu l’impression que le projet de construire un nouvel amphithéâtre à Chicoutimi, qui pèsera lourd sur les finances de la ville, a provoqué un électrochoc chez des élus jonquiérois.

Il faut que la réflexion se fasse libre de toutes tentations dans le seul but de rendre plus agréable la vie dans cette ancienne ville où il faisait bon vivre et que l’ensemble des élus de Saguenay prenne fait et cause pour l’arrondissement de 59 000 âmes.

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La lune de miel est terminée

ÉDITORIAL / La crise de leadership a atteint un point critique cette semaine à Saguenay, après des mois ponctués d’événements préoccupants pour l’administration Néron.

Il y a d’abord eu les déclarations du grand financier de la Ville, Michel Potvin, principal allié de la mairesse Josée Néron au sein de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), dans le dossier de la nappe phréatique de Laterrière. Puis, il y a eu la controverse entourant le projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi, qui a isolé la mairesse et permis à certains conseillers de l’écorcher, sans réprimande ni conséquence. Plus récemment, Kévin Armstrong s’est offert une envolée spectaculaire en pleine séance du conseil, sur fond de guerre de clocher, alors qu’il a ouvertement critiqué les fonctionnaires et attaqué de front Josée Néron. Son coup d’éclat a finalement eu l’effet d’un pétard mouillé, mais il a néanmoins démontré que rien ne va plus à l’hôtel de ville ; que tout est permis.

Et Josée Néron dans tout cela ? 

Plutôt que d’appeler son conseil à l’unité et d’isoler ceux et celles qui aiment la voir s’enfoncer davantage, elle a choisi de s’approprier les réussites de son administration à grands coups de « c’est moi qui a fait ci ; c’est moi qui a proposé ça ». On ne saurait adopter pire attitude à bord d’un navire à la dérive, occupé par une majorité de matelots enclins à la mutinerie. 

Un chaos prévisible

La sortie malhabile du conseiller Armstrong n’a pas affaibli la mairesse, au contraire. Par contre, celle de son collègue Jean-Marc Crevier, rapportée dans la dernière édition du Progrès sous la plume de Mélyssa Gagnon, témoigne de l’ampleur de la division qui règne à Saguenay. 

D’abord parce que Crevier est une personnalité crédible, reconnue pour son leadership exceptionnel. Au cours de sa carrière de représentant syndical, il a non seulement gagné le respect de ses pairs, mais également celui des parties patronales avec qui il a dû négocier. Josée Néron n’avait aucun intérêt à s’approprier tout le crédit du centre multisport de Jonquière. Encore moins de se mettre à dos Jean-Marc Crevier. 

Or, plutôt que de tenter une réconciliation avec les indépendants de l’arrondissement, elle a jeté de l’huile sur le feu. « C’est moi qui… »

Est-ce plus fort qu’elle ? Est-ce attribuable à toutes ces années au cours desquelles l’ex-maire Jean Tremblay ne lui a reconnu aucun mérite ? Ou est-ce encore sa façon d’imposer son pouvoir ? Quels que soient les motifs, la mairesse a semé le vent sans jamais anticiper la tempête, comme si elle ne savait gérer que dans l’immédiat. 

La lune de miel est terminée pour Josée Néron. Pendant quelques mois, elle a capitalisé sur la colère généralisée à l’endroit de l’ancienne administration de Saguenay. Les contribuables, de même que les conseillers, lui ont pardonné certains écarts. Or, elle n’a pas su profiter de cette période de grâce pour s’élever au niveau de leader. Et aujourd’hui, elle se retrouve avec beaucoup moins d’alliés que d’adversaires potentiels à l’hôtel de ville. Les conseillers nouvellement arrivés, Crevier et Armstrong étant du lot, commencent à avoir l’assurance nécessaire pour confronter la mairesse sans retenue, sur tous les flancs et en toutes circonstances. Il y a aussi les Julie Dufour, Jonathan Tremblay, Simon-Olivier Côté, Michel Potvin (même s’il fait partie de l’ERD), Carl Dufour et le toujours imprévisible Marc Pettersen, toutes des personnes susceptibles d’ébranler Josée Néron, selon ses positions, à un moment ou à un autre de son mandat.

Saguenay est en crise, malgré les annonces positives et les bonnes nouvelles. Imaginez lorsque ça ira mal… Et ce qui est le plus inquiétant pour Josée Néron et les stratèges qui l’entourent, c’est que le chaos était prévisible et que rien n’a été fait pour l’éviter. Le passé étant garant de l’avenir, une réflexion serait sans doute de mise. Car sur l’échiquier politique, il est impensable de l’emporter en solo. 

La situation n’est pas irréversible, mais Josée Néron est-elle capable de passer du « moi » au « nous », une condition sine qua non à la présidence d’un conseil d’indépendants ? À la lumière des récents événements, il y a lieu d’en douter.

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Retirer les élus: un pensez-y-bien

ÉDITORIAL / Le rapport du ministère des Affaires municipales et Occupation du territoire (MAMOT), sorti en plein vendredi après-midi d’un été chaud, est accablant pour l’ancienne administration municipale, mais met également beaucoup de pression sur la mairesse Josée Néron. Il lui recommande de retirer tous les élus du conseil d’administration de Promotion Saguenay.

Attendu avec impatience par plusieurs, ce « fameux » rapport analyse le fonctionnement de trois organismes publics de Saguenay en vigueur depuis leur création, soit Promotion Saguenay, Diffusion Saguenay et la Société de la Zone portuaire de Chicoutimi.

Il vient mettre des mots, avec preuves à l’appui, sur toutes les critiques qui ont été adressées à l’administration de l’ancien maire Jean Tremblay et à son bras droit, Ghislain Harvey. Ils se sont offert un « two-men-show » en ayant le contrôle horizontal et vertical des trois organismes précités, dont la pièce de résistance est Promotion Saguenay.

Des failles recoupent les trois organisations, comme l’absence de transparence, la qualité d’accès lors du recrutement, la planification stratégique et le manque de règles qui auraient assuré une meilleure gestion et une reddition de comptes. Ledit rapport confirme la trop grande concentration de pouvoirs entre les mains de deux seuls hommes. 

Au-delà de la gouvernance et de la transparence, les fonctionnaires insistent dans leurs conclusions sur l’absence d’une réflexion stratégique du développement économique à Saguenay. Les contribuables allongent, bon an mal an, quelque 10 millions $ pour que le gouvernail soit bien en fonction. Cela voudrait-il dire que l’avenir économique s’en trouve hypothéqué parce que les radars sur les tendances et les opportunités n’ont pas été activés ! C’est d’autant plus important, puisque le monde dans lequel nous vivons change à une vitesse folle et qu’il est devenu si facile d’être relayé au fond du classement.

Attention à ceux qui pensent que rien de bien n’a été fait à Saguenay depuis la fusion : ce n’est pas ce que dit le rapport. Il décrit que la gestion n’a pas été exécutée dans les règles de l’art, un reproche que Jean Tremblay esquive comme lui seul sait le faire.

Test de vérité

Une fois les constats édictés, qu’y a-t-il à faire pour redresser la situation ? La mairesse, Josée Néron, est devant un immense chantier. En fait, le rapport lui pose un défi de taille par une seule recommandation : retirer la possibilité que des élus soient nommés au conseil d’administration. 

Quand elle a invité le ministère à enquêter sur le fonctionnement de Promotion Saguenay, elle ne se doutait pas qu’elle se retrouverait avec une patate chaude entre les mains ! Cette recommandation heurte de plein fouet ce qu’elle a fait au cours des dernières semaines. Elle a modifié la composition du CA et favorisé la participation d’un plus large horizon de compétences, ce qui est conforme à ses engagements, mais elle a aussi maintenu des élus en poste.

Tous les regards sont tournés vers elle parce que pour demander à l’autorité suprême des municipalités de se mettre le nez dans tes affaires, il faut être prêt à vivre avec les conclusions, advienne que pourra. C’est un cruel test de vérité pour la mairesse. Le rapport lui donne une bonne feuille de route, mais lui transfère aussi une forte pression.

Elle devra, dans sa sortie prévue mardi, naviguer avec précision, assurance et responsabilité. Est-ce qu’à ce stade-ci, il est raisonnable de couper le cordon avec Promotion Saguenay ?

La réflexion doit être faite par l’ensemble des conseillers, en mettant leurs intérêts de côté, pour engager la ville dans la meilleure voie. Mme Néron doit éviter à tout prix de précipiter les choses en gardant en mémoire que la présence d’élus au sein du CA de Promotion Saguenay n’est pas forcément l’expression d’une volonté de contrôler, si la culture change pour la peine.

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Exercice de transparence

ÉDITORIAL / La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’est prêtée à un bel exercice de transparence en mettant sur la table les coûts des bateaux de croisières ainsi que les subventions accordées aux évènements sur le territoire.

Elle répondait ainsi à une démarche du chroniqueur et journaliste Roger Blackburn, qui, dans l’édition du Quotidien de mercredi, expose en exclusivité aux lecteurs le portrait de la  participation financière de la Ville aux différentes activités. En même temps, il a appris ce que coûtaient les bateaux de croisières, incluant le remboursement de l’emprunt.

Donc, dans ces deux dossiers distincts, les contribuables peuvent y voir clair et y apporter leur appréciation, selon ce qu’ils préfèrent et ce qu’ils jugent nécessaire pour le développement de la municipalité. Et ce sont des chiffres qui peuvent être apprêtés à plusieurs sauces en les brassant avec tous les considérants, les intrants, les impacts, etc. Par exemple, est-ce que la notoriété, c’est-à-dire la vision que Saguenay obtient, en vaut la peine? Comment évaluer objectivement les retombées?

La grande part des 1,5 million $ consacrés aux bateaux va au remboursement de l’emprunt. On revient à la même question quand arrive le temps d’investir dans des infrastructures servant au tourisme, à la culture et aux sports. Comment rentabiliser le tout?  En tout cas, après tant d’années d’une gestion autocratique, enfin, les contribuables savent ce que le projet leur coûte. Une fois les chiffres dévoilés, on peut bien se laisser aller à toutes sortes de commentaires, se scandaliser, dénoncer et lâcher un gros «je le savais», mais, fondamentalement, Saguenay doit continuer à gérer dans une perspective d’expansion.

Les défis sont grands pour Saguenay, mais pas forcément écrasants. Avec tous les chiffres en main, dans le poste de décideur, la mairesse et son équipe doivent, d’une part, renégocier des ententes avec l’Administration portuaire de Saguenay (APS) et Diffusion Saguenay (La Fabuleuse) pour en arriver à diminuer la charge des contribuables et, d’autre part, continuer à développer les croisières.

L’entente avec APS est d’autant plus douteuse que Ghislain Harvey était à la fois à la tête de Promotion Saguenay et de Port de Saguenay. Comment, dans ce contexte, avoir l’assurance que la négociation ait été conclue dans les règles de l’art et aux bénéfices des contribuables?

L’avenir est loin d’être sombre cependant, même s’il faut toujours avoir en tête que l’industrie traverse des cycles.  Saguenay peut améliorer sa situation, notamment en obtenant un service de douanes complet. Cela servirait non seulement à l’aéroport, mais surtout aux bateaux de croisières qui pourraient faire de Saguenay un lieu d’embarquement. Dans les coulisses, certains disent qu’il y a beaucoup de résistance dans la région de la Capitale-Nationale.

Vivement une politique!

En ce qui  a trait aux subventions, même dans les grands évènements, il existe une disparité qui est difficile à expliquer. La bonne nouvelle est que la mairesse annonce une politique dont les critères seront clairs. En tout cas, il y aura des gagnants et des perdants.

Dans les activités mises en lumière par Le Quotidien, qui sont essentiellement les plus importantes dans la ville, certaines coûtent cher, comme la pêche blanche (672 000 $) et le Parc des Mille Lieux de la colline (1 320 000 $). 

Et il y a plusieurs autres centaines de milliers de dollars qui étaient accordés à de plus petites organisations sur des bases inconnues. C’est à ce chapitre que les critiques de politisation des demandes s’adressent. Quand vous détenez une enveloppe, que vous n’avez pas de critères clairement  établis et que vous n’avez pas de compte à rendre, vous détenez beaucoup de pouvoir. Beaucoup trop!

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La semaine sur pause

La semaine sur pause est écrite par l'équipe éditoriale.

LE MOT DE LA SEMAINE: VITICULTEUR

Un producteur de vignes, comme le chanteur Mario Pelchat qui est présent dans le cadre du Festival des vins de Saguenay.

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L’été politique, deuxième partie

ÉDITORIAL / Après avoir fait le portait des circonscriptions de Roberval et de Lac-Saint-Jean dans notre édition de vendredi, jetons aujourd’hui un regard sur celles de Jonquière, de Chicoutimi et de Dubuc.

Entre autres faits à considérer, il est à propos de rappeler que le changement est au cœur du discours de la CAQ, qui mise sur un courant populaire indéniable. On n’a qu’à penser à la dernière élection municipale, où de nombreux maires considérés efficaces ont été remerciés de leurs services sans autre raison apparente que le désir de remuer l’échiquier de la gouvernance.

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L’été politique, première partie

ÉDITORIAL / Habituellement, les dossiers politiques occupent moins d’espace médiatique en saison estivale, cédant la place aux festivals et autres sujets de nature plus légère. Cette année par contre, la situation sera tout autre alors que tous les partis de l’Assemblée nationale sillonneront le territoire québécois afin de séduire l’électorat, en vue du scrutin d’octobre prochain. Avec ses cinq circonscriptions, le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne fera pas exception : tous les chefs et candidats souhaiteront apparaître devant un plat de tourtière, dans une salle de cuves ou sur l’une des plages du lac Saint-Jean. Un peu cliché, certes, mais nécessaire pour quiconque espère convaincre les électeurs du Royaume.

À l’aube de cette chasse aux intentions de vote, il est amusant de dresser un portrait de la situation actuelle et des luttes qui se profilent, circonscription par circonscription. Bien sûr, cet instantané est hautement susceptible de changer, selon l’identité des candidats à venir, l’évolution de la campagne à l’échelle nationale et, évidemment, les annonces gouvernementales qui se multiplieront d’ici le jour J.

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Il faudra plus qu’un opportuniste

ÉDITORIAL / Meneuse dans les sondages nationaux depuis plusieurs mois, la Coalition Avenir Québec définira son destin au cours de la saison estivale, dernier droit avant les élections générales d’octobre prochain. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la formation de François Legault suscite la curiosité, certes, mais elle souffre encore d’un manque d’identité manifeste.

Depuis mardi, le chef de la CAQ est en tournée dans le Royaume. Plusieurs s’attendaient à ce qu’il dévoile ses candidats dans Chicoutimi, dans Jonquière et dans Roberval. Mais ce ne fut pas le cas, et rien ne laisse croire qu’une annonce aura lieu en ce sens dans les prochaines 24 heures.

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Personne ne l’a vu venir

ÉDITORIAL / Au cours des dernières semaines, plusieurs noms ont été évoqués comme éventuel directeur de Promotion Saguenay. Des dirigeants d’entreprises aux politiciens actuels ou retraités, presque tout le milieu socioéconomique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a fait l’objet de spéculations à un moment ou à un autre. Étrangement, le nom de Denis Lemieux n’a jamais été mentionné dans les rumeurs les plus sérieuses, et c’est pourtant lui qui sera à la tête de l’organisation. Personne ne l’a vu venir, comme on dit dans le jargon populaire. Ne s’est-il pas lui-même décrit tel un sous-marin ?

Ce n’est pas tant de le voir refaire surface qui surprend. Combien d’ex-politiciens réapparaissent spontanément dans l’actualité ? Non, ce qui étonne, c’est plutôt le rôle dans lequel il fait son retour sur scène. Quiconque a côtoyé Denis Lemieux sait qu’il n’est pas homme à se laisser marcher sur les pieds. Il aime décider, sans égard à ceux qui tentent de lui dicter sa conduite. Maintenant, la question qui se pose est celle-ci : sera-t-il en mesure d’adhérer à un modèle aussi encadré que celui de Promotion Saguenay, version 2.0 ? Car, rappelons-le, le poste a été revu en profondeur par l’administration Néron et dorénavant, le directeur devra se rapporter directement à l’hôtel de ville. Une réalité qui contraste dramatiquement avec celle qu’a vécue Ghislain Harvey, à qui le conseil exécutif avait cédé tous les pouvoirs.

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Le pouvoir, sur un plateau d’argent

ÉDITORIAL / Apprendre de la bouche même du vérificateur général que les anciens membres du conseil exécutif de Promotion Saguenay ont cédé tous leurs pouvoirs à un seul homme, le président et directeur général Ghislain Harvey, est révoltant ; c’est une insulte inqualifiable envers tous les payeurs de taxes de Saguenay. En 2015, par résolution, ces supposés dirigeants ont signé un chèque en blanc de 12 millions de dollars à un seul homme, sans même conserver un droit de regard sur les dépenses de ce dernier. Des marionnettes de chiffon auraient démontré plus d’envergure que ces administrateurs fantoches.

Il faut préciser qu’aucune fraude n’a été soulevée par le vérificateur François Gagnon, au terme de son analyse de Promotion Saguenay. Rien de criminel non plus. Par contre, à défaut d’avoir identifié des irrégularités importantes, le VG a néanmoins livré des constats qui laissent perplexe et surtout, qui confirment ce que tout le monde craignait : le destin de Saguenay a reposé pendant des années entre les mains de deux individus, soit Jean Tremblay pour le volet politique et Ghislain Harvey pour tout ce qui touche l’exécutif. Les autres n’étaient que des acteurs de soutien.