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Cet été, cap sur la région

ÉDITORIAL / La saison des bières et apéros sur le patio arrive à grands pas, comme celle du barbecue en bonne compagnie, de la baignade et des sorties estivales. Alors que nous sommes tous à prévoir la période de vacances, pourquoi ne pas s’imposer, cette année, une variable obligatoire : celle d’intégrer au moins une caractéristique locale à nos activités ?

Ce n’est pas nouveau : l’herbe semble toujours plus verte chez le voisin. Nous sommes tous, à un moment ou un autre, tentés de regarder ce qui se passe au-delà de l’océan d’épinettes qui nous entoure et qui nous sépare des autres régions du Québec. Or, qui peut se targuer d’avoir entièrement savouré, dégusté, admiré le Saguenay–Lac-Saint-Jean et ses innombrables richesses ? Qui peut se vanter d’avoir vu tout ce qu’offre ce Royaume, qui n’a rien à envier à aucun autre territoire ?

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Le prix à payer

ÉDITORIAL / Il n’est jamais trop tard pour bien faire ; c’est vrai. Par contre, il faut être plutôt naïf pour croire que la direction d’Arianne Phosphate renoncera à la construction d’un terminal portuaire sur la rive nord du Saguenay, à cette étape de son projet. Désormais, cet élément fait partie intégrante du plan d’affaires de l’entreprise et est indissociable de sa concrétisation.

Un troisième port sur le Saguenay aura-t-il un impact visuel pour les kayakistes et pour les résidants de Saint-Fulgence ? C’est évident. Est-ce que sa construction éventuelle fait l’unanimité ? Non. Aucun projet de ce type n’obtient la faveur de tous.

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L’héritage d’une gestion efficace

ÉDITORIAL / Toute proportion gardée, plusieurs villes, dont Saguenay, auraient bien des raisons de rougir devant Alma, qui récolte le fruit de deux décennies d’administration prudente des deniers publics. Non seulement la capitale jeannoise termine l’année avec un autre surplus, qui s’élève cette fois-ci à 5,2 millions de dollars, mais elle a réussi à réduire sa dette à long terme pour atteindre une charge de 962 $ par habitant. Aux fins de comparaison, chaque citoyen saguenéen porte sur ses épaules une dette de 3023 $ en ce moment, et la situation ne cesse de se détériorer. Mais comment expliquer la prospérité d’Alma, alors que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en pleine décroissance ?

Pour savoir où l’on va, il faut d’abord savoir d’où l’on vient. Une bonne partie de la réponse réside dans ce proverbe. Ramenons-nous à la fin des années 1990, alors que Jean-Maurice Harvey était maire et qu’Alcan annonçait la construction de l’usine d’électrolyse la plus moderne au monde, en sol almatois. À l’époque, les dirigeants municipaux auraient pu être obnubilés, se lancer dans les grands chantiers de développement, dépenser sans compter. Or, en 1999, l’administration Harvey a plutôt choisi d’utiliser ses nouveaux revenus pour affranchir Alma de sa dette à long terme. Naissait alors la politique d’emprunt zéro, un dogme épousé par le successeur de Jean-Maurice Harvey, Gérald Scullion, en 2003. En l’espace d’à peine dix ans, ladite dette est passée de 46 millions à moins d’une dizaine de millions de dollars.

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Ce visage qui crie à l’aide

ÉDITORIAL / La planète a arrêté de tourner cette semaine, une autre fois. Une enfant a été laissée à elle-même, dans les conditions les plus abjectes qui soient. Une fillette de 7 ans, vulnérable comme le sont tous les jeunes de son âge ; belle et souriante ; pure et innocente. Le monde étant ce qu’il est, à l’ère des médias sociaux, presque tous ont vu son visage et celui de ceux qui n’ont pas su veiller sur elle. Lorsque la douleur est si vive et que la colère est si violente, pensez-vous sincèrement que la loi sur la protection de l’identité des victimes d’âge mineur, respectée par les médias traditionnels, suffise à taire la révolte des témoins du drame ?

Cette tragédie n’est pas sans rappeler celle de juin 2016, à Saguenay, alors qu’un bambin de 22 mois a lui aussi été abandonné par le système, malgré les signalements répétés. Comme en ce moment, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a été clouée au pilori. Un rapport accablant de la Commission des droits de la personne a suivi, confirmant les énormes défaillances du modèle actuel.

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Vouloir davantage que les miettes

ÉDITORIAL / Le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean repose sur une longue histoire marquée par le courage et le labeur de nos ancêtres, certes, mais aussi par l’innovation, la combativité et l’ingéniosité de ceux qui leur ont succédé. Maintes fois aurait-il été si simple de lancer la serviette devant l’adversité, mais la région a toujours préféré s’adapter, jusqu’à devenir une référence planétaire dans moult secteurs d’activités. Le mariage entre la grande industrie et l’environnement est l’un de ces domaines où nous excellons mieux que quiconque. Nos forêts sont exploitées avec rigueur et souci du développement durable, ce qui n’a pas toujours été le cas ; notre aluminium est aujourd’hui le plus vert au monde, malgré une forte opposition militante contre Alcan, à l’ère des cuves Söderberg. Oui, nos principales industries ont évolué au rythme de notre monde et en harmonie avec les valeurs qui le composent. Et c’est loin d’être fini.

C’est qu’au Québec, non seulement les gouvernements imposent-ils aux compagnies des règles strictes, mais le milieu est lui aussi aux aguets afin que les grands projets soient constamment bonifiés. Nous avons encore une fois été témoins de ce réflexe essentiel à notre devenir collectif, mardi, alors que le conseiller municipal de Saguenay, Jean-Marc Crevier, a lancé l’idée de valoriser la chaleur résiduelle de l’éventuelle usine de liquéfaction du gaz naturel Énergie Saguenay. Selon lui, cette chaleur permettrait d’alimenter d’autres entreprises susceptibles de s’installer au port de Grande-Anse.

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Tout est dans le +

ÉDITORIAL / La consultation populaire sur l’avenir de la zone ferroviaire de Chicoutimi bat son plein et, comme il fallait s’y attendre, certaines idées étonnantes commencent à émerger de cette réflexion collective. À la fin du processus, le conseil devra trancher, certes, et il y a bien des chances que leur décision ne fera pas l’unanimité. Néanmoins, l’exercice auquel il convie la population permettra non seulement aux élus de bonifier leur projet, mais il leur donnera également le temps de l’articuler et de le présenter convenablement.

Tous s’entendent pour dire que la présentation du projet Amphithéâtre +, le 21 août 2018, était une initiative précipitée et unilatérale de la mairesse Josée Néron. L’absence de la presque totalité des conseillers lors de l’événement témoignait, à elle seule, d’une démarche bâclée, à laquelle trop peu de gens adhéraient à l’époque. Sur le plan esthétique, la présentation était impeccable. Or, sans appui, dans un contexte politique et financier difficile, le projet dans sa forme initiale était voué à l’échec. Aussi a-t-il été mis sur la glace.

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La bonne vieille recette

ÉDITORIAL / C’est à se demander comment Justin Trudeau fera pour tourner la page sur la saga impliquant les dissidentes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, aujourd’hui expulsées du cabinet libéral. Le premier ministre et son entourage immédiat, comme tous les députés du parti, ne peuvent plus avancer davantage vers le scrutin dans une logique qui a toute l’apparence d’une mutinerie, voire d’un putsch.

De passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean jeudi, le premier ministre a été contraint de commenter, une fois de plus, le dossier de SNC-Lavalin. Comme un feuilleton qui refuse de s’essouffler, chaque journée apporte son lot de retournements spectaculaires. Cette semaine n’a pas fait exception alors que le Toronto Star et CBC ont levé le voile sur les exigences formulées par Jody Wilson-Raybould afin de mettre un terme à l’affrontement public qu’elle a engendré. Non seulement l’ex-ministre de la Justice réclamait-elle le congédiement des trois principaux stratèges de Justin Trudeau, soit Gerald Butts, Michael Wernick et Mathieu Bouchard, elle sommait également le premier ministre d’admettre qu’il a fait pression, de manière inappropriée, sur le système judiciaire. Elle demandait enfin que le cabinet garantisse le maintien de sa décision dans l’affaire SNC-Lavalin, ce qui entre en complète contradiction avec les grands principes qu’elle prétend défendre depuis le début de cette saga. Bref, Jody Wilson-Raybould réclamait du premier ministre un suicide politique.

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Du «stuff» de junior, en effet

ÉDITORIAL / C’est à se demander sur quelle planète vivait le premier ministre François Legault au cours des dernières années. Comment peut-il se dire surpris lorsqu’il constate la mollesse avec laquelle les gouvernements précédents ont négocié des ententes hydroélectriques avec les alumineries du Québec ? Vient-il réellement de réaliser que les Québécois se sont fait avoir ?

Comme dans le cas de l’aluminerie ABI de Bécancour en ce moment, Rio Tinto a invoqué la clause de force majeure pour tirer profit d’Hydro-Québec en 2012, lors du lock-out de l’usine Alma. Aujourd’hui, les dirigeants d’ABI utilisent cette faille pour s’esquiver de leur obligation d’acheter le bloc d’énergie qui leur est consenti, ce qui se traduit par une perte de revenus de plus de 200 millions de dollars. Lors du conflit d’Alma, Rio Tinto a quant à elle abattu cette même carte afin de vendre sa production hydroélectrique excédentaire à la société d’État, qui n’en avait nul besoin. Au terme du lock-out de six mois, Hydro-Québec avait versé 148 millions à la multinationale pour ses surplus non utilisés. Dans un cas comme dans l’autre, la situation est indécente, voire scandaleuse.

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Laval Fortin, parmi les grands

ÉDITORIAL / Il y a de ces hommes et de ces femmes qui se distinguent par leur leadership ou par leurs accomplissements hors du commun ; des personnalités issues du monde des affaires, du sport, de la culture ou de la politique, qui repoussent des frontières que tous croyaient infranchissables.

Leurs discours ou leurs actions en font parfois des monuments historiques, mais la plupart du temps, ils tombent malheureusement dans l’oubli après un certain temps. Laval Fortin ne marquera pas l’histoire du Québec comme l’ont fait René Lévesque ou Maurice Richard. 

Son parcours mérite néanmoins d’être inscrit à jamais dans la mémoire collective d’Alma, voire celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, afin que les prochaines générations puissent s’en inspirer. 

En fin de semaine dernière, l’homme de 90 ans a une fois de plus bousculé tous les paradigmes établis en parcourant, en ski de fond, la distance de 90 kilomètres en moins de 24 heures. Un exploit physique titanesque, qui couronne une vie non moins exceptionnelle.

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Le budget de l’abondance

ÉDITORIAL / Quelques heures avant le dévoilement de son premier budget, François Legault a eu un entretien avec son ministre Éric Girard, dans un espace ouvert de l’Assemblée nationale, sous l’œil des caméras et des journalistes.

À voix haute, il a dit « aimer » la signature apposée sur la page frontispice du document : votre gouvernement. D’un même souffle, il a lancé que ce budget n’est ni l’œuvre de la CAQ ni celle des libéraux, mais plutôt celle « du gouvernement que les gens se sont donnés » en octobre dernier. Une reconnaissance à peine nuancée du premier ministre, qui sait parfaitement que sans les efforts déployés par ses prédécesseurs, sans l’austérité et les coupes imposées par le gouvernement Couillard, la Coalition avenir Québec n’aurait pu élaborer un exercice budgétaire aussi généreux. En résumé, lorsqu’il s’est fait élire, François Legault a reçu la clé d’une voûte plus abondante que jamais, en pleine période de croissance économique.