Éditorial

Quand le cerveau a besoin de lunettes

ÉDITORIAL / Le député Sylvain Gaudreault a raison : il faut mettre sur pied une commission parlementaire afin de savoir pourquoi le Saguenay-Lac-Saint-Jean est la région où l’on recense, per capita, le plus grand nombre de jeunes faisant usage de médications liées au TDAH.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes, alors que 11,3 % des moins de 25 ans sont sous ordonnance de Ritalin ou autres afin de composer avec des problèmes d’attention et/ou d’hyperactivité. Ailleurs en province, la moyenne est de 5,8 %. Cela dit, malgré l’importance d’expliquer la situation et d’y remédier, si nécessaire, il y a lieu d’agir avec une extrême prudence dans ce dossier.

Pierre Jury

Le convoi frappe un mur à Ottawa

ÉDITORIAL / Le convoi « United We Roll » a fait son entrée à Ottawa, mardi. Il a passablement dérangé les habitudes des gens de la capitale... et c’est très bien ainsi. On ne peut avoir un Parlement en plein centre-ville et ne pas s’attendre à certaines perturbations ! Le cœur du gouvernement est à Ottawa et il est normal que les différents groupes viennent dans la capitale pour faire entendre leurs doléances.

Le contraire serait bien étonnant.

Mais qu’en est-il au juste, de ce convoi ? 

Fort d’environ 200 véhicules dont une majorité de gros camions (énergivores), les manifestants ont quelques éléments à leur plateforme politique. D’abord et avant tout, la construction de pipelines qu’ils veulent voir traverser le pays d’ouest en est. Puis, ils veulent la fin des projets de loi C-69 et C-48, liés à l’interdiction de voir des pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique et à l’obligation de consultation des groupes, particulièrement autochtones, affectés par les projets de développement. Enfin, il y a la taxe sur le carbone, dont ils espèrent la disparition.

Selon leur porte-parole, Glen Carritt, un élu municipal d’Innisfail, en Alberta, ce convoi a été bien accueilli partout où il est passé. De son point de départ à Red Deer, en Alberta, jusqu’à Ottawa, ils ont été accompagnés par des feux d’artifice et des sympathisants qui se sont joints à eux. 

Mais ils ont dû naviguer avec soin pour éviter les dérapages. Ils étaient partis avec l’idée d’imiter les gilets jaunes de la France qui protestaient contre la hausse du prix du carburant, au départ. Mais ce mouvement sans réels chefs de file a connu des dérapages identitaires notamment, où des gens militaient contre les immigrants, contre les musulmans. C’est ainsi que le nom du convoi, de « Yellow Vests », est devenu « United We Roll ». Ils ont tenté de prendre leurs distances d’avec les intolérants, quoique certains pourraient s’être faufilés malgré tout.  

À Ottawa, l’accueil a été plus mitigé. Ils ont été rapidement confrontés à un groupe de contre-manifestants qui militaient pour l’environnement. Car le convoi, en traversant le pays d’ouest en est, couvre aussi plusieurs régions où leurs doléances sont moins bien partagées. 

Et encore, ils n’ont pas mis les pieds au Québec où l’opposition aux pipelines s’y avère le plus fort de tout le pays... 

Idem pour leur opposition à la taxe sur le carbone. Si cela est un programme populaire en Alberta et en Saskatchewan, notamment, c’est bien moins le cas en Ontario où elle semble généralement acceptée, comme dans l’est du pays et en Colombie-Britannique. Et surprise, c’est là que le Parti libéral du Canada y a ses plus fortes assises.

Le mouvement « United We Roll » ne roule donc pas rondement partout...

Le convoi se colle aux conservateurs et autres tenants de la droite au Canada. On les devine associés à Jason Kenney et son United Conservative Party qui tentera de déloger les néo-démocrates de Rachel Notley lors de l’élection en Alberta, ce printemps. En Ontario, le premier ministre Doug Ford, fortement opposé à Justin Trudeau et sa taxe sur le carbone, les a salués. Et le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, est venu les appuyer à Ottawa.  

Le convoi « United We Roll » quittera Ottawa cet après-midi. Il a fait valoir son message. Mais nous sentons bien qu’en filigrane derrière se dressent les forces politiques du pays : conservateurs anti-carbone d’un côté, libéraux pro-taxe sur le carbone de l’autre. Il y aura élection fédérale cet automne : ce n’est définitivement pas un hasard.

Éditoriaux

Toujours la faute à Néron

ÉDITORIAL / Être dans les souliers de ceux qui s’abreuvaient aux mamelles de l’ancienne administration municipale de Saguenay, je jubilerais en feuilletant le dernier sondage réalisé par la firme Segma Recherche pour le compte de la station CKAJ FM 92,5. Tout y est pour espérer un retour en force à l’hôtel de ville. Et à deux ans et demi du prochain scrutin, il y a fort à parier que les stratèges de l’ère Jean Tremblay ont commencé à s’activer.

Sans détailler l’exercice qui se décline en dix questions, un constat général transpire de celui-ci : la cote de popularité de Josée Néron n’a jamais été aussi basse. À peine 40 % des répondants se disent satisfaits de son travail. Or, ce n’est pas là où le bât blesse. En réalité, ce qui est le plus préoccupant pour la mairesse en ce moment, c’est le fait que tous les sujets suscitant la grogne lui sont directement imputés. Sinon, comment expliquer que les membres du conseil obtiennent un taux de satisfaction de 60 % ? Même la controverse entourant la hausse du salaire des élus semble n’affecter que la mairesse. Or, n’a-t-elle pas renoncé à une prime de départ de 155 000 $ alors que tous les autres élus se sont accordé un meilleur salaire ?

Éditoriaux

Prêcher par l’exemple

ÉDITORIAL / En matière d’environnement comme dans bien d’autres domaines, il y a ceux qui ajustent leurs activités en fonction des règles et des standards, se limitant au strict nécessaire, souvent à contrecœur. Or, il y a également des citoyens corporatifs qui choisissent de prêcher par l’exemple et qui profitent d’une transition imposée pour aller plus loin, définir un nouveau modèle d’affaires adapté aux réalités actuelles et à celles de demain. Énergie Saguenay a emprunté cette voie en s’associant avec la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi afin que sa future usine de liquéfaction du gaz naturel soit carboneutre. Dans l’univers industriel, où les actionnaires se nourrissent davantage de rentabilité et où le développement durable est souvent synonyme de dépenses, l’engagement de cette compagnie doit être accueilli avec enthousiasme et fierté.

Avec enthousiasme, parce que, selon le responsable du développement régional Stéphan Tremblay, il s’agirait d’une première initiative du genre à l’échelle planétaire. Certes, Énergie Saguenay, comme sa maison-mère GNL Québec, mettront à profit leurs efforts environnementaux, tel un avantage distinctif dans la commercialisation de leur produit. Certes, l’entreprise se donne ainsi bonne presse, à l’approche des audiences publiques en environnement auxquelles seront soumis ses projets. Mais en toute franchise, rien n’obligeait Énergie Saguenay à en faire plus que juste assez. C’est pourtant ce que la direction promet de faire : s’imposer des actions plus restrictives que quiconque afin de compenser la totalité des émissions de gaz à effet de serre de son usine, conformément aux recommandations des experts de l’UQAC.

Éditoriaux

Mener les bons combats

ÉDITORIAL / À l’unanimité, les députés de l’Assemblée nationale ont récemment réclamé la mise en place d’un rapport d’impôt unique au Québec, une idée que le gouvernement fédéral a rejetée à 191 voix contre 80. Le sujet pourrait être débattu sous tous les angles dans une perspective nationale, mais en l’abordant strictement d’un point de vue local, il y a lieu de se demander comment certains députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont pu soutenir une telle démarche, susceptible de mettre en péril un millier d’emplois au Centre fiscal de Jonquière.

Le plan du premier ministre du Québec, François Legault, prévoyait qu’avec les économies réalisées, il serait possible de créer de nouveaux emplois dans la fonction publique, en Éducation par exemple, afin de compenser ceux qui disparaîtraient à Jonquière ainsi que dans les autres établissements fédéraux dédiés aux données fiscales. Or, entre les vœux pieux et la réalité, il y a souvent un monde. Et ça, tous les députés de la région devraient en être pleinement conscients.

Éditoriaux

Le début d’une longue traversée

ÉDITORIAL / Le conseil de ville de Saguenay a pris sa décision en toute connaissance de cause : le salaire que les élus se sont accordé demeurera inchangé. L’ensemble des conseillers et la mairesse Josée Néron devront maintenant accepter de se faire critiquer pour leur position jusqu’à la fin de leur mandat.

Pour les bonnes raisons ? Pas nécessairement puisque, comme l’a indiqué la mairesse, il est important d’offrir un salaire attrayant pour convaincre des personnes compétentes à se lancer en politique municipale. Elle a aussi indiqué qu’en maintenant un salaire de base peu élevé tout en majorant les primes de fonctions, l’hôtel de ville aurait à nouveau été vulnérable aux traitements de faveurs, ce qui n’est pas faux.

Éditoriaux

Les conseillers doivent reculer

ÉDITORIAL / Le conseil municipal de Saguenay aura beau faire toutes les représentations possibles et imaginables, jamais les élus ne réussiront à faire avaler la hausse de salaire qu’ils se sont octroyée en octobre dernier. Les citoyens ne veulent pas connaître les raisons de cette décision ; ils ne veulent pas entendre le plaidoyer des conseillers. Le jugement est prononcé et il est sans appel : coupables ! Coupables parce qu’ils se sont accordé des salaires généreux alors que le compte de taxes des contribuables a été majoré de 8 % en l’espace de deux ans.

Josée Néron et ses conseillers ont tellement mis l’accent sur « les déviances » du passé et sur les problèmes financiers de la Ville, qu’ils n’ont plus aucune marge de manœuvre. Dans les circonstances, ils devaient prêcher par l’exemple.

Éditorial

Quand le stress est dans le pré

ÉDITORIAL / Longtemps, la vie d’agriculteur était synonyme de santé psychologique. Certes, le travail sur la ferme a toujours été très exigeant physiquement et les horaires atypiques faisaient en sorte qu’un fermier et sa famille étaient, l’essentiel du temps, retenus sur leurs terres, selon les saisons. Rien n’était facile, mais cette vocation n’était pas reconnue comme génératrice de stress et d’anxiété, bien au contraire. Les agriculteurs étaient libres, maîtres de leur quotidien, et leur relève était pratiquement assurée par les générations à venir. Aujourd’hui cependant, la détresse psychologique, l’un des plus grands maux de la société moderne, a pris d’assaut les entreprises agricoles où 58 % des producteurs se disent victimes d’anxiété, et 35 % souffrent de dépression.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation fort inquiétante, rapportée par le journaliste Guillaume Roy dans notre édition de mercredi. Il y a d’abord l’obligation de performance, sur des fermes toujours plus grosses et, inévitablement, toujours plus endettées. L’accaparement des terres par des sociétés richissimes, comme Pangéa, a fait disparaître des centaines d’établissements qui avaient jusqu’ici survécu aux époques. À preuve, au début des années 1980, le Saguenay-Lac-Saint-Jean comptait plus de 1200 entreprises laitières alors qu’en ce moment, elles sont à peine plus de 280 sur le territoire régional. Or, le volume de production est le même qu’autrefois.

ÉDITORIAUX

Une occasion à ne pas manquer

ÉDITORIAL / Il y a de ces occasions qui se présentent rarement et qui sont susceptibles d’avoir une influence sur l’avenir d’une collectivité. La main tendue jeudi par la ministre Mélanie Joly est l’une d’elles, alors que la titulaire fédérale du Tourisme s’apprête à présenter sa stratégie nationale, dont l’objectif est de « vendre » le Canada aux voyageurs du monde entier.

Certes, le discours a été entendu mille et une fois. Au fil du temps, des efforts ont été déployés tous azimuts afin de mettre en valeur les atouts du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des personnes compétentes et des organisations structurées, comme Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Promotion Saguenay ou Tourisme Alma-Lac-Saint-Jean, multiplient les campagnes de séduction et obtiennent des résultats probants d’une année à l’autre.

Éditoriaux

Pourquoi tous ces comités?

ÉDITORIAL / La création d’un comité de travail à Laterrière, dont la raison d’être est de contester les taxes imposées par la Ville, risque davantage d’embourber l’administration municipale que de mener à des solutions constructives. Visiblement tiède à reconnaître la légitimité d’une telle structure parallèle, avec laquelle devront composer les élus, la mairesse Josée Néron n’a finalement pas eu d’autre choix qu’obtempérer lorsque la conseillère Julie Dufour, en pleine assemblée publique, a pris la parole pour saluer l’initiative, se portant même volontaire pour faire partie de la démarche. Résultat : d’autres secteurs ruraux de Saguenay souhaitent désormais se doter d’un tel comité afin d’en obtenir davantage pour leur argent. Un groupe de citoyens de Shipshaw doit d’ailleurs se réunir lundi afin d’entamer une démarche similaire, après avoir fait circuler une pétition dans le secteur. Quelques jours plus tard, ce sera au tour des gens de Lac-Kénogami de se rencontrer. Qui seront les prochains ?

D’abord, il ne faut pas se bercer d’illusions : le conseil de ville ne reviendra ni sur le budget de 2019 ni sur l’uniformisation du taux de taxation à l’échelle du territoire. L’exercice budgétaire adopté à l’unanimité le 14 janvier dernier, conformément à l’article 474 de la Loi sur les cités et villes, ne sera pas amendé. Quant au taux de taxation homogène, ce dernier se veut l’essence même de la fusion, laquelle a été décrétée afin de partager équitablement le coût des services dans une optique d’économies globales. Bref, quel que soit l’angle sous lequel l’équation est analysée, tous sont gagnants en bout de ligne.