Soeur Sainte-Françoise-de-Jésus (Joëlle Gobeil), Hélène Girard, directrice générale, Caroline Marcel, responsable des communications et monseigneur Lamarche (Simon Desbiens) vous attendent aux pique-niques animés du Centre historique des soeurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil les jeudis midi.

Devenir soeur pour s’émanciper

J’ai pique-niqué dans le jardin des sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, jeudi midi, avec monseigneur Lamarche et sœur Sainte-Françoise-de-Jésus, personnifiés par deux jeunes guides interprètes du Centre historique des sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Chicoutimi.

« On voulait recréer l’ambiance des années 1930 alors que les sœurs se retrouvaient à l’extérieur l’été pour partager un repas, se détendre et échanger entre elles. C’est une façon divertissante de raconter l’histoire des sœurs enseignantes », explique Hélène Girard, directrice générale du Centre historique des sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

Vœux d’émancipation ?
C’est en effet une façon différente de raconter l’histoire des religieuses, car jamais je n’aurais cru, auparavant, que le fait d’entrer chez les sœurs pouvait être une forme d’émancipation pour les femmes de l’époque. « En ce temps-là les femmes mariées avec des enfants ne pouvaient pas enseigner. Les femmes qui voulaient faire carrière en enseignement ne devaient pas avoir d’enfants. Plusieurs optaient pour une vie religieuse afin d’éviter de se marier pour élever une douzaine d’enfants et être soumises à un mari toute leur vie. C’était en réalité une émancipation professionnelle pour plusieurs d’entre elles », soutient Caroline Marcel, responsable des communications pour le Centre historique et responsable des pique-niques animés.

Avec un peu de recul, la vie de sœur enseignante pouvait être moins contraignante et plus intéressante sur le plan intellectuel et pour le développement personnel qu’une vie de femme soumise, mariée et mère de 12 enfants. En plus, les sœurs enseignantes ont collaboré à l’émancipation des femmes en transportant leur enseignement dans les villes et villages les plus éloignés du Québec. Elles ont veillé à l’éducation de nos ancêtres dans la région, sur la Côte-Nord et Charlevoix. Elles ont même exercé leur profession ailleurs dans le monde, comme en Afrique par exemple.

Les pique-niqueurs profitent des saynètes historiques animées par soeur Sainte-Françoise-de-Jésus (Joëlle Gobeil) et monseigneur Lamarche (Simon Desbiens) au Centre historique des soeurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Chicoutimi.

Histoire animée
Les pique-niques du Bon-Conseil se déroulent donc en 1936, en compagnie de Mgr Lamarche, personnifié par Simon Desbiens, et Thérèse Dallaire qui fait son noviciat sous le nom de sœur Sainte-Françoise-de-Jésus, personnifiée par Joëlle Gobeil. Les guides interprètes ont décidé d’exploiter leur goût du théâtre pour le mettre au service de l’histoire.

Les personnages costumés aux couleurs de l’époque entretiennent les pique-niqueurs sur les us et coutumes de l’époque en faisant quelques rappels historiques. Ils connaissent parfaitement leur rôle en y ajoutant une touche d’humour. Ils connaissent très bien l’histoire du Bon-Conseil et répondent à toutes les questions des visiteurs en ne sortant pas de leur personnage, dans un scénario écrit par Frédéric L. Tremblay.

En assistant à ce pique-nique, nous avons accès au jardin des sœurs et la chance de les croiser à l’occasion. « Ce sont les sœurs du Bon-Conseil qui m’ont fait l’école dans ma jeunesse. C’est pour ça que je suis venu pique-niquer ce midi », témoigne Thérèse Dallaire, 75 ans, originaire de La Doré.

L’éducation de nos arrières-grands-parents
C’est un autre bout d’histoire qu’on ne raconte pas souvent, mais les sœurs enseignantes ont éduqué nos grands-parents et nos arrières-grands-parents dans des petites écoles de rang dans les villages, dans des conditions très difficiles. La fondatrice de la congrégation religieuse, Françoise Simard, sœur Marie du Bon-Conseil (originaire de Bagotville), aurait mérité une statue bien avant Onésime Tremblay.

Avec une vue magnifique sur la rivière Saguenay, les pique-niques du Bon-Conseil vous offre le privilège de visiter les jardins des soeurs et de découvrir un endroit unique au coeur de la ville de Chicoutimi.

« Souvent, en arrivant dans les villages au Lac-Saint-Jean ou sur la Côte-Nord, les sœurs qui avaient moins de 20 ans devaient s’acclimater à leur nouveau milieu de vie. Parfois les écoles n’étaient pas bâties et elles devaient se contenter d’une chambre rudimentaire au presbytère », explique Caroline Marcel, qui a invité les convives à visiter l’exposition à l’intérieur du musée après le pique-nique extérieur.

Ces femmes étaient des enseignantes avant d’être des religieuses et elles ont choisi le port du voile pour leur passion d’enseigner aux jeunes. Elles ont appris à lire et à écrire à nos grands-parents et nos arrières-grands-parents et ont contribué à façonner l’éducation des habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Situé à proximité du centre-ville, vous serez enchanté par ce lieu offrant un magnifique panorama sur la rivière Saguenay.