Le nouveau premire ministre du Canada, Justin Trudeau.

Des élections bonnes pour la région ?

Il faut avoir confiance aux institutions démocratiques pour penser qu'une élection fédérale insufflera un changement. Cette campagne n'a été que stratégie, manipulation et camouflage des enjeux. Réjouissons-nous de la fin du règne de destruction de conservateurs même si le bilan final de ses politiques idéologiques, anti-scientifiques et antidémocratiques est inconnu.
Il faut souffrir d'opportunisme territorial pour penser que voter du «bon bord» permettra de changer la trajectoire de développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Que cache donc cette approche? Il s'agit du cautionnement moral des problèmes fondamentaux qui plombent le système politique et démocratique. C'est un désaveu du rôle fondamental du député au parlement. Un déni de l'importance de l'opposition en démocratie, une manière de dire oui à un système basé sur les amis du pouvoir. La région a choisi trois formations politiques. Espérons un débat sur trois visions différentes, dont celle plus progressiste de Karine Trudel (NPD). Elle devra faire contrepoids aux deux Denis qui défendront les vertus incommensurables de l'économie.
Cette élection est un changement pour la région? Non. Le développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne se résume pas à l'option politique des députés fédéraux qui sont des acteurs socio-économiques parmi tant d'autres. À nous de leur rappeler. Le développement des territoires n'est plus un enjeu électoral. Il est dilué à travers des orientations nationales comme la mise en valeur des ressources ou le développement durable. L'analyse des impacts se fait désormais, et malheureusement, sous l'angle de la réalisation d'une série de projets déjà portés par les élus locaux, eux-mêmes souvent trop près du pouvoir économique. Les réflexions et changements fondamentaux pour la région se feront sur d'autres scènes.
J'ai vécu la fin de cette campagne plongée dans le livre d'Alain Deneault, La médiocratie. Impossible de ne pas faire un lien entre son analyse et ce spectacle électoral. Je vous offre une citation qui invite à l'introspection. «La médiocratie nous incite de toute part à sommeiller dans la pensée, à considérer comme inévitable ce qui se révèle inacceptable et comme nécessaire ce qui est révoltant. Elle nous idiotifie.» Ne vous méprenez pas. Je crois fondamentalement à la démocratie et au développement régional. Justement.