Croisières : les vraies retombées ?

Je viens de lire un rapport disponible sur Internet de Doxa Focus, mars 2015, intitulé : Rapport d’étude: Étude auprès des croisiéristes et des membres d’équipage des navires de croisière dans les ports du St-Laurent. Selon ce rapport un croisiériste dépense en moyenne 107 $ sans nuitée dans chaque port de croisière, ou alors 236 $ s’il s’offre une nuitée au port d’embarquement de Québec ou Montréal.

 Les membres d’équipage dépenseraient en moyenne 53 $. On apprend aussi que les croisiéristes ne prennent en général qu’un seul forfait dans toute leur croisière. Cela donne des retombées totales de 236 $ par croisiériste, à condition qu’il y ait nuitée au port d’embarquement.

Par ailleurs, dans un article publié dans Le Quotidien, Promotion Saguenay proclame que 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 80 millions, soit 260 $ par croisiériste. Ces chiffres correspondent à peu près à ceux du rapport de Doxa (236 $ par croisiériste, mais avec nuitée), mais il y a un hic : au Saguenay, les croisiéristes ne consomment pas de nuitées. Il faut donc retrancher 129 $ au chiffre moyen de dépense pour Saguenay, ce qui voudrait dire que nos 300 000 croisiéristes ont amené des retombées de 32 millions et non pas de 80 millions, ceci sans compter les membres d’équipage. Promotion Saguenay dit aussi investir 6 millions pour accueillir en moyenne 50 000 croisiéristes en 2014, 2015 et 2016 (chiffres à vérifier). C’est 40 $ par croisiéristes. Il faudrait à cet égard que Promotion Saguenay rende public son propre rapport d’étude ou nous dise qu’il a utilisé les chiffres de Doxa agrémentés d’une étude maison. Sur Internet, on ne trouve pas d’étude provenant de Promotion Saguenay.

Bref, ces chiffres laissent songeur. Soit je les interprète mal, soit Promotion Saguenay nous mène en bateau. Si un croisiériste dépense 107 $ en moyenne à Saguenay (ce dont on peut tout de même douter), cela donne des retombées de 32 millions pour 10 ans. C’est 3,2 millions par année, et il en coûterait 2 millions pour les accueillir. Il reste donc des vraies retombées de 1,2 million de $. Bien sûr, on pourrait compter l’argent dépensé par Promotion Saguenay comme des retombées, mais ce n’est pas de l’argent neuf venu d’ailleurs. C’est nous qui l’avons sorti de nos poches de citoyens payeurs de taxes. Bien sûr, quand nous allons à la Baie pour accueillir un bateau de croisière, nous dépensons de l’argent et c’est aussi des retombées. Mais cet argent serait dépensé ailleurs s’il ne venait pas de bateaux. À mes yeux, cela n’enrichit pas la région. 

Il n’y a pas de doute que les croisiéristes aiment leur passage à Saguenay et que l’investissement, dans le sens de la visibilité, en vaut la peine. Mais en même temps, comme payeur de taxes, j’aimerais que l’on me dise la vérité. Devant tout ce que l’on sait maintenant sur l’opacité qui régnait à Promotion Saguenay, il y a des doutes. Promotion Saguenay a-t-il embelli le dossier des retombées économiques pour faire mieux paraître notre maire et les investissements de 67 millions $ réalisés et aussi de 4,5 millions $ supplémentaires pour des quais flottants ? Il est question ici de la simple vérité. 

Gaétan Émond

Saguenay

Son jupon dépasse manifestement

Sans retenue, un goût amer en bouche, mais l’esprit tranquille, et n’ayant rien à se reprocher, Carolle Dallaire, propriétaire d’une compagnie de taxis à La Baie et ex-administratrice sur le C.A. de Promotion Saguenay, s’est livrée, le 4 décembre dernier dans Le Quotidien.

Selon elle, des membres du C.A. étaient manipulés. Elle a bien dit, on insiste, des membres du C.A.

Cela veut-il dire qu’elle s’exclue ? Maintenant qu’elle a commencé à lever le voile, peut-on savoir qui sont les membres qui auraient été manipulés ? Sinon, trop facile de chercher à se disculper en accusant les autres comme elle le fait.

À lire ses confidences faites à la journaliste Mélyssa Gagnon, cette membre d’un C.A. me donne nettement l’impression de ne pas avoir pris ses propres responsabilités d’administratrice. Si elle trouvait que les réunions étaient caractérisées par le vague, que des membres étaient manipulés, que certains avaient une confiance aveugle en Ghislain Harvey, à mon sens, elle a cautionné cet état de fait en ne dénonçant pas publiquement.

À part cela, les propos de cette femme d’affaires laissent entendre qu’être sur le C.A. de Promotion Saguenay constituait pour elle un tremplin qui pouvait lui rapporter. Depuis quand acceptons-nous de faire partie du conseil d’administration d’un OBNL paramunicipal financé par les deniers publics pour garnir son propre réseau de contacts ?

Nous sommes plusieurs dans la ville qui croyons que madame Dallaire a perdu sa crédibilité parce qu’elle s’est délié la langue trop tard. Dans la crise de confiance qui secoue présentement les Saguenéens, celles et ceux qui vont chercher à jouer sur les deux tableaux en même temps doivent être démasqués sans compromis. Il y a assez de cynisme ambiant comme ça.

Marcel Lapointe

Jonquière