Conseils pratiques sur le temps d’écran adaptés à la nouvelle réalité des familles

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Le Quotidien
OPINION / Bien que les recherches ne prennent pas en considération tous les facteurs associés, deux constats émergent des études sur les écrans : il faut limiter le temps d’écran et il faut encadrer le type d’usage chez les enfants. Cependant, en raison de la crise de la COVID-19, l’Académie américaine de pédiatrie (AAP) souligne qu’il est toujours important de fixer des limites et d’encadrer le type d’usage, tout en trouvant des moyens créatifs pour garder le calme à la maison et assurer le bien-être de la famille. Dans un contexte où les sources de stress augmentent pour les parents, alors que les ressources pour leur venir en aide diminuent, la flexibilité et l’indulgence semblent incontournables.

Bien que les recherches ne prennent pas en considération tous les facteurs associés, deux constats émergent des études sur les écrans : il faut limiter le temps d’écran et il faut encadrer le type d’usage chez les enfants. Cependant, en raison de la crise de la COVID-19, l’Académie américaine de pédiatrie (AAP) souligne qu’il est toujours important de fixer des limites et d’encadrer le type d’usage, tout en trouvant des moyens créatifs pour garder le calme à la maison et assurer le bien-être de la famille. Dans un contexte où les sources de stress augmentent pour les parents, alors que les ressources pour leur venir en aide diminuent, la flexibilité et l’indulgence semblent incontournables.

Au-delà des recommandations visant à quantifier le temps d’écran, il importe de le qualifier en considérant l’ensemble des activités réalisées par l’enfant, avec ou sans les écrans, et les besoins spécifiques liés à son développement. Ainsi, de nouvelles recommandations pour l’usage des écrans des enfants pendant la pandémie de la COVID-19 ont été émises par l’AAP.

Prôner la souplesse et la flexibilité

Étant donné que les familles éprouvent des niveaux de stress élevés associés à la pandémie, l’AAP reconnaît qu’un temps d’écran supplémentaire peut être inévitable, non seulement pour occuper les enfants, mais aussi pour aider les adultes à concilier leurs responsabilités familiales et professionnelles.

Déterminer des règles impliquant l’enfant ou l’adolescent

Il est suggéré aux parents de déterminer des règles concernant le temps d’écran et les usages permis la semaine et les fins de semaine afin d’aider les enfants à bien les comprendre et éviter l’argumentation ou les conflits. Les parents sont également invités à mettre leurs enfants au défi d’éteindre eux-mêmes la télévision, la tablette ou le jeu vidéo.

Continuer à filtrer les contenus liés au temps d’écran

L’AAP encourage les parents et les personnes qui travaillent auprès d’enfants à filtrer les informations au sujet de la pandémie et à en parler d’une manière que les enfants puissent comprendre. Les parents doivent être rassurants, faire preuve d’empathie envers les autres, rappeler aux enfants les mesures de protection en vigueur (par exemple, se laver les mains) et être attentifs à la présence d’anxiété. Ils doivent faire de leur mieux pour encadrer ce que les enfants consultent par le biais des écrans, afin qu’ils ne soient pas exposés à des histoires ou des images inappropriées.

Considérer les effets positifs du temps d’écran

L’AAP distingue le temps d’écran pour les divertissements (jeux, télévision, films, clip vidéo) du temps d’écran qui peut avoir des effets positifs (jeux éducatifs, discussion avec des membres de la famille par vidéo). Lire un livre d’Harry Potter ou une pièce de Molière sur une tablette n’est pas l’équivalent que de jouer à Fortnite. Les médias sociaux permettent actuellement aux jeunes de garder contact avec leurs proches. Par exemple, appeler les grands-parents régulièrement est une utilisation positive du temps d’écran qui crée un soutien ou un accompagnement pour les jeunes et les adultes en isolement. Envoyer une vidéo pour souhaiter un joyeux anniversaire à un ami est une autre manière pour les jeunes de rester en contact.

Préserver la routine quotidienne

Sans supervision, le temps passé devant l’écran peut interférer avec la routine quotidienne des enfants, en changeant leurs habitudes alimentaires ou le temps qu’ils consacrent à des activités physiques ou les routines de sommeil. Un temps d’écran rapproché de l’heure du coucher est aussi reconnu comme étant négatif sur les habitudes de sommeil, car il peut interférer sur la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. L’AAP mentionne que les enfants et adolescents ne doivent pas être exposés aux écrans une heure avant l’endormissement.

Accompagner les enfants dans l’utilisation des écrans

Le fait d’accompagner les enfants dans leur utilisation des écrans donne l’occasion de voir ce qu’ils consultent et apprennent en ligne. Passez du temps avec eux et questionnez-les au sujet de la vraisemblance de ce qu’ils voient, par exemple, est-ce une source crédible ? Est-ce que cette source est susceptible d’avoir une intention ou un agenda? Si vous ne vous sentez pas bien outillé comme parents, certains sites comme https://habilomedias.ca/ sont des sources très intéressantes. On recommande aussi de placer les appareils dans les pièces communes comme le salon ou la cuisine et de les garder hors des chambres, ce qui permet de préserver le sommeil des enfants. Ce n’est cependant pas évident à une époque où les appareils sont mobiles. Mais négociez des règles communes avec vos enfants et adolescents pour leur santé et leur bien-être (la durée des activités en ligne, l’heure à laquelle il serait bien de commencer et d’arrêter, etc.). Dans le doute, faites une recherche sur le Web pour trouver des informations crédibles. Chaque famille pourrait corédiger une charte d’utilisation.

Rester vigilant quant au bien-être de l’enfant

L’AAP rappelle l’importance d’être conscient des conséquences psychologiques que la pandémie peut avoir sur les enfants. Ils n’ont peut-être pas les mots pour exprimer leur inquiétude, mais des signes d’anxiété ou de stress peuvent être observés. Par exemple, ils peuvent devenir grincheux, manifester davantage leur besoin de réconfort, avoir de la difficulté à dormir, ou avoir l’air distraits. Il est recommandé aux parents de continuer à les rassurer et de s’en tenir, dans la mesure du possible et avec flexibilité, aux routines habituelles.

Prendre le temps de se déconnecter en famille

Bien qu’il puisse être tentant de laisser les enfants s’occuper seuls avec des écrans, il est suggéré de ne pas le faire trop souvent. Les parents pourraient ainsi prévoir du temps hors ligne pour des activités sans écran, telles que des promenades, des jeux de société, de la lecture, de la cuisine ou des sports.

Quoi retenir de ces recommandations? Il faut se rappeler que ce n’est pas facile d’être parent et c’est encore plus vrai en période de crise. Certaines règles méritent d’être assouplies en contexte de pandémie. Désormais, la santé mentale des parents et celle des enfants sont de meilleurs critères à considérer que le nombre d’heures par jour passé devant les écrans. Exit la culpabilité! Au-delà du nombre d’heures consacrées aux écrans et du type d’usage qui en est fait, d’autres critères doivent guider les décisions des parents. Si l’enfant se retire socialement, qu’il devient irritable, inattentif ou dépressif quand il n’est pas devant un écran ou que son temps d’écran entraîne des effets négatifs dans sa vie (retard scolaire, conflits familiaux, isolement), une intervention des parents peut être nécessaire.

Jacinthe Dion,

psychologue, professeure, Département des sciences de la santé, Université du Québec à Chicoutimi

Mélanie Paré,

professeure, Département des sciences de l’éducation, Université de Montréal

Eve Pouliot,

professeure, Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec à Chicoutimi

Evelyne Touchette,

psychoéducatrice et psychologue, professeure Département de psychoéducation, Université du Québec à Trois-Rivières

Mamans à l’ère du Coronavirus, en collaboration avec Patrick Giroux, Professeur au Département des sciences de l’éducation, Université du Québec à Chicoutimi