Dans le débat sur les chiens, il y a, d’un côté,les inconditionnels des animaux, et de l’autre, ceux qui n’ont aucune tolérance.

Civisme et bêtise

Voilà, c’est reparti ! Est-ce que la place des chiens dans les endroits publics sera le débat de l’été au Saguenay-Lac-Saint-Jean ?

La question est loin d’être futile, surtout quand il y a blessures graves sur un être humain. Tous se souviennent de cette mère de famille de Montréal, Christiane Vadnais, qui a été tuée par un chien, en juin 2016, alors qu’elle jardinait autour de sa résidence. Cette affaire a relancé le débat sur les races dangereuses et a incité des municipalités à en bannir quelques-unes ou à donner du muscle à leur règlementation.

L’humain d’abord
L’angle d’approche dans ce débat doit être la sécurité et la liberté des citoyens avant tout. La liberté de profiter des espaces verts, comme il s’en trouve par dizaines au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et la sécurité totale pour ceux qui en jouissent. Quant à la liberté de posséder un chien, elle existe si et seulement si la sécurité des êtres humains n’est pas compromise ! Et pour cela, ça prend un minimum de jugeote...

C’est ce que garantissent pourtant les lois et les règles, mais là où il y a des hommes, il y a aussi de la bêtise. Et ce serait détourner la réflexion que de réduire à certaines races la difficulté de cohabitation entre les humains et les chiens. Ce n’est pas plus acceptable, dans un lieu public, de se faire courir après par un caniche qu’un molosse, quoique le danger ne se compare pas.

En fait, les citoyens qui prennent une marche en dilettante ou les autres, plus sportifs, ne devraient pas être habités par des craintes, ni avoir à affronter un danger causé par la présence d’un chien.

Dans les cas cités cette semaine, il est difficile de tirer toutes les conclusions parce que les policiers ne disposent pas encore de tous les éléments pour établir les faits, mais reste qu’il y a des citoyens qui ont été attaqués. L’attaque de la semaine dernière montre, encore, qu’il faut souvent attendre un accident pour que les autorités agissent. Saguenay a promis d’être plus sévère sur la règlementation et c’est très bien.

Et il y a aussi ces autres épisodes qui ne sont pas rapportés, où des chiens mal contrôlés ou au bout d’une laisse trop longue causent des embêtements.

Quand vous mettez les mots sécurité et chien dans la même phrase, vous déclenchez automatiquement une tempête. Il y a, d’un côté,les inconditionnels des animaux, et de l’autre, ceux qui n’ont aucune tolérance. En fait, des militants des deux bouts du spectre qu’il ne fait pas bon d’inviter à un débat.

Pour qu’il y ait une cohabitation qui assure la paix aux non-propriétaires de chien, ça prend du civisme, de l’intelligence et du respect. Malheureusement, l’absence d’un de ces ingrédients est souvent à la base des problèmes. Il n’est pas rare de voir des gens promener pitou sur les pistes cyclables comme la Vélouroute des Bleuets, alors que c’est formellement interdit. Ajoutez à cela la présence de cyclistes, de piétons, de poussettes et de patineurs, et vous aurez le cocktail idéal pour provoquer des accidents.

Pari difficile
Au parc de la Rivière-du-Moulin, un endroit exceptionnel qui vient d’être rehaussé par l’ouverture de nouveaux sentiers, les gestionnaires acceptent les chiens dans des secteurs bien délimités. Ainsi, ils prennent en compte qu’il existe des utilisateurs, qui aiment marcher ou courir avec leur bête. En général, ça se passe bien, mais malheureusement, l’exception vient perturber la situation.

En fait, il faut revenir au concept de collectivité. Pour vivre en société et participer à une cohésion sociale, il faut agir avec responsabilité. Il faut se rendre à l’évidence que c’est trop demander à certaines personnes. Et vouloir prendre les moyens pour contenir les mauvais comportements n’est pas une mince affaire. S’il y avait une recette, quelqu’un l’aurait trouvée. En attendant, il faut encore émettre de nouvelles limites pour compenser le manque de jugement de certains.