Ces petites tapes dans le dos

Stimuler l’économie de sa région en optant pour des biens et services locaux est une politique de plus en plus répandue dans les foyers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs. Le professeur de l’UQAC Damien Hallegatte, spécialiste en marketing, ainsi que le promoteur saguenéen Hugues Harvey se prononcent sur le sujet.

Je peux aussi imaginer le risque et le stress que cela suppose pour sa propriétaire d’ouvrir une nouvelle succursale. Les investissements en argent et en temps, le personnel, le risque d’un nouveau local. Et je peux aussi comprendre que celle-ci a bien été ébranlée par l’annonce de l’ouverture d’un Chocolats Favoris dans les environs de son nouveau commerce. 

Il me semble que c’est encore le temps des résolutions de nouvelle année et qu’un peu de nationalisme économique devrait être au menu, non ? C’est une belle occasion pour les gens du Saguenay d’encourager quelqu’un de chez nous dans son nouveau projet et par la même occasion, de nous aider nous-mêmes… J’irai avec grand plaisir y acheter mon chocolat en 2018, aussi souvent que possible. 

Sans vouloir le cacher, j’étais (et je suis toujours) un adepte de Chocolats Favoris lors d’un passage dans la Vieille Capitale, et je continuerai de m’y rendre. Du côté de Vaudreuil, ils auront aussi ma préférence sur le Dairy Queen, situé quelques rues plus loin. Autant encourager une entreprise québécoise. Le but étant toujours d’encourager l’initiative locale, en premier lieu, quand c’est possible.

Mais c’est cette affection des gens de Québec pour leur chocolaterie, poussée par la soif d’entreprendre de son président, qui a permis à cette entreprise de se développer. Je trouve que nous avons, nous aussi, une belle occasion de donner encore ici une chance à une entreprise de chez nous, qui n’est peut-être qu’au début de son développement. 

Je ressens toujours une certaine fierté lorsque je vois La Voie Maltée se développer du côté de Québec. J’ai un sourire à toutes les fois que je passe sur le boulevard Laurier ces jours-ci et que je remarque leurs travaux d’expansion dans l’ancien Beaugarte. C’est quand même tout un défi que ses propriétaires relèvent, on leur souhaite que ce ne soit que le début ! 

Même chose maintenant du côté de Drummondville. Clairement que la Fromagerie Lemaire, depuis son acquisition par la famille Boivin, mérite un arrêt lorsque c’est possible. La fromagerie familiale est rendue plutôt importante dans le paysage québécois. Encore une fois, il faut applaudir et continuer à encourager le succès d’entreprises de chez nous. 

C’est par ces petites décisions que nous, consommateurs, pouvons vraiment faire la différence dans la vie d’entreprises et par ricochet, dans la vitalité de notre région. L’économie de succursales, ce n’est pas juste un problème à l’échelle du Québec… J’ai aussi beaucoup plus de chance de voir les entrepreneurs locaux venir acheter des produits et services dans mes entreprises qu’Anheuser-Busch (Budweiser) ou Parmalat. 

Je ne peux pas spéculer sur les plans d’avenir de la propriétaire de cette chocolaterie, que je ne connais pas. Mais qui sait, c’est peut-être le début d’une autre belle aventure ? Elle vient de prendre tout un risque, il faut quand même le reconnaître et l’applaudir. 

Ce sont des petites tapes dans le dos qui finissent par nous porter au début de nos entreprises. Imaginons ce que quelques milliers d’encouragements, à coups de petits achats dans une boutique de chez nous, pourraient faire. Imaginons aussi l’impact sur ces mêmes entreprises lorsqu’on les oublie. Ça peut malheureusement ébranler des passionnés… 

Alors, Mlle Lavoie, j’espère que votre chocolat remplira ses promesses pour 2018, ce dont je ne doute pas du tout… Avant même d’y avoir goûté, vous avez gagné un client. Bonne année 2018 et bonne chance avec votre nouveau projet !