Y a-t-il encore des leaders au Saguenay–Lac-Saint-Jean?

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Ils sont où nos leaders régionaux? Qu’est-ce qu’ils font? Sont-ils conscients que la région va mal? Qu’elle vieillit à vue d’oeil? Que son économie déjà fragile avant la COVID-19 est aujourd’hui plus que jamais sous respirateur artificiel?

Sont-ils conscients que sous des couverts de neutralité scientifique bienveillante, des intervenants comme Jérôme Dupras militent et se donnent de la visibilité médiatique à Montréal et dans les médias sociaux en étant tantôt économiste spécialisé dans le domaine des investissements internationaux, tantôt en matière de fiscalité, puis en gaz à effet de serre, puis en carboneutralité, avant de devenir biologiste spécialiste dans le bruit marin et ses impacts sur les bélugas, le tout sur notre dos, et avec le sourire? Beaucoup pour un seul scientifique… Ne manque plus qu’une recherche sur la COVID-19 dont il sera le héros.

Nos leaders sont-ils conscients qu’en ne disant rien devant cette situation, ils envoient un signal terrible de faiblesse à tous promoteurs, actuels et futurs, qui pourraient avoir «l’étrange» idée d’investir dans notre région pour y créer des emplois et des retombées, et ce, peu importe le secteur d’activités? Que ce silence et cette non-position sont enregistrés, par exemple, par la haute direction de Rio Tinto de qui on réclame des investissements, mais qui sera sans doute la prochaine à se faire cogner dessus à bras raccourcis par des experts «neutres et indépendants» quand elle voudra faire quelque chose?

Que l’image de notre région est lentement, mais durablement ternie? Que les attaques actuelles sur le transport maritime sur le Saguenay dépassent largement un projet comme celui de GNL Québec, mais mettent en péril toute la navigation et les projets futurs du port à Grande-Anse?

Sont-ils conscients que ce silence tue lentement le Saguenay-Lac-Saint-Jean?

J’ai déjà écrit dans cette tribune pour dénoncer le fait que les gens des grands centres espèrent nous voir devenir une belle petite région de plein air tranquille, avec des gens souriants qui portent leurs valises durant leurs vacances d’été et qui font pousser des petits fruits sauvages dans les bois.

Je me refuse à cette vision qui nous guette de plus en plus.

Je pense au contraire que la région doit montrer comment on peut à la fois développer son économie et aussi être engagée dans du développement durable. On peut devenir un modèle dans la navigation intelligente, par exemple. Certains promoteurs ont déjà proposé pleins d’initiatives, mais que les experts se gardent bien d’explorer publiquement.

Il faut par contre que nos leaders se lèvent. À date, à part le député Richard Martel, on les cherche nos leaders capables de faire preuve de lucidité, de vrai courage et capables de faire le tri entre le militantisme acharné et la réalité d’une région qui peut et qui doit se démarquer.

La question qui tue : y a-t-il encore des leaders au Saguenay-Lac-Saint-Jean ou sommes-nous rendus à plier le dos dans l’indifférence?

Gilles Gauthier

Saguenay