Vous avez dit consultation?

OPINION / Dès le début, l’opération de consultation sur la zone ferroviaire a malheureusement pris des airs de mascarade. Un éléphant s’était déjà imposé en urgence dans la pièce, en l’occurrence le Centre Georges-Vézina avec la solidification de son toit, et en prime l’inévitable et dispendieuse mise à niveau pour prolonger sa vie de 25 ans. La direction des Saguenéens et la mairesse décidèrent alors de parier sur l’Amphithéâtre + en plein centre-ville sur la zone ferroviaire. Sans surprise, le projet qu’on voulait municipal et régional s’est vite embourbé dans les marécages politiques jonquiérois et baieriverain. Un retrait stratégique s’imposait.

Dès le début, l’opération de consultation sur la zone ferroviaire a malheureusement pris des airs de mascarade. Un éléphant s’était déjà imposé en urgence dans la pièce, en l’occurrence le Centre Georges-Vézina avec la solidification de son toit, et en prime l’inévitable et dispendieuse mise à niveau pour prolonger sa vie de 25 ans. La direction des Saguenéens et la mairesse décidèrent alors de parier sur l’Amphithéâtre + en plein centre-ville sur la zone ferroviaire. Sans surprise, le projet qu’on voulait municipal et régional s’est vite embourbé dans les marécages politiques jonquiérois et baieriverain. Un retrait stratégique s’imposait.

La relance vient en avril, curieusement avec deux consultations publiques parallèles. L’une plutôt courte sur la zone ferroviaire circonscrite à l’arrondissement et l’autre plus large et longue sur le Schéma d’aménagement et de développement à l’échelle de la ville. Pourtant, le simple bon sens commandait que celle sur la zone ferroviaire se tienne après l’autre, plus fondamentale et inclusive. On a fait le contraire, tel un architecte pressé concevant les plans du salon avant d’établir ceux de la maison. Une chatte y perdrait ses petits.

D’ailleurs, l’incongruité des résultats de la consultation révèle son contexte politique. À première vue, on voit mal comment le conseil d’arrondissement pourra écarter le projet de Centre multifonctionnel culturel et sportif régional : Place des congrès.

Il fallait entendre le président de l’arrondissement de Chicoutimi Michel Tremblay et le consultant expliquer en conférence de presse la quadrature du cercle qu’a tenté de résoudre le comité municipal dans l’établissement des critères d’analyse qui ont mené au choix des trois projets retenus. Des projets si différents, voire contradictoires les uns aux autres. Répétons-le, le développement d’un secteur aussi névralgique et central devrait s’inscrire dans une vision d’ensemble de la ville et des arrondissements, que seul permet l’incontournable Schéma d’aménagement et de développement du territoire.

En attendant, une question centrale doit être débattue publiquement. Est-il pertinent, faisable et souhaitable de déplacer à grands frais sur la zone ferroviaire, en plein centre-ville, les activités sportives et les infrastructures liées aux Saguenéens de Chicoutimi ?

Plusieurs des promoteurs du Centre multifonctionnel sont liés d’une façon ou l’autre à l’organisation des Saguenéens. Ils en ont parfaitement le droit, comme ceux associés au milieu commercial et la production de spectacles au centre-ville. Mais il faut rappeler néanmoins que la Ville est propriétaire des Saguenéens et subventionne largement les activités d’attraction au centre-ville. De plus, des dirigeants de Diffusion Saguenay et de Promotion Saguenay, des organismes municipaux, siègent au conseil d’administration des Saguenéens. Dans ce cas-ci, la proximité est évidente et impose une certaine réserve et de la transparence dans le débat sur l’avenir de la zone ferroviaire.

Par ailleurs, on a bien vite évalué l’impact du déplacement du hockey junior au centre-ville sur le CGV et le Pavillon de l’agriculture. La récente suggestion du groupe de promoteurs d’offrir le Centre Vézina à l’UQAC est étonnante, comme est douteuse l’idée de transformer le Pavillon d’agriculture en entrepôt, alors qu’à quelques kilomètres de là le garage municipal a grand besoin de réorganisation et d’investissements.

On invoque souvent la revitalisation économique et commerciale comme priorité d’investissement dans le centre-ville. Toutes les recherches sérieuses prouvent le contraire.

Le développement profitable d’un centre-ville survient par la planification urbaine (circulation automobile contrôlée, voies piétonnières, services accessibles, règles d’architecture, respect du patrimoine, etc.), des aménagements qui favorisent la qualité du milieu de vie, des lieux de rassemblement (places, parcs, espaces verts), des loisirs disponibles, une vie culturelle et communautaire intense.

Laval Gagnon

Chicoutimi