Volonté et humanité

OPINION / Le 3 février 2020, les élus de Saguenay ont décidé d’aller de l’avant avec ce qu’ils nomment des « grands projets », débloquant 20 millions $ pour un amphithéâtre, 18 millions $ pour un soccerdôme et 6,4 millions $ pour une bibliothèque. Ici, nous ne nous prononçons ni pour ni contre ces investissements sportifs et culturels, là n’est pas la question.

Mais pendant que nos élus brassent toute cette richesse, « les chiens aboient, la caravane passe », comme le dit un proverbe. 

Oui, c’est exactement ce qui se passe sous les yeux des locataires appauvris de Saguenay qui, depuis sept ans, mènent un combat collectif sans précédent pour obtenir aussi l’aide de Saguenay afin de mener à terme leur « grand projet », la Coopérative d’habitation La Solidarité à Jonquière-Kénogami. Avec des moyens et des ressources limités, pour ne pas dire inexistants, ils ont réussi à récolter 205 000 $ et continuent encore à chercher des dons devant l’absence de collaboration de la Ville.

Les locataires appauvris demandent pourtant si peu : 700 000 $ sur cinq ans. Oui, 140 000 $ par an pendant cinq ans pour faire naître un bien collectif sans notion de profit, pour combler un besoin vital et essentiel que celui d’être logé dignement, sous un toit où régnera l’entraide, le partage, la démocratie, la prise en charge et la solidarité. Une subvention a même été rendue disponible depuis juin 2019 par la ministre de l’Habitation et députée de Chicoutimi, mais continue de dormir sur une tablette gouvernementale, faute de collaboration municipale.

Pourquoi la Ville demeure-t-elle indifférente aux intérêts des locataires appauvris de Saguenay, qui portent aussi un « grand projet » ayant pour but de lutter contre la pauvreté, d’améliorer la condition de vie des locataires appauvris et de combler un besoin aussi fondamental que de se loger ?

Si seulement, au cœur de l’administration qui gouverne cette Ville, il y avait un brin de volonté et un ciel d’humanité pour les locataires appauvris de Saguenay, qui se débattent depuis sept ans comme des diables dans l’eau bénite, le « grand projet » de Coopérative d’habitation La Solidarité pourrait se régler en cinq minutes et voir le jour en moins de 18 mois…

Sonia Côté

Coordonnatrice de Loge m’entraide

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DISCRÉDITER GNL

C’est devenu une sorte de rituel matinal. Prendre un café et découvrir quels groupes de professeurs d’université ou quels groupes de pression ont décidé de se faire un peu de publicité gratuite dans les médias en publiant une lettre attaquant GNL Québec.

Jeudi matin, on apprenait sur le site d’ICI Radio-Canada et dans les pages de mon Quotidien que cette entreprise maintiendrait maintenant sous une pression insoutenable les professeurs d’université du Québec, rien de moins, parce qu’elle finance une recherche sur la forêt et le gaz naturel renouvelable. 

Un peu fort non ? Il me semble que depuis le temps où tout le monde parle de gaz renouvelable, mais où personne n’agit réellement, on devrait plutôt féliciter cette injection de fonds privés dans un projet de recherche qui a un fort potentiel pour la région. Mais n’étant pas un universitaire, je suppose que je ne peux pas comprendre... 

J’imagine par contre que si, en 2020, des intérêts privés voulaient manipuler des travaux de recherches universitaires, l’affaire serait vite éventée et le groupe en question discréditée, et avec raison.

Maintenant, je me questionne : quels seront les prochains groupes à se positionner en employant les lettres magiques de GNL pour avoir de l’exposition gratuite dans les médias ? L’Association des professeurs en soins dentaires ? L’Association des enseignants en techniques d’éducation spécialisée ? Le Regroupement des profs d’histoire du Québec, qui vont nous dire que, dans le fond, GNL est responsable de la défaite des Français sur les plaines d’Abraham ?

En passant, je suis beaucoup plus inquiet de voir la communauté universitaire se discréditer comme elle le fait actuellement dans les médias du Québec et de la région que je peux l’être de savoir que des entreprises privées financent, en toute transparence, l’avancement des connaissances scientifiques qui peuvent aider ma région.

Gilles Gauthier 

Saguenay

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JE CROIS

Autrefois, on disait : « Je crois en Dieu. »

Comme si croire était le leitmotiv de toute action, de bien-pensant.

On disait « Je crois en Dieu, le père tout-puissant, etc. » et cela nous donnait la permission de toutes les extravagances en son nom : les constructions de cathédrales, de presbytères somptueux qu’aucun paroissien, à part le maire, le notaire, l’avocat et l’homme d’affaires de la petite communauté, ne pouvait même imaginer pour lui. Construite pour trois religieux dans le début des années 60 et qu’on remplit en 2020 par au moins 15 Guatémaltèques.

Où est, ou, où a été l’erreur ?

Je crois à un soccerdôme, pour les enfants de nos enfants, partis, expatriés, qui ne reviendront pas, ne nous faisons pas d’illusion.

Je crois à une bibliothèque de x millions pour récupérer les extravagances d’une autre époque, ignare.

Je crois à un amphithéâtre, collé sur nos « petits amis de la Racine ». Commerce, au singulier, bar, restos.

Parlant de salle de spectacles, nous en avons une neuve, enviable, toujours pleine, le Théâtre Banque Nationale. Cela me questionne : qui remplit les vides, qui paie cela ? Et en plein cœur de la ville ! Oui. En plein cœur de la ville !

Les beaux sourires d’empathie, d’accueil inconditionnel, de grande compréhension, ont remplacé, et en plus énervant, les religieux du temps de mon adolescence. Voilà le credo de nos élus qu’on peut identifier par un signe de piastre. Je crois en l’argent. Il suffit de mettre les mots « Je crois » pour donner de la valeur à ce qui suit. Comme à une époque pas si lointaine.

L’argent, la valeur absolue. Vraiment. Pas mal triste tout cela.

Pauline Germain

Chicoutimi