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OPINION / La réussite d’une PME de proximité comme les Serres Toundra de Saint-Félicien est une véritable démonstration que l’économie tournée vers le développement durable est remplie de possibilités et est la voie de l’avenir.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

Contre la conviction populiste que GNL Québec est la meilleure façon de nous fournir maisons et couches molles, les visionnaires réalisateurs de ce projet devenu un de nos beaux fleurons régionaux alliant économie verte, circulaire et proximale constitue en soi tout un exploit. De jeunes entrepreneurs capitalistes à visages humains pourraient en entraîner d’autres à les imiter, car il existe d’autres grandes usines établies ici depuis des décennies qui laissent fuir en pure perte des quantités phénoménales de chaleur en même temps que des GES qui pourraient être compensés pour atteindre la carboneutralité; le tout en nourrissant la population locale de denrées fraîches.

Pensons juste à l’opération d’une serre annuelle grâce à la chaleur récupérée de la papetière de Kénogami, à laquelle pourrait s’additionner la chaleur provenant de la combustion de biomasse, au besoin. Des emplois à salaires décents, que trop de Québécois continuent de bouder, mais qui pourraient comme à Saint-Félicien attirer des immigrants pour enrichir culturellement et démographiquement notre région. Sachons qu’un nouveau-né sur trois au Québec provient d’immigrants, selon l’Institut de la statistique du Québec. Ce n’est quand même pas négligeable.

Je cherche du négatif à pareille aventure à succès, mais n’y trouve qu’aide précieuse au relèvement d’une région pas mal « poquée » par les aléas d’une mondialisation néolibérale ravageuse. En fait, ayant suivi l’évolution du projet dès son origine, je peux dire que son histoire a bien mal commencé. Mais aujourd’hui, les Serres Toundra nous font honneur, Jeannois et Saguenéens, parce qu’elles rayonnent hors région itou et présentent un modèle à suivre dans la lutte aux changements climatiques et dans le soin qu’elle applique pour rendre ses travailleurs heureux et satisfaits.

Au début, il s’est manifesté un antisyndicalisme affiché par les jeunes entrepreneurs qui ont dû apprendre dans les cours spécifiques du curriculum pour devenir entrepreneurs, que si tu veux mettre le syndicat à ta main, il faut toi-même en former un et lui forger une convention collective rimée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, manière capitaliste sauvage. Ils ont appris de leur erreur. Et surtout, surtout, c’est prouvé: un syndicat digne de ce nom n’a pas nui à l’épanouissement de l’entreprise. Bien au contraire.

À la faveur de la conscientisation et la vigilance de certains travailleurs sur place, on l’a vu de ce côté, la raison l’a emporté et les choses se sont tassées pour leur plus grand bien et celui des nouveaux dont le syndicat est affilié à la centrale FTQ (Unifor) pour une meilleure défense des intérêts des travailleurs. La pandémie, qui nous en fait voir de toutes les couleurs, nous conscientise par contre sur l’importance, voire la nécessité d’adopter des valeurs comme la solidarité régionale, un développement basé sur l’autarcie et le durable, l’ouverture à l’autre... Enrichir une région, c’est pas juste en termes de signe de piastre.

Trop beau pour être vrai ? Pas le moins du monde ! Ça prend une volonté politique, l’humilité et l’acceptation que « Small is beautiful ».