Voie ferrée sur la Côte-Nord

OPINION / M. Carl Laberge s’inscrit en faux pour le projet de ligne ferroviaire reliant Dolbeau à Baie-Comeau sur le bassin versant nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me permets, comme simple citoyen, d’apporter un éclairage différent à ce projet.

Les quelques projets miniers au nord de notre région ont démontré la difficulté d’acheminer leurs produits vers les clients mondiaux. Atteindre le port de Grande-Anse pour eux nécessite de passer dans des villes et villages et sur des ponts. Qui plus est, même si le transport ferroviaire est le plus adapté pour leurs produits, ils se voient confrontés à deux obstacles majeurs : obtenir l’approbation de Rio Tinto pour aller de Jonquière à La Baie et finir le dernier kilomètre en camion (eh oui, la voie ferrée ne se rend pas au port de Grande-Anse). Donc, ils en arrivent au besoin de construire un nouveau port qui fera compétition sur la rive nord du Saguenay… On se tire dans le pied.

Évidemment, sans voie ferrée et sans accès facile au port actuel, tout ce minerai devra être transporté par camions qui circuleront, eux, sur nos routes et dans nos bourgs. Ceci n’est ni intéressant ni économique pour personne.

D’autre part, pour ce genre de produits, il est démontré depuis longtemps que le transport terrestre ferroviaire est la seule façon efficace et sécuritaire de faire si on fait attention aux réalités urbaines (éviter de reproduire le modèle de Lac-Mégantic).

La protection de notre environnement, de la faune et de la flore est une réalité sociale et politique qui est devenue incontournable. Si chaque projet minier nordique se voit contraint de construire sa propre route et son propre port sur la rive nord du Saguenay ou du fleuve Saint-Laurent, je ne vois rien de bon dans ça. Qui plus est, le versant nord et ses localités ont, eux aussi, droit au développement.

Ce qui m’apparaît aberrant dans tout ça, c’est que des solutions, il y en a, mais il faut un peu de bonne volonté et de courage.

Les besoins portuaires du versant sud doivent aller à Grande-Anse. Le lien ferroviaire qui part de Dolbeau via Chambord jusqu’à ce port doit donc être fluide et efficace. Des négociations sérieuses doivent être entreprises avec Rio Tinto et la voie ferrée doit se rendre au port pour éviter le transbordement final par camion.

Ceci admit, il doit aussi y avoir une voie ferrée publique efficace sur le versant nord pour aller de Dolbeau à Baie-Comeau ou Sept-Îles. C’est la seule avenue qui concilie les besoins de tous au mieux.

Je crois que nos choix de société doivent prendre le pas sur l’opportunisme et l’égoïsme. Je crois aussi que le développement économique passe indubitablement par l’amélioration durable de notre environnement en respect de la faune et de la flore. N’importe quoi d’autre est une voie sans issue.

Robin Boulianne, Ing.

Jonquière

Le Quotidien, c’est nous

J’ai lu avec intérêt tous les commentaires des lecteurs publiés dans Le Quotidien dernièrement, qui ont exprimé leur appui et leur solidarité envers ce journal dans la foulée des événements entourant les difficultés financières qui affligent les journaux de Groupe Capitales Médias. J’ai perçu un attachement profond de la part des lecteurs dudit journal.

Le Quoditien, depuis sa fondation, est devenu un journal phare. Il a toujours été, et est encore, une référence pour tous les autres médias de la région, je pense ici aux radios et aux stations de télévision particulièrement qui, dès les petites heures du matin, y puisent souvent l’essence même du contenu de l’information qu’ils livreront en journée.

Le Quotidien est à mes yeux un monument de l’information régionale. Ses artisans, ses journalistes, chroniqueurs, son caricaturiste et autres, démontrent un professionnalisme qui n’a rien à envier aux journaux nationaux.

Et pour ma part, Le Quotidien a été le premier lien, le premier instrument à la portée des mains du jeune homme qui est arrivé à Chicoutimi, guitare et valises en mains, pour poursuivre ses études à l’UQAC. Dès le premier jour d’ailleurs, en débarquant au restaurant de la gare d’autobus, je le pris dans mes mains pour y dénicher les coordonnées d’une chambre à louer. Il ne m’a jamais lâché depuis. En plus d’y trouver un lieu d’hébergement, j’ai, grâce au Quotidien, trouvé un petit emploi dans les annonces classées.

Et en tant qu’étudiant en littérature et en théâtre à l’UQAC, je lisais assidûment les chroniques culturelles de Christiane Laforge, Denise Pelletier et un peu plus tard celles de Daniel Côté pour ne nommer que ceux-là. De belles plumes avisées qui m’ont fait découvrir de fond en comble le monde des arts et de la culture de la région et qui, plus tard, ont répondu présentes lorsque je les ai contactés pour qu’ils puissent parler d’activités que j’organisais. Aujourd’hui, je leur suis encore très reconnaissant.

Le Quotidien a toujours été, à mes yeux, un journal indépendant, même s’il a appartenu à des groupes de médias spécifiques. Un journal près de nous, de notre réalité, de notre spécificité régionale, ouvert sur le Québec et sur le monde.

Un journal qui a toujours fait une très grande place aux opinions de ses lecteurs et je sais de quoi je parle.

Le Quotidien, c’est moi, c’est nous et c’est vous tous. C’est notre quotidien. Je souhaite qu’il perdure le plus longtemps possible.

Yvan Giguère

Saguenay