Vivre et mourir dans la dignité

OPINION / Arrivé à un certain âge on sait que la vie, telle une montagne qui nous a été si laborieuse à escalader, nous réserve une descente abrupte et difficile à contrôler. Et ce, peu importe ce qu’on a pu faire pour éviter notre dégringolade.

Deux ans après l’adoption de la Loi sur les soins de fin de vie, selon le rapport de la Commission du même nom, 638 personnes ont eu recours à l’aide médicale à mourir au Québec en 2016-2017. Mourir dans la dignité constitue, pour notre société, une avancée certaine.

Malheureusement, l’actualité nous présente trop souvent les ratés qui surviennent dans l’offre de support aux aînés, à domicile comme en CHSLD. Quand on entend notre entourage répéter que « moi, j’irai jamais dans un CHSLD », on ne peut s’empêcher de craindre que mourir dans la dignité ne devienne un pis aller au défaut de pouvoir vivre dans la dignité.

Je nous souhaite pour 2018 que VIVRE dans la dignité fasse partie de nos priorités collectives.

René Reid

Québec

Nos doubleurs donnent enfin l’heure juste

OPINION / J’ai lu ce passage étonnant sur le tout nouveau site Web de l’Association nationale des doubleurs professionnels (ANDP), qui regroupe 12 maisons de doublage au Québec : « Nos membres créent des versions en langue française internationale pour les grands réseaux de diffusion traditionnels, les nouveaux canaux de diffusion par abonnement sur l’Internet ou toute autre plateforme. Ces versions sont présentées sur toute la planète francophone. Ils peuvent aussi, dans le cas de projets qui doivent rejoindre un marché spécifique ou avoir une saveur locale, préparer un doublage en utilisant les expressions et les références historiques ou humoristiques qui rejoignent les spectateurs ciblés. » 

L’ANDP dit enfin la vérité, car son discours, comme celui de l’Union des artistes (UDA) d’ailleurs, était tout autre avant : « Les Québécois désirent avoir accès à des films et des séries télévisées doublés ici, qui leur ressemblent et qui tiennent compte des particularités linguistiques et culturelles d’ici. » Nous savons pourtant depuis longtemps que la langue utilisée dans la grande majorité des doublages québécois a toujours été incontestablement le français international, et ce dès la télésérie « Star Trek », en 1969. Mais il fallait titiller la fibre nationaliste des Québécois pour pousser les gouvernements successifs à Québec à toujours plus subventionner leur industrie, mise en difficulté.

Alors, maintenant que l’ANDP admet les faits, je lui demande pourquoi les Québécois devraient grassement subventionner des doublages « en langue française internationale pour les grands réseaux de diffusion traditionnels, les nouveaux canaux de diffusion par abonnement sur l’Internet ou toute autre plateforme », quand nous sommes très bien servis à ce chapitre par les doublages européens, qui eux présentent l’avantage de ne rien nous coûter ?

En conclusion, je soumets le compromis suivant à l’ANDP et à l’UDA : les seuls doublages qui bénéficieraient dorénavant de subventions étatiques seraient ceux ayant « une saveur locale » et utilisant « les expressions et les références historiques ou humoristiques qui rejoignent les spectateurs ciblés ». Tous les autres ne le seraient pas.

Sylvio Le Blanc

Montréal

Suivre la voie montrée par le Rocket

OPINION / Si les jeunes Québécois (es) sont capables de tirer leur épingle du jeu en matière de lecture compréhensive, comme ils et elles l’ont démontré à la diffusion du dernier palmarès du PIRLS, ils sont capables, on le voit tous les jours, d’en faire autant en matière de hockey. 

Sauf que la place des Québécois sur l’édition 2017 des Championnats du monde de hockey junior, elle, est, pour le moins, très restreinte : un seul Québécois sur l’alignement. Le Québec constitue 25 % de la population canadienne ; conséquemment, il devrait y avoir le quart de l’équipe représentée par des Québécois. Notre ligue junior majeure du Québec est aussi talentueuse que celles de l’Ontario et de l’Ouest. C’est pas une question de qualité, c’est juste que le reste du Canada continue de nous regarder de haut, les Québécois, avec notre langue et notre culture différentes des leurs. En tous cas, je m’identifie de moins en moins aux équipes canadiennes qui se privent de Québécois.

Alors qu’attendons-nous pour former notre propre équipe québécoise et revendiquer auprès des autorités notre place comme concurrent. Si les Écossais ont la leur au championnat du monde de soccer, il n’y a pas de raison qu’on nous refuse l’équivalent au Championnat du monde de hockey junior. À part cela, ça pourrait parler la langue de la majorité dans le vestiaire. Quand on y pense, on ferait pas pire que les Slovaques, les Danois et les Biélorusses, etc. Et à force de participer peut-être qu’un jour…

Marcel Lapointe

Jonquière