Ville universitaire: un éléphant dans la pièce

OPINION / Je lisais le 30 janvier 2018, dans la chronique de monsieur Claude Villeneuve, les bienfaits d’une ville universitaire dont, entre autres, « pour les industries déjà installées la recherche peut aussi ouvrir des perspectives nouvelles pour améliorer leurs procédés ou gérer plus efficacement des problèmes environnementaux ». Monsieur Villeneuve se prononce avec pertinence sur divers sujets concernant la planète à titre de professeur titulaire et directeur de la chaire éco-conseil de l’UQAC.

Pourtant, c’est silence radio concernant l’implantation d’un dépotoir de résidus de bauxite constitué de deux montagnes de cent pieds de haut au cœur de la ville universitaire de Saguenay. C’est, je crois, un éléphant dans la pièce.

Ces deux montagnes de résidus de bauxite, dont l’une érigée sur le lac de bauxite partiellement asséché et l’autre dans le secteur des ruisseaux affectés par le déluge en 1996 et responsable de la fracture du boulevard Saguenay au pied de la côte Saint-Jean-Eudes.

En se rappelant que Rio Tinto signifie Rivière Rouge, ce très haut et grand dépotoir (350 hectares, soit l’équivalent de 650 terrains de football américain ou 3 500 000 mètres carrés) se situe aux abords du fjord sur un terrain en pente naturelle vers le fjord. Le fjord en tremble.

Les effets environnementaux et sociaux, grandement décrits par le comité de citoyens pour un Vaudreuil durable, touchent plus de 6500 foyers, soit environ 20 000 personnes. Ce comité de citoyens a proposé une alternative valable à l’entreposage des résidus de bauxite. Et d’entendre au cercle de presse un autre universitaire dire qu’il ne se prononce pas sur le sujet parce qu’il ne demeure pas dans le secteur, nous voilà bien loin de la rigueur et de la solidarité universitaires auxquelles on peut s’attendre.

En relevant ensemble ce défi auquel la ville est confrontée, on franchira tous un pas vers la ville universitaire.

Jean-Yves Langevin

Saguenay

La DPJ vue de l’intérieur dans un documentaire de Guillaume Sylvestre

OPINION / Lundi soir dernier, les habitué(e)s du Ciné-club de Jonquière ont reçu un direct au cœur en assistant à la projection du documentaire DPJ, présenté en présence de son réalisateur, Guillaume Sylvestre. C’est en suivant pendant un an le personnel de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dans son travail au quotidien auprès des jeunes en difficulté et de leur famille que le documentariste en est venu à axer son film sur les intervenant(e)s appelé(e)s à prendre des décisions déchirantes et à assumer une gestion de risques importante. On oublie trop souvent que ces gens ont la très lourde responsabilité de mettre les enfants à l’abri de la maltraitance ou de la négligence et de s’assurer que rien d’irréparable ne se produise.

Parce que leur rôle les oblige à appliquer des lois strictes et des directives plutôt rigides, par exemple lorsqu’il s’agit de retirer un enfant d’une famille en dernier recours, les intervenant(e)s sont confronté(e)s à une vive résistance et sont l’objet de critiques.

Pourtant, ils et elles font tout pour améliorer le sort d’enfants qui, sans leur intervention, verraient leurs chances de connaître un avenir meilleur compromises. Leurs interventions font la différence dans la vie des enfants et de leur famille.

En montrant leur patience et leur dévouement, les difficultés associées à leur travail, mais aussi son impact positif, le film DPJ redonne confiance envers un organisme qui est là pour assurer la protection et le développement des enfants.

Les intervenant(e)s font ce travail par amour du métier et des enfants auxquels ils et elles offrent un service d’une qualité exceptionnelle.

Leurs conditions de travail sont souvent éprouvantes et le souci de leurs jeunes clients les accompagne bien au-delà des heures rétribuées.

Dans un monde idéal, la DPJ n’aurait aucune raison d’être. Ce n’est hélas pas le cas dans notre société.

Le travail de ces intervenant(e)s est essentiel et c’est un baume pour ces hommes et ces femmes de le voir reconnu de façon si sensible dans le documentaire DPJ.

Lynn Brie, répondante politique

APTS Saguenay−Lac-Saint-Jean