Stéphane Lefebvre est président-directeur général de Groupe Autocar Jeannois et président de la Fédération des transporteurs par autobus.
Stéphane Lefebvre est président-directeur général de Groupe Autocar Jeannois et président de la Fédération des transporteurs par autobus.

[VIDÉO] Le transport nolisé en autocar survivra-t-il à la COVID-19?

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / La COVID-19 frappe tout le monde. Tous les secteurs économiques sont affectés, certains sont plus touchés que d’autres. Le transport nolisé en autocar est l’un de ces secteurs qui aura peine à se relever. Jamais dans son histoire, cette industrie n’aura connu une crise aussi intense qui met en péril près de 160 entreprises québécoises spécialisées dans le transport des personnes en autocar. Nos opérations ont ni plus ni moins été réduites à zéro, occasionnant des pertes de revenus colossales.

Stéphane Lefebvre est président-directeur général de Groupe Autocar Jeannois et président de la Fédération des transporteurs par autobus

Le transport nolisé est étroitement lié à l’industrie touristique et à toutes les activités de groupe. Cette pandémie ne pouvait tomber à un pire moment, car les mois de mars à octobre représentent 80 % du volume d’affaires des transporteurs. De mars à juillet, ce sont plus de 28 000 contrats qui ont été annulés tels que des voyages d’équipes sportives, voyages étudiants, voyages corporatifs ou de groupes organisés. La saison touristique pour notre secteur est pratiquement ruinée, privant les transporteurs de nombreux circuits touristiques nourris par une clientèle provenant des quatre coins de la planète.

La reprise sera lente, très lente. À ce jour, malgré le déconfinement, rien ne bouge. Les transporteurs sont laissés à eux-mêmes. Les mesures et les programmes gouvernementaux actuellement en place sont peu, voire non applicables, à notre secteur d’activité notamment en raison de cette absence totale de revenus. Le manque de liquidité ne nous permet pas de supporter les salaires et les bénéfices marginaux s’y rattachant. Les entreprises sont réticentes face aux mesures sous forme de prêts, car elles viendront s’ajouter à leurs charges futures d’endettement, compte tenu de la nature et de l’importance de leur immobilisation que représentent les autocars de luxe.

Tous sont unanimes, la reprise des opérations sera extrêmement difficile. Privé de revenus durant plusieurs mois, le maintien de nos infrastructures telles que les bâtiments, les garages, l’entretien des autocars (afin de les garder conformes aux normes réglementaires de sécurité) représente un lourd fardeau en pareille circonstance. De surcroît, les transporteurs pourraient devoir supporter la perte de leur personnel qualifié vers d’autres industries, comme les conducteurs et les mécaniciens qui jouent un rôle crucial en transport de personnes.

Le transport nolisé en autocar, ce sont des équipes sportives qui vont de ville en ville à la conquête de championnat partout au Québec et à l’extérieur. Ce sont nos jeunes étudiants qui, chaque année, découvrent et s’émerveillent devant le gigantisme et la vie frénétique des grandes villes canadiennes et américaines, sans oublier nos aînés qui visitent nos musées, fréquentent nos nombreuses salles de spectacles et profitent d’un moment de détente et de divertissement dans les diverses régions du Québec.

Les entreprises de transport de personnes veulent plus que jamais être au rendez-vous lorsque l’économie redémarrera. Elles souhaitent jouer un rôle important dans la relance de l’industrie touristique. Les voyages de groupe contribuent à l’économie canadienne et permettent aux touristes étrangers, canadiens et québécois de voyager en autocar tout au long de l’année, mais plus intensément au printemps, en été et en automne. Les entreprises de transport veulent encore être des acteurs importants pour le développement durable dans l’ensemble du territoire québécois.

Si rien n’est fait, plusieurs transporteurs risquent de fermer leur entreprise définitivement, mettant à pied des centaines d’employés et diminuant drastiquement le nombre d’autocars disponibles au Québec pour desservir adéquatement les voyageurs et la population. Nous avons besoin plus que jamais d’un support afin de sauver nos entreprises.

Le transport nolisé au Québec c’est :

- Plus de 4 000 emplois directs;

- Près de 160 entreprises;

- Un volume d’affaires direct de plus de 240 millions de dollars annuellement;

- Des clientèles transportées dans toutes les régions du Québec avec des retombées considérables;

- 530 autocars qui parcourent le territoire québécois, canadien et américain;