Vénéré, statufié et auréolé

OPINION / La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre dans le monde le 22 février 2020. L’Arche internationale elle-même a rendu publique la conclusion d’une enquête dans laquelle elle nous apprend que leur défunt fondateur, Jean Vanier, a agressé sexuellement sept femmes entre 1975 et 2000.

D’abord, je salue haut et fort le courage de ces femmes qui ont dénoncé les actes ignobles vécus dans un contexte où elles étaient en situation de faiblesse, de relation d’aide.

L’homme, celui qui était pour ainsi dire vénéré, statufié et auréolé déjà de son vivant, était bien loin d’être un saint. Qui aurait douté qu’aux antipodes de l’icône chrétienne qu’il représentait aux yeux de tous, cohabitait activement une telle obscurité, transgression, perversion.

Jean Vanier en inspirait, voire en réveillait plus d’un avec ses moult conférences spirituelles. Il parlait tant de l’aspect « sacré de chaque être humain », de son souci du plus fragile, du plus souffrant, du plus vulnérable. Son discours détonne maintenant en fausses notes, opposant ce qu’il prêchait publiquement avec ce qu’il faisait privément. Ces sermons n’enlèveront pas le bien qu’ils ont pu faire au moment d’être livrés, mais force est de constater que dorénavant, ce qu’il a fait parlera toujours plus fort que ce qu’il aura dit.

Le responsable canadien de L’Arche, suivant l’annonce de ce scandale, a dit : « Je n’ai jamais été dans L’Arche pour suivre Jean Vanier, mais pour vivre une expérience que je poursuis toujours avec des personnes en situation de handicap. » Je ne saurais mieux dire. Oui, dans notre monde ici bas, en quête plus que jamais de chemin, de vérité et de vie, comme nous le rappelle si bien Jean dans sa première épître, chapitre 5 verset 21 : « Gardons-nous des idoles. »

Sonia Côté

Saguenay

ÊTRE À L'AVANT-GARDE 

« Je crois en ma région » est devenu un slogan répété à plus soif ! Peut-on croire en sa région, en être très fiers et ne pas souhaiter l’arrivée de GNL qui contribuera à répandre des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère ? Ma réponse est évidemment positive, étant donné que je suis, entre autres choses, contre « l’isolationnisme » qu’une voix des plus autorisées a proposé dernièrement ! Notre région ne pourrait-elle pas être à l’avant-garde et un modèle pour tout le Québec en s’efforçant d’attirer des entreprises non polluantes et qui favoriseraient la nécessaire période de transition pour l’abandon progressif du pétrole et du gaz naturel et l’utilisation d’énergies renouvelables ? Est-il nécessaire ici de mentionner l’électricité ?

Incidemment, un article paru la semaine dernière, dans un quotidien montréalais, signalait que la Banque européenne d’investissement (BEI) songeait à cesser, d’ici la fin de 2020, le financement d’énergies fossiles, alors qu’en 2018, elle avait fourni 2,5 milliards d’euros pour des projets consacrés surtout aux gazoducs. Ce virage vert survient après une promesse faite pas la future présidente de la Commission européenne, l’Allemande Ursula Von der Leyen, de transformer la BEI en une « banque du climat ».

Que d’exemples ne pourrait-on pas donner d’entreprises ou d’organisations financières qui abandonnent le pétrole et le gaz naturel pour d’autres sources d’énergie ! Dans cette ère de transformations rapides que nous vivons, GNL ne sera-t-elle pas obsolète au moment d’entrer en opération ? L’avenir du monde industriel ne serait-il pas dans les énergies renouvelables ?

En terminant, la très chaude « actualité » des derniers jours m’incite à me poser une dernière question : aurait-on besoin de « barricades » pour faire entendre raison aux partisans d’un projet économique comportant de sérieuses conséquences sur l’environnement et l’urgence climatique ?

Florent Villeneuve

Chicoutimi