Véloroute des Bleuets : viser l’excellence

OPINION / Dans son éditorial du 14 juin dernier sur la Véloroute des Bleuets, Marc Saint-Hilaire fait, à mon avis, une analyse très juste – la Véloroute est à plus ou moins à l’abandon – et appelle très pertinemment la communauté concernée à l’action. Mon propos vient en appui total à cet éditorial de très haute qualité, voire, je veux en rajouter.

J’ai roulé sur la Véloroute dans un sens et dans l’autre des dizaines de fois, perdant le décompte des tours complets, en un jour, deux jours, trois jours. Au gré des années, j’ai logé et mangé partout le long de la Véloroute. Bref, j’écris en connaissance de cause : M. Saint-Hilaire a raison.

Si je me souviens bien, le projet de la Véloroute fut officiellement lancé lors d’un Sommet économique régional (non sans susciter quelques sarcasmes condescendants, à l’est du Lac et ailleurs). J’ai toujours attribué le succès du projet à une haute concertation entre les villes et villages du Lac, et au leadership d’Alma. Faut croire que cela a disparu. Dommage, la concertation autour du projet de Véloroute était exemplaire sur le plan régional, aussi bien qu’inouïe.

Toutefois, un autre facteur est selon moi en cause : la satisfaction facile, percevable d’ailleurs, on le déplore, dans plusieurs domaines d’ici. On peut interpréter ainsi l’intervention de M. Saint-Hilaire : l’expérience de tourisme à vélo offerte par la Véloroute des Bleuets doit faire l’objet d’une recherche incessante de l’excellence en tout – celle-ci par ailleurs inatteignable – notamment l’accueil, la sécurité, la mise en valeur des paysages, des villages, des mets régionaux, et j’en passe, évidemment. Bref, abandonner la satisfaction facile pour le mode jamais content.

On pourrait me reprocher de ne pas tenir compte de tel ou tel aspect extraordinaire de la Véloroute. Mais justement, dans la recherche de l’excellence, les succès ne sont guère plus que de formidables raisons de poursuivre.

Pierre Tremblay

Chicoutimi