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Le Quotidien
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Consulter un médecin n’est pas une mince tâche actuellement.
Consulter un médecin n’est pas une mince tâche actuellement.

Vaut mieux être riche et en santé

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OPINION / Oh, que la partie submergée de l’iceberg nommé délestage des examens et soins médicaux normaux ne doit pas être belle à voir ! Je viens de prendre connaissance de chiffres ahurissants fournis au Devoir par un radiologue du CHUM. En vérité, je le dis, il y a des fois où l’ignorance est un bienfait.

Marcel Lapointe, Jonquière

L’insolente et délétère médecine à deux vitesses au Québec n’a jamais été aussi prégnante qu’en ces temps de pandémie. Pendant que les riches peuvent se payer les soins de santé que requiert leur état, d’autres, la majorité, ne peuvent qu’espérer la fin de la pandémie avec un retour à la normalité dans les hôpitaux publics.

Je crains que nombre de malades payeurs de taxes aient jeté l’éponge dans leur combat livré contre une pathologie terrifiante qui mériterait un suivi médical des plus serrés. Je pense à un insuffisant cardiaque, un patient cancéreux dont le « staging » devrait être sous haute surveillance, et combien d’autres, emportés dans le maelstrom du délestage, quand ce n’est pas dans la mort.

Mon cas est le suivant : grâce à l’intervention de mon ex-médecin retraité, je suis maintenant sur la liste d’un nouveau médecin qui pratique dans une clinique médicale familiale publique. Mais qu’à cela ne tienne, pour obtenir un rendez-vous, « attelle-toé », comme le dit l’adage québécois. Il faut avoir Internet sinon, la secrétaire prend un rendez-vous pour toi en remplissant la grille fournie sur la plateforme prévue à cet effet.

Je l’entends encore soliloquer au bout du fil : « Bon voyons voir, ici... c’est plein; euh... là aussi; attendez voir que je regarde ici. Non, désolé monsieur, l’horaire du docteur Untel est déjà plein; faudra rappeler plus tard pour tenter d’obtenir un rendez-vous. » Tenter... Très frustré, je m’insurge à l’effet qu’il faut vraiment être en bonne santé pour entreprendre une démarche afin d’obtenir un foutu rendez-vous médical, selon la formule dite améliorée. Presque le parcours du combattant.

Statistiquement parlant, je fais partie du 85 % de patients qui, via un guichet, a trouvé un médecin de famille. Hey ! Pourcentage dont se vante l’ordre des omnipraticiens d’avoir atteint, enjoint qu’il fut par le précédent gouvernement libéral de travailler plus fort. Parole de Lucien Bouchard. Une chance que je ne suis pas malade; du moins je l’espère.

Mais, où veux-je en venir avec cela ?

Quand vous avez besoin de consulter un médecin, mettons, en semi-urgence, s’il est impossible de voir rapidement votre médecin attitré par l’assurance-maladie, vous devriez pouvoir consulter un médecin dans le privé, sans que vous y laissiez votre chemise. Cela éviterait, par ailleurs, de surcharger l’urgence et de se mettre en danger face à la COVID. Évidemment, quitte à ce que vous puissiez refiler la facture au gouvernement aux fins de remboursement.

Vous casquez déjà beaucoup en taxes et impôts. Ne serait-il pas convenable et équitable que l’on vous traite autrement qu’en citoyen de seconde classe ?