Valoriser les travailleurs de la Sépaq

OPINION / Monsieur le ministre Dufour, il faut régler.

Pour vouloir défendre la nature, il faut la comprendre. Pour pouvoir la comprendre, il faut quelqu’un pour nous l’enseigner. C’est précisément le mandat des travailleuses et des travailleurs de la Sépaq : protéger et mettre en valeur nos beaux espaces naturels. À l’heure où nos écosystèmes sont de plus en plus menacés, la contribution que ces employées et ces employés apportent à notre société devrait être valorisée. Or, à ce jour, le gouvernement ne semble malheureusement pas considérer qu’il s’agit d’une fonction suffisamment importante pour mériter d’en vivre décemment. Protéger nos réserves naturelles semble toujours être considéré comme un travail de second ordre.

Notre premier ministre n’a cependant aucun problème à défendre les salaires des hauts fonctionnaires ou des patrons des sociétés d’État, notamment en octroyant aux médecins spécialistes une rémunération en parité avec leurs collègues des autres provinces du Canada. Notre premier ministre répète constamment que son objectif est de créer des « emplois payants », des bonnes jobs pour les Québécoises et les Québécois. Il prévoit dépenser des centaines de millions de dollars pour subventionner des entreprises afin d’y arriver. Comment expliquer alors que notre gouvernement actuel maintienne des milliers de travailleuses et travailleurs dans la précarité alors qu’une infime partie des immenses surplus budgétaires à sa disposition suffirait à offrir des conditions d’emploi décentes au personnel de la Sépaq ?

Au fil de cette négociation, il est devenu très clair que le blocage est d’ordre politique. En un an de négociation, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, n’a pas levé le petit doigt pour favoriser un dénouement. Ce dernier n’est d’ailleurs pas venu à la rencontre du personnel de la Sépaq, pas plus qu’il n’a offert son aide pour faciliter les discussions. À ce stade des négociations, force est de constater que c’est le gouvernement lui-même qui refuse d’autoriser toute bonification des offres pour la Sépaq. Nous souhaitons vivement que le ministre Dufour intervienne, écoute et entende enfin la réalité et les demandes des travailleuses et travailleurs de la Sépaq.

Nos parcs et nos réserves naturelles ne devraient jamais être gérés comme une entreprise commerciale, mais plutôt comme d’immenses musées à ciel ouvert ou de grandes bibliothèques de la nature. Le gouvernement est responsable de mettre en place des ressources nécessaires afin de préserver nos espaces naturels.

Christian Daigle

Président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

+

TANT QUE CE N'EST PAS DANS MA COUR...

La tragédie à connotation apocalyptique qui se déroule sous nos yeux, présentement, en Australie, va-t-elle réveiller assez de monde et lui faire comprendre que les avertissements de l’adolescente Greta Thunberg sont sincères et véridiques ?

Bien sûr que non ! Pourquoi s’inquiéter, angoisser pour quelque chose qui ne nous concerne pas, puisque cela se déroule à l’autre bout du monde ? Ici, à entendre les climato-réalistes de tous acabits, on se croit protégés par une espèce d’aura qui agit en notre faveur comme un écran protecteur face à la crise climatique. Et, de plus, nous avons la chance d’avoir des élus à tous les niveaux qui veulent notre bien et qui savent comment y parvenir pour l’obtenir en nous promettant une qualité de vie à nulle autre comparable, malgré les bouleversements du climat.

Évidemment, ces assujettis au néolibéralisme toujours plus prégnant, antithèse d’un développement économique vert, nous régurgiteront jusqu’à plus soif que rien n’est parfait dans ce bas monde ; que notre petit paradis ne fait pas exception à la règle. Un fjord unique au monde qui risque une défiguration à jamais à cause d’un projet polluant, GNL Québec, érigé sur sa rive sud et d’un deuxième port juste en face d’un premier, vieux de quelques décennies, qui n’arrive toujours pas à prendre son élan. Un fjord défiguré à jamais relégué aux oubliettes d’une candidature au patrimoine mondial de l’UNESCO, parce la biodiversité qui l’habite risque de disparaître en bonne partie.

Il y a bien aussi quelques craintes à prendre en considération : les glaciers qui fondent et les grandes eaux de Versailles à l’avenant dans le Saguenay ; la fonte accélérée du pergélisol avec ses émanations incommensurables d’un gaz à effets de serre, le méthane, extrêmement plus toxique que le CO2 dans notre air si pur ; les forêts les plus denses au monde qui nous entourent, véritables foyers potentiels d’incendies advenant un point de bascule nommée sécheresse annoncée par les scientifiques. Misère ! Encore eux autres.

Mais soyons rassurés, nos élus, à tous les niveaux, ne cessent de nous répéter qu’ils gèrent et maîtrisent la situation. Continuons à leur faire confiance et à remettre notre sort entre leurs mains.

Comme ils disent : « Faut juste, pour ce faire, assurer un équilibre harmonieux entre durabilité du développement économique basé sur les ressources fossiles et un développement durable. »

Marcel Lapointe

Jonquière