Une volonté politique réclamée

OPINION / La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a annoncé, le 21 mai 2020 à Saguenay, une aide de 60 millions $ et l’emplacement d’un terrain pour construire une Maison des aînés (120 chambres), un besoin manifeste. Quand il y a de la volonté politique pour faire naître un projet, tout devient alors possible, encore plus quand le promoteur est le gouvernement lui-même.

Quand on regarde ce fait sous un certain angle, il vient nous parler en tant qu’organisme qui lutte en faveur du droit au logement et contre la pauvreté. D’un côté, un promoteur (gouvernement au pouvoir) qui trouve en deux ans un terrain et une subvention de 60 M$ pour fonder son projet d’habitation. De l’autre, un promoteur (locataires appauvris sans moyen, sans pouvoir, sans argent, quoiqu’ils ont récolté 205 000 $ en dons et trouvé un terrain à vendre) qui lutte, bûche, persévère depuis sept ans pour fonder son projet, la Coopérative d’habitation La Solidarité. Que manque-t-il donc à ce dernier pour voir le jour ?

En fait, le gouvernement Legault avait dès le début de son mandat, en 2018, la volonté politique de loger dignement ses aînés vulnérables et a pris les moyens pour y arriver en mettant à profit ses ressources matérielles et financières. Même en temps de pandémie, il fait le bon choix d’accélérer ce projet qui donnera à la fois un toit digne et aidera à la relance économique.

Voilà ce qu’il faut pour que naisse enfin la Coop La Solidarité : une volonté politique, cette fois, à l’échelle municipale, qui acceptera d’investir 140 000 $ par an pendant cinq ans pour un bien collectif ayant pour but de loger dignement ses citoyens appauvris ou qui le deviendront dans les années à venir.

Avant que débute la crise sanitaire, en mars 2020, déjà 2995 ménages locataires à Saguenay avaient des besoins impérieux de logement. Ils vivaient soit dans un loyer trop cher, trop petit et/ou de mauvaise qualité. Il ne faut pas être devin pour savoir que le nombre explosera en raison des conséquences de la pandémie (pertes d’emplois ou baisses de revenus). Le logement social deviendra alors leur réponse pour être logé à la hauteur de leur capacité financière diminuée.

Oui, investir dans le logement social permet d’offrir un toit digne, accessible et sécuritaire, mais contribue aussi, encore plus en temps de crise, à relancer l’économie par l’achat de bois d’œuvre, de produits manufacturiers et l’embauche de travailleurs de la construction. La Ville de Québec l’a déjà compris en annonçant, le 15 mai, un investissement de 24 millions $ dans le logement social! À quand la participation de Saguenay au projet de Coop d’habitation La Solidarité ?

Sonia Côté

Coordonnatrice de Loge m’entraide

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ÉGLISE ET SPIRITUALITÉ

Parmi les nombreux secteurs de la société qui ont exprimé leur hâte de revenir « à la normale », il y a, via leurs responsables, l’Église catholique et les autres confessions religieuses. Dans sa dernière conférence de presse, le premier ministre en a mentionné plusieurs, mais pas le secteur religieux.

Au moins en ce qui concerne les catholiques, un argument en faveur de la réouverture rapide des églises me semble résider dans le fait que, majoritairement, ce sont des personnes aînées qui fréquentent ces lieux où elles vont chercher silence, réflexion, sans oublier la fraîcheur qu’on y retrouve.

Récemment, Fernand Dansereau rappelait à juste titre que « chercher du sens à sa vie, faire un peu de place à la contemplation dans son quotidien, [...] essayer d’appréhender et d’accepter le mystère de la vie elle-même, c’est cela la spiritualité. » (Le Devoir, 25 mai)

Pour beaucoup de Québécoises et de Québécois d’un âge plus avancé, ce besoin de spiritualité s’exprime souvent dans la fréquentation de l’église, individuellement ou communautairement. D’où la nécessité de répondre le plus rapidement possible à cette demande de réouverture des églises.

Normand Breault

Montréal