Une vision trouble

OPINION / Dans l'article paru dans Le Quotidien du mardi 20 juin 2017, le chef du Parti des citoyens, M. Jean-Pierre Blackburn, nous livrait un premier engagement envers l'arrondissement de Jonquière. Dans son souhait, il met sur le même pied le fait de remodeler le parc de la Rivière-aux-Sables, la Zone portuaire de Chicoutimi et l'aménagement du quai de croisières à La Baie.
Je crois qu'il y a là une déformation de la réalité. Le parc de la Rivière-aux-Sables et la Zone portuaire de Chicoutimi sont avant tout des lieux de rassemblement qui organisent des animations, spectacles et activités culturelles et récréatives. Alors que les infrastructures du quai de croisières sont dédiées avant tout à l'industrie touristique régionale.
J'invite M. Blackburn et les autres candidats à la mairie de Saguenay à regarder de plus près la situation. Plusieurs citoyenNes de La Baie, dont je suis, en ont assez de cette vision du quai de croisières. À mon avis, celle-ci empêche la ville de donner à la population de La Baie la même qualité en matière de services municipaux qu'on retrouve à Jonquière et à Chicoutimi.
Reine Tremblay
La Baie
Prospérité
OPINION / L'année 2017, c'est vraisemblablement celle de la mobilité durable. Autant au niveau provincial que fédéral, les étoiles semblent alignées pour remettre au centre des priorités cet enjeu d'avenir pour notre société. 
Le gouvernement du Canada, avec son plan stratégique Transports 2030 et la récente annonce d'un investissement stratégique de 1,3 G$ dans le projet de Réseau électrique métropolitain, égalant l'engagement de Québec, traduit une volonté de modernisation des chaînes d'approvisionnement et d'amélioration de la performance environnementale du réseau de transport, dont l'innovation est au coeur de son développement, à l'image des nations et des villes les plus avant-gardistes de la planète.
Parallèlement, le gouvernement du Québec est en mode pleine vitesse avec les consultations sur sa future politique de mobilité durable, dont la mise en place devrait avoir lieu lors du budget 2018-2019, une première dans son genre. Cette politique, tournant décisif s'inscrivant dans la transition énergétique du Québec, devra tenir compte des impératifs de diminution de notre empreinte carbone tout en appliquant une vision multimodale avancée des transports des citoyens et des marchandises, un aménagement intégré du réseau de transport interrégional et une valorisation de nos chaînes logistiques. 
Rappelons que ces dernières sont d'ailleurs un maillon essentiel au coeur du fonctionnement de notre société, car elles assurent la grande majorité des approvisionnements en denrées alimentaires et l'acheminement des biens et services consommés quotidiennement, et sont responsables de retombées annuelles de 13,4 G$, soit 4 % du PIB, et de quelque 115 400 emplois au Québec. 
Cependant, le secteur des transports constitue l'une des sources les plus importantes de pollution atmosphérique et son impact est en pleine croissance. De plus, la vétusté de nos infrastructures de transport, les besoins grandissants d'entretien routier, l'augmentation de la congestion et les défis que représente l'étalement urbain, sont autant d'enjeux de premier ordre qui doivent être répondus urgemment si l'on veut réussir notre transition énergétique. 
Pour ce faire, il faut s'attaquer à l'efficacité de tous les réseaux et modes de transport, favoriser l'intermodalité et consolider les connexions entre les territoires. Du transport actif au transport collectif, du transport des personnes à celui des marchandises : toutes les composantes entrent en ligne de compte dans une solution qui doit être globale, concertée et durable. 
Rappelons que le Québec a adopté des objectifs ambitieux de réduction de 40 % de la quantité de produits pétroliers consommés d'ici 2030, et de 37,5 % des émissions de GES d'ici 2030 par rapport à 1990. De son côté, le Canada s'est engagé aussi à réduire les émissions de GES de 30 % d'ici 2030 par rapport à 2005. 
Or, embarquer sur la voie de la mobilité durable, c'est investir dans nos infrastructures de manière prévisible, en se donnant les moyens d'aller chercher un triple bénéfice. Nous pouvons, d'une part, améliorer la qualité de vie des citoyens, par une meilleure offre de service, des gains de temps favorisant une meilleure conciliation travail-famille, ainsi qu'une réduction des conflits d'usage. Nous pouvons réduire les externalités négatives sur notre environnement en termes d'émissions de GES, de consommation énergétique et d'aménagement du territoire. Et nous pouvons améliorer l'efficacité et la performance de nos activités économiques, en utilisant le bon mode de transport au bon endroit et au bon moment, en stimulant l'innovation technologique sous toutes ses formes et en rehaussant, par le fait même, le développement des compétences qui y sont associées.
Pour boucler la boucle des initiatives ambitieuses en matière de mobilité durable entreprises cette année par les deux paliers de gouvernement, Montréal accueillait aussi ces jours-ci la première édition du sommet mondial sur la mobilité durable Movin'On, axé sur le partage des savoir-faire internationaux et sur les perspectives d'avenir. Dans les circonstances, nous pourrions finalement citer un autre illustre visiteur récemment de passage dans la métropole, qui a fait sa marque derrière le slogan Yes, we can! : oui, nous le pouvons !
Yves-Thomas Dorval
Président-directeur général 
Conseil du patronat du Québec