Une ville divisée

OPINION / À la une du Quotidien du 4 octobre, le sondage Segma nous livre les tendances des élections en date du 2 octobre. Je vous avoue que je ne suis pas déçu de voir que ceux que je ne veux pas voir au pouvoir ne sont pas les favoris, mais je suis encore abasourdi de constater qu’en 2017, l’esprit de clocher prône en roi et maître dans notre grande ville de Saguenay. Vous pourrez dire à la fin de ce texte que je suis plein de contrariété, mais c’est là l’héritage qu’a forgé la politique et les politiciens de tous les niveaux qui nous gouvernent.

Je suis maintenant à la retraite, ce qui devrait me permettre de lire en long et en large les nouvelles en référence aux élections. Eh bien non, puisque j’ai appris, après avoir œuvré 33 ans au sein de mon syndicat comme bénévole élu, que la politique au fil des ans, c’est du pareil au même et qu’on n’a besoin de lire que les grands titres pour se forger une idée des candidats. Cependant, cela n’exclut pas que de temps à autre, une lecture approfondie soit nécessaire pour se faire une idée juste. 

Par exemple ce matin (au moment d’écrire ces lignes), trois des candidats à la mairie nous font des promesses alors que la candidate qui mène est absente… Influence journalistique ou tout simplement le fruit du hasard ? Peu importe, puisque ce qui ressort de tout ce charabia, c’est que notre grande ville est encore divisée et que c’est l’esprit de clocher qui est présent, ce qui me fend le cœur, ne sommes-nous pas un coin de pays où nous devons nous battre afin de survivre dans un océan économique et être solitaire les uns des autres, oublier qui va tenter d’avoir la plus grosse part du gâteau en soutenant notre candidat. 

Vous penserez que je prêche pour ma patrie, mais cela n’est qu’un concours de circonstances, car je n’aime pas du tout le fait de voir un parti au pouvoir d’une municipalité. Je voterai quand même pour Josée Néron. 

Ma décision est basée sur l’expérience de mes 33 années de syndicalisme, de mon vécu, lu et entendu de la part des candidats. Oui, une femme au pouvoir puisqu’elles savent faire les choses de manière démocratique et surtout respectueusement. J’ai eu plusieurs présidents et quelques présidentes durant mes années d’activisme syndical et les meilleures leaders ont été des présidentes (Nycole Turmel, AFPC Canada ; Betty Bannon, SEI ; Magali Picard, AFPC Québec). D’ailleurs, si vous regardez à l’échelle de la planète, les femmes qui gouvernent restent longtemps en poste et sont exceptionnelles (Isabel Martinez, Angela Merkel, etc.).

En conclusion, pour être encore plus contrariant, je dirais qu’il ne faut pas faire subir le même traitement qu’a eu le nom Chicoutimi et laisser l’esprit de clocher définir la personne qui dirigera notre grande ville où il fait bon vivre.

Denis Lalancette

Chicoutimi

Plus ça change...

OPINION / Un récent sondage indique qu’une majorité de Québécois se disent contre la légalisation de la marijuana alors que dans l’Ouest du pays, pourtant reconnu pour être plus conservateur, une majorité d’électeurs serait pour la légalisation de l’herbe apaisante. Serait-ce que les mœurs ont à ce point été bouleversés au cours des 100 dernières années, que les Québécois soient devenus plus à droite que les orangistes de l’Ouest canadien ?

Parce que, il y a cent ans, les résultats d’un référendum pancanadien concernant la prohibition donnait les Québécois contre cette mesure visant à interdire la vente de boisson alcoolisée, alors que les gens de l’Ouest canadien votaient largement en faveur de cette loi restrictive du gouvernement Borden. À telle enseigne que le premier ministre Alexandre Tachereau hésite et met finalement de côté l’adoption d’une telle loi au Québec. 

À l’encontre du reste du pays, les Québécois avaient bien l’intention de continuer à arroser le temps des Fêtes. Aujourd’hui, on craint pour la santé de nos jeunes si jamais nos dirigeants politiques votaient une loi en faveur de la vente contrôlée de la marijuana. Qui a dit que plus ça change plus c’est pareil ?

Richard Banford, conseiller

Bégin

Prière de s’abstenir

OPINION / Un 4e décès de cycliste en trois mois à Montréal, pouvait-on lire dans les journaux la semaine dernière. Clément Ouimet, un jeune cycliste de haut niveau — qui plus est — a succombé à ses blessures suite à l’impact d’un automobiliste qui aurait fait une manœuvre illégale en effectuant un virage en U sur le chemin Camillien-Houde à Montréal, près du mont Royal. Ce tronçon de la rue avait été jugé dangereux par plusieurs. Des demandes ont été adressées à Montréal pour sécuriser les lieux, mais rien n’a été fait. Et voilà qu’un événement tragique s’y produit. Du temps où je demeurais à Montréal dans les années 90, il n’y avait pas autant de pistes cyclables qu’aujourd’hui et le danger était encore plus palpable pour les cyclistes. De toute façon, Montréal n’a jamais été sécuritaire pour eux. Pour ma part, j’ai cessé de rouler à Montréal en 1995, jugeant tout simplement que ma vie y était en danger. Et je ne retournerai pas faire du vélo à Montréal avant un bail. Pas avant que Montréal se dote de pistes plus sécuritaires et que la cohabitation auto-vélo soit repensée avec des règles plus strictes pour les automobilistes. 

Même si on est un cycliste consciencieux, qui respecte les règles, en roulant à Montréal, on s’expose au danger potentiel d’un impact automobile. Je rends donc hommage ici au cycliste émérite Clément Ouimet qui avait un brillant avenir sportif devant lui à n’en pas douter. 

Yvan Giguère

Saguenay