Une question d'intégrité

OPINION / M. Marc St-Hilaire,les allégations contenues dans votre éditorial de ce jeudi 9 février tordent les faits d'une manière inacceptable et insultent la majorité des personnes oeuvrant à l'UQAC. Une « guerre de pouvoir » est effectivement menée par l'administration actuelle de l'Université, qui n'accepte pas le verdict prononcé à son endroit sur le travail accompli au cours des cinq dernières années. Les compressions budgétaires imposées dans plusieurs départements et différents services, les employés mis à pied, les professeurs retraités qu'on ne remplace pas, l'augmentation de la masse salariale des cadres, la centralisation du pouvoir, tout cela n'a rien d'idéologique.
En affirmant qu'« on reprochait surtout [au recteur] d'avoir été nommé grâce à l'influence de l'administration précédente », vous êtes loin de la vérité. Tous les recteurs, ou à-peu-près, ont été nommés « grâce à l'influence de l'administration précédente » et cela n'a jamais causé de problème comparable à la situation actuelle. Nous avons réagi à un processus marqué par une évidente manipulation : des candidats plus qualifiés et expérimentés que Martin Gauthier avaient été écartés par le comité de sélection, outrageusement dominé, encore une fois, par la figure de Laval Boulianne. C'est cela qui a engendré de la suspicion. La suite des choses n'a fait que confirmer nos appréhensions. Il a commencé par nommer Laval Boulianne à la présidence du CA (pour services rendus ?), pour ensuite se doter d'un vice-recteur aux ressources dénué de toute expérience en milieu universitaire et aussi subtil que le docteur Barrette pour imposer des changements. L'autre vice-recteur - un intellectuel qu'il n'a pas choisi - a été mis à l'écart d'une manière particulièrement humiliante devant toute la communauté universitaire.
Vous dites que cette « saga » fait oublier « l'essentiel » : le choix d'un nouveau recteur dont la « tâche cruciale à accomplir » est « infiniment plus importante que les divergences qui enveniment le climat à l'UQAC ». C'est précisément parce que nous estimons cruciale la tâche du recteur que nous attachons autant d'importance au choix de son successeur. Les « divergences d'opinions » ne portent pas sur des questions triviales comme la couleur des murs ou les fautes de syntaxe de nos dirigeants, mais concernent l'avenir de notre institution, les rapports avec les employés, les ressources nécessaires pour remplir notre mission, les services aux étudiants, la survie des programmes, le développement de la recherche.
Vous affirmez que nous avons omis de nous demander si les candidats retenus la semaine dernière étaient aptes à remplir leur mission. C'est faux. Mais ce n'est pas le lieu pour évoquer les réactions des collègues. Le problème réside dans la confiance envers le comité de sélection où sévit toujours Laval Boulianne... Nous accepterons volontiers le choix de ce comité lorsque nous croirons en son intégrité.
Vous reprochez à l'Intersyndicale d'exprimer le souhait qu'un candidat de l'extérieur soit sélectionné. Pourquoi avez-vous omis la phrase qui précède le passage cité ? Pour votre bénéfice et celui des lecteurs, voici : « Et sans en faire un absolu, nous sommes également d'avis qu'au moins une personne venant de l'extérieur devrait être retenue comme candidate. » Cette phrase signifie-t-elle que des candidatures de l'interne ne seraient pas les bienvenues ? Aucunement.
Il est dommage que vous transmettiez à la communauté régionale l'idée que les problèmes proviennent des syndicats, qui représentent l'opinion de l'immense majorité des employés, comme en font foi les consultations menées à l'automne au sujet de la gestion et de ses dirigeants. En agissant ainsi, vous discréditez son corps professoral qui incarne bien davantage l'institution qu'on appelle Université du Québec à Chicoutimi que ses administrateurs éphémères.
Michel Roche, professeur
UQAC
VIA Rail dans tous ses états
Dans une lettre publiée dans l'édition du 8 février du journal Le Devoir, je mentionnais que VIA Rail ne se souciait pas de sa clientèle en région dont celle de Montmagny.
On aura beau me rappeler que VIA Rail est une société d'État, cela ne l'empêche pas de pouvoir faire du profit. Et puis ce sont les contribuables canadiens qui la financent après tout. Alors ce serait tout à fait légitime qu'elle rende la marchandise convenablement à sa clientèle du Québec. Mais mis à part le corridor Québec-Montréal, le service rendu en région est laissé pour compte.
À la merci de subventions du fédéral, cela ne l'empêche pas de se comporter comme une compagnie de transport privée et d'abolir des postes depuis quelques années et donc de fermer des gares au Québec. Depuis 2013, entre autres, une dizaine de gares ont été fermées dans l'Est du Québec dont celles de Trois-Pistoles et Rivière-du-Loup. La gare de Rimouski est toujours ouverte, mais que très peu. Elle passera sans doute bientôt, elle aussi, au moulinet.
(...)
En ce qui a trait à la grande région de Québec, la solution serait sans doute d'offrir un train de banlieue qui pourrait desservir justement une ville comme Montmagny. D'ailleurs, VIA Rail envisage d'implanter un tel train pour la région immédiate d'Halifax. Alors pourquoi pas pour Québec.
Yvan Giguère
Saguenay