Une IPS, ça mange quoi en hiver?

OPINION / Étudiantes à la maîtrise au programme d'infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne (IPS PL) de l'UQAC, les infirmières cliniciennes Annie-Pier Gobeil et Maude Roy signent cette lettre d'opinion.

Qu’est-ce qu’une infirmière praticienne ? Qui sont ces infirmières qu’on appelle souvent « super infirmières » ? Quels sont leurs « super pouvoirs » ? Où peut-on les trouver ? Comment peuvent-elles vous aider ? Des explications s’imposent.

Depuis déjà quelques années, on entend parler des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), et on les surnomme d’ailleurs fréquemment « super infirmières ». On s’entend pour dire que toutes les infirmières sont super, mais qu’est-ce qu’une IPS a de différent ?

D’abord, leur formation scolaire est supérieure. Elles ont une formation collégiale (DEC) et une formation universitaire de premier cycle (baccalauréat). Après avoir travaillé durant deux ans dans leur domaine, elles complètent une formation de deuxième cycle (maîtrise) d’une durée de deux ans combinant théorie et pratique. Après un total de sept années d’études et la réussite d’un examen d’entrée à la profession, elles peuvent enfin se proclamer IPS. Le corps médical est impliqué dans la formation des IPS tout au long de leur maîtrise. Le but est d’inclure des actes médicaux à la pratique courante des IPS. Savez-vous que les IPS au Québec sont celles qui détiennent la plus grande formation au Canada ?

Il existe cinq domaines dans lesquels l’IPS peut se spécialiser : santé adulte, pédiatrie, néonatalité, santé mentale et soins de première ligne. L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) offre la formation de première ligne depuis 2018. Ne soyez donc pas surpris de voir arriver dans votre CIUSSS huit IPS de première ligne (IPSPL) fraîchement diplômées à l’automne 2020 !

Des soins accessibles

C’est une excellente nouvelle pour la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean. En plus des soins réservés à l’infirmière, les IPSPL pourront exercer de nouveaux actes médicaux et infirmiers. Cela aura comme principal avantage d’améliorer l’accès aux soins de santé. Traduction : plus facile d’obtenir des soins dans un délai raisonnable. En plus, selon l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (APISQ), la présence des IPSPL dans le système de santé, rehausse la qualité des soins et la prise en charge des patients. C’est une formule gagnante !

Son travail, en partenariat avec un ou plusieurs médecins, lui permet d’exercer cinq actes médicaux. Les IPS peuvent donc prescrire des examens diagnostics (prises de sang, radiographie, etc.), utiliser des techniques diagnostiques (ponction artérielle, ponction lombaire, etc.), prescrire des médicaments ou d’autres substances (antibiotiques, pompes pour l’asthme, etc.), prescrire des traitements médicaux (transfusion sanguine, sonde urinaire, etc.) et utiliser des techniques ou appliquer des traitements médicaux (installation et retrait de stérilet, points de suture, etc.).

Où trouver une IPSPL ?

Un suivi de grossesse ? Une infection à traiter ? Une maladie chronique à suivre de près ? Besoin d’informations sur votre état de santé ? Vous pourrez avoir accès aux services d’une IPSPL dans les milieux de soins de santé courants, principalement en santé communautaire et publique. Les GMF-UMF et CLSC en sont de bons exemples. N’est-ce pas pratique ?

Maintenant que le mystère entourant les IPS est résolu, pourquoi ne pas répandre la bonne nouvelle ? Après tout, consulter une IPS, c’est vous permettre un accès privilégié à des soins de santé de qualité.