Stéphan Tremblay a été député du Bloc québécois de 1997 à 2002 et du Parti québécois de 2002 à 2007.

Une grosse prise pour GNL

OPINION / M. Stéphan Tremblay est très mal renseigné. Selon ce qui est rapporté dans l'article du Quotidien, Stéphan Tremblay - l'ex-député bloquiste de la circonscription de Lac-Saint-Jean à Ottawa qui avait fait la manchette pour avoir mis en lumière l'hégémonie des grandes corporations multinationales sur la politique et le rétrécissement des États nations au profit du néolibéralisme et sortant de la Chambre des communes avec son fauteuil de député et 1991 - affirme que le gaz naturel, qui soit dit en passant n'est pas si naturel que ça, émettrait moins de GES que le charbon pour la production d'électricité et est moins dangereux que le nucléaire.
Pour une, l'extraction par fracturation hydraulique des gaz de schistes émet plus de polluants dans l'air, la terre et l'eau que la seule combustion de tout le charbon nécessaire à la production d'électricité en Amérique du Nord. De 2, l'explosion d'un terminal méthanier ou d'un méthanier est comparable à la détonation d'une bombe à hydrogène sans compter les incendies qu'elle déclencherait, moins les radiations bien entendu. 
Il dit aussi savoir qu'une fuite de gaz aurait très peu de conséquences sur l'environnement puisque, selon lui et GNL, le gaz se dissiperait dans l'air. Encore une fausseté. Le nuage de gaz resterait groupé et se promènerait au gré des vents au niveau de l'eau et du sol, asphyxiant au passage toute forme de vie et n'attendant qu'une étincelle pour créer un incendie monstrueux.
Il minimise l'effet de la présence de plus de navires sur le Fjord en comparant le trafic qu'engendra la présence de deux nouveaux terminaux à celui qui avait cours avant 1980 alors que l'essence, le diesel et le mazout arrivaient à Chicoutimi par bateaux pour y être entreposés dans de grands réservoirs dans ce qui est actuellement la zone du Vieux-Port. Ne sait-il pas que ce n'est qu'après l'arrêt de ce trafic dangereux qu'il a été possible de créer le Parc marin Saguenay-Saint-Laurent? Est-il réellement souhaitable de revenir à un tel niveau de trafic? Connaissions-nous les impacts de ce va-et-vient?
D'autre part, qu'avons-nous à glander des problèmes d'approvisionnement en énergie des pays européens et de leurs relations avec la Russie? GNL nous vend comme une certitude que le marché européen va s'ouvrir en 2023. Il y a tellement d'impondérables dans ces équations géopolitiques que nul ne peut se risquer à des prédictions à si long terme sans y mettre un très gros bémol. Nous ferions bien mieux de nous garder de nous en mêler. Imaginez donc une attaque contre un terminal par l'aviation russe.
Le seul argument qui reste à M. Tremblay est la création d'emplois. De tout temps, on nous a répété que la situation économique morose justifiait le sacrifice d'une partie de l'environnement et de nos principes. (Dans le cas de Stéphan Tremblay, on peut parler du sacrifice de tous ses principes, mais bon...) À chaque fois, on tombe dans ce panneau et on oublie que c'est la dégradation de l'environnement qui soutient la vie sur cette planète qui est la première cause de misère. On oublie aussi qu'il est intrinsèque au bon fonctionnement du capitalisme qu'une vaste partie de la population reste dans un état de dépendance économique. Alors nous servir cet état de dépendance comme argument de vente pour un projet aussi insensé, venant de la part de celui qui a eu le courage de la dénoncer dans ses jeunes années, m'apparaît totalement incongru.
Benoît-Robin Lessard
Porte-parole de Saguenay en phase «terminal»
Y a-t-il vraiment des athées?
Il y a quelques mois, dans l'espace réservé à la chronique du journal Le Quotidien, M. Gérard Bouchard, enseignant et chercheur réputé de l'Université du Québec à Chicoutimi, se déclarait athée au début de son propos. N'eût été de la notoriété du personnage et des arguments soutenant son intervention, je me serais abstenu de la présente.
Étonnamment, M. Bouchard affirmait son athéisme en guise d'introduction. «Un athée comme moi.» Le dictionnaire définit l'athée comme «une personne ne croyant pas en Dieu ou en d'autres divinités». Pour moi, il était tout aussi étonnant de lire les raisons pour lesquelles il se déclarait athée: l'écroulement de l'institution qu'est l'Église catholique et un épisode vécu au plan personnel il y a quelques décennies. Cela laisse supposer bien des choses. Pourtant l'Église a eu ses dérives dès ses débuts et tout au long de son vécu. Elle s'est permis de faire tuer des gens parce qu'ils n'étaient pas catholiques, tout comme le fait l'Islam radical d'aujourd'hui.
Ce qui compte, c'est l'enseignement net de Jésus qui nous a dit que nous avions le même Père, que nous sommes tous frères, qu'il n'y a qu'un seul commandement, l'Amour, et qu'à tout manque d'amour, il y a le pardon. Jésus a démontré la limite du pardon en acceptant d'être tué par le
supplice de la croix. «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.» À ses apôtres, il a dit de pardonner autant de fois que nécessaire.
Dans son livre «La vie après la mort», le scientifique Eben Alexander, chirurgien diplômé de Harvard qui se disait athée, a changé d'idée après un séjour de sept jours dans le coma. Il se fait maintenant un enseignant de la Bonne nouvelle.
Martin Belley
St-Nazaire