Denis Lebel

Une forêt de possibilités

L’auteur Denis Lebel est PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec. Il signe ce texte un an après avoir été nommé à ses fonctions.

OPINION / Il y a maintenant un an que j’ai choisi d’être au sein d’une équipe qui fait la promotion des intérêts des milliers de familles qui vivent des fruits de la forêt québécoise.

Étant originaire de l’une des régions les plus forestières du Canada, en plus d’avoir été élu et ministre pendant une quinzaine d’années, je savais que l’industrie forestière avait un rôle fondamental dans la solidité du tissu socioéconomique de centaines de municipalités québécoises.

Toutefois, ma première année à titre de président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec m’a permis de comprendre encore davantage les atouts que représente notre forêt québécoise pour l’ensemble de la société. Je souhaite donc utiliser cette étape importante pour informer davantage les citoyens.

J’en suis bien conscient, la perception à l’égard de l’industrie forestière pourrait être meilleure. Certains s’imaginent toujours que l’industrie forestière a des pratiques irrespectueuses de notre environnement. Et pourtant, c’est tout le contraire !

Cette perception peut être parfois en raison d’actions du passé qui n’avaient pas leur place. Je l’accepte sans réserve. Souvent par contre, ça m’apparaît être en raison d’un malheureux mélange de désinformation et de démagogie qui occupent l’espace public avec des attaques envers nos industriels.

Mais également, je crois que nous avons la responsabilité de communiquer davantage aux Québécois, pour qu’ils soient mieux informés des faits.

Or, après une année à parcourir le Québec forestier et à rencontrer nos partenaires, j’en viens à une conclusion que je peux résumer très simplement : là où certains ne voient que des arbres, je vois plutôt une forêt de possibilités.

Saviez-vous que 50 % du territoire québécois est recouvert de forêts ? Que 80 % de notre forêt récoltée se régénère naturellement afin de respecter et maintenir la biodiversité du territoire ? Que nous aidons la nature pour les 20 % restant en plantant des arbres indigènes pour respecter les écosystèmes ? Ou encore, que moins de 1 % du territoire forestier québécois est récolté chaque année ?

Saviez-vous que nos pratiques forestières sont parmi les meilleures au monde avec un nombre impressionnant de points de contrôle et de certifications, qui incluent des groupes environnementaux et des discussions avec les communautés autochtones ?

Notre planification forestière ne laisse rien au hasard. Notre forêt est récoltée de façon responsable, en respectant les piliers du développement durable.

Nos pratiques forestières font aussi de nous des participants actifs dans la lutte aux changements climatiques. Notre aménagement permet d’abord de séquestrer plus de carbone et ensuite, de fabriquer des produits au bénéfice de tous.

Une fois l’arbre récolté, nous nous assurons qu’il soit utilisé à 100 % en cherchant constamment des façons d’innover.

Nous protégeons la biodiversité et nous nous assurons de laisser de la place aux nouvelles générations d’arbres. Bref, la vérité c’est que la forêt québécoise n’a jamais été aussi verte qu’aujourd’hui !

En plus, nous embauchons 60 000 personnes, faisant de notre industrie l’employeur le plus important du secteur manufacturier québécois, en termes d’emplois directs.

Néanmoins, plusieurs défis continuent à se dresser devant nous. En effet, les relations commerciales avec les États-Unis amènent de l’instabilité et confirment l’importance de continuer nos efforts pour ouvrir de nouveaux marchés. La désinformation toujours aussi déplorable de certains groupes d’intérêts, comme dans le dossier du caribou forestier, continue d’être un obstacle pour nos créateurs d’emplois. Comme dans d’autres secteurs, le nôtre fait également face à d’importants enjeux de main-d’œuvre. Bref, nous avons encore beaucoup de pain sur la planche.

Mais en conclusion, après une année au cœur du monde forestier, je constate l’importance de continuer à mieux faire connaître nos bons coups pour que nous soyons tous fiers de nos travailleuses et travailleurs forestiers. Et puisque comme ailleurs, il est vrai que tout n’est pas parfait dans notre cour non plus, nous allons continuer à chercher constamment des moyens de faire encore mieux.

Ce sera bon pour les familles qui vivent de la forêt, bon pour notre environnement, bon pour notre économie et bon pour le Québec.