Une exigence actuelle

OPINION / Pour donner satisfaction aux besoins actuels de la population de Saguenay, des investissements importants dans le renouvellement de certaines infrastructures publiques sont nécessaires à court terme. Parmi ces travaux, mentionnons le renouvellement des infrastructures de stationnement au centre-ville, la rénovation du Centre Georges-Vézina, la rénovation du Pavillon de l’agriculture et la reconstruction des halles. Une estimation rigoureuse des coûts de ces travaux est nécessaire. Elle permettra d’établir le coût du scénario du maintien des services actuels en l’absence de tout plan d’aménagement de la zone ferroviaire.

Est-il possible de mieux répondre à la satisfaction d’une partie de ces besoins à moindre coût tout en répondant à de nouveaux besoins dans le cadre d’un plan d’aménagement de la zone ferroviaire ? C’est à cette question que le public devra chercher à répondre en tenant compte des programmes gouvernementaux qui peuvent financer une partie des coûts.

Un plan d’ensemble est nécessaire pour éviter le gaspillage de fonds publics. Le conseil actuel, avec l’appui de la société civile et la population, devra décider de ce plan d’ensemble à partir d’une analyse rigoureuse des besoins, des enjeux et des coûts. Une décision au cours des prochains mois est nécessaire compte tenu de l’échéancier de certains projets et de la nécessité de coordonner ces travaux dans le cadre d’un plan d’ensemble.

Comment un plan d’aménagement de la zone ferroviaire peut-il mieux répondre aux besoins actuels de la population ? Comment peut-il répondre à de nouveaux besoins et ainsi répondre aux défis d’avenir de notre ville ?

Pour ce faire, il faut imaginer un projet d’aménagement de la zone ferroviaire qui permette de prendre en charge la satisfaction d’une partie des besoins actuels et de répondre à de nouveaux besoins.

Ce projet aurait pour effet d’ajouter des coûts nouveaux, mais aussi de diminuer certains coûts du renouvellement des infrastructures actuelles. C’est le coût net qui permettrait aux citoyens de décider si le coût est raisonnable compte tenu des services rendus. Des informations sur le coût d’opération et les augmentations du budget d’infrastructures seront également nécessaires pour éclairer le débat.

Joan Simard anime un groupe de réflexion sur cette question de grande importance pour notre collectivité. Espérons qu’elle sera en mesure de relancer le débat sur des bases crédibles et imaginatives.

Gilles Bergeron, économiste

Saguenay

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INDIVIDUALISME OU SOLIDARITÉ

Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade. À plus forte raison si le système de santé de votre pays est constitué, en partie non négligeable, pour celles et ceux qui peuvent se payer le luxe d’être malades.

Le gouvernement américain a déposé un mémoire pour obtenir d’une cour d’appel la mise au rancart de l’Obamacare : un système d’assurance étatique qui, bien qu’imparfait, contribue à la couverture médicale de millions d’Américains. Le cas échéant, quelque 20 millions d’Américains seraient laissés sans couverture médicale, alerte la Health Policy Center. Ces derniers s’ajouteraient aux 30 millions qui n’ont plus aucune forme de couverture médicale, selon la US of Care. Celle-ci leur coûtait trop cher, leurs primes d’assurance maladie augmentant plus vite que leurs revenus. Ainsi dépourvus d’assurance maladie, de plus en plus d’Américains se retrouvent devant des choix déchirants, comme acheter de la nourriture ou payer des médicaments et des soins de santé.

Ici au Canada, le taux de chômage et le pouvoir d’achat ne sont pas ceux des É.-U. dont le président Trump ne cesse de faire l’éloge ; 3,2 % de chômage, hausse des revenus individuels de 3 %, hausse des prix à la consommation de 1,9 %, seulement. Ici au Canada, on a une grande force commune : une partie importante des impôts que paient les Canadiens contribue à donner accès, gratuitement, aux soins de santé.

Du côté sud de la frontière, une maman américaine, dont le petit de deux ans a avalé un médicament destiné à un adulte, court à l’urgence en panique, son bébé dans les bras. Elle attend devant la porte avant d’entrer ; elle espère qu’ultimement, son bébé va finir par prendre le bon bord. Sans quoi...

Je ne connais pas le prix d’un lavage d’estomac à l’urgence américaine. Mais la journaliste Sarah Kliff, du média VOX, a décrypté pour ses concitoyens des factures qui feraient rougir d’envie les spécialistes du prêt usuraire. Il peut en coûter jusqu’à 40 000 $ pour des points de suture ; 369 $ pour la pose d’un Band-Aid sur une éraflure ; 25 000 $ pour un « scan » de 30 minutes. Madame Kliff donne plein d’exemples (1200) de factures chargées par des urgences américaines. Cela dépasse l’entendement !

Comme le dit si bien la chroniqueuse au Devoir, Élisabeth Vallet, cela est loin, très loin d’être parfait au pays de l’oncle Sam ; les inégalités d’accès au système de santé américain sont en train de cantonner dans la marge ceux qui, dans trop de cas, devront se contenter d’attendre de mourir... aux portes de la cité. Le Moyen Âge, quoi.

Pour celles et ceux qui n’ont pas vécu le Québec de l’époque antérieure à l’instauration de l’assurance maladie universelle par les libéraux, où des familles nombreuses devaient se serrer la ceinture pour soigner un parent malade, la situation vécue aujourd’hui par près de 50 millions d’Américains est identique.

Au Canada, et particulièrement au Québec, il est une valeur cardinale que les plus irréductibles des conservateurs ne sont pas arrivés, jusqu’à maintenant, à déraciner comme s’il s’agissait d’une mauvaise herbe. Il s’agit de la solidarité d’un peuple qui s’est bâtie au fil de son histoire. Voilà la raison pour laquelle ceux qui salivent devant l’exposition outrancière des richesses appropriées par le 1 % qui dirige la planète, sont incapables de s’implanter de façon convaincante et soutenue au Québec.

Marcel Lapointe

Jonquière