Une complicité insupportable

OPINION / Des pans de boîtes de céréales-bonbons à l’avant-scène d’une épicerie pour séduire les enfants. Pendant qu’en arrière-plan sur le même plancher, un étalage de produits bio accessibles aux plus riches seulement nous vante les mérites d’une saine alimentation.

Quand au Québec, dans les années d’or du PQ, la ministre de la Consommation, Lise Payette, avait passé une loi pour en finir avec l’exposition des enfants à la pub des jouets à la télé durant les heures de programmation pour enfants, la grande majorité avait applaudi ce progrès.

Par ailleurs, cela fait des décennies que les enfants sont également exposés à de la pub alimentaire néfaste pour la santé et en sont les cibles. Mais ce que vous ne savez peut-être pas : un projet de loi pour restreindre cette pub existe depuis 2016. Il s’est promené du Parlement au Sénat, aller-retour, depuis ce temps. Il fut analysé sous toutes ses coutures, trituré d’amendements ; lu de droite à gauche. Et vous savez quoi, c’est un lecteur d’opinion bien placé pour le dire, un sénateur indépendant, le projet de loi traîne encore depuis cinq mois au Sénat. Ce magistère de non-élus le bloquerait pour des raisons de mesquine et de basse politique.

J’affirme que le Sénat canadien est dépassé et inutile dans le processus législatif. Il est dysfonctionnel quant à son mandat d’améliorer les lois et il continue à procrastiner pour permettre l’adoption de lois qui ont pourtant franchi toutes les étapes nécessaires, comme la S-228, visant à restreindre la pub alimentaire addressée aux enfants.

On est « poignés » avec un coûteux Sénat aussi encombrant qu’inutile pour encore longtemps, très très longtemps. Pour régler son sort de manière définitive, il faudrait rouvrir la constitution. Or, en vérité, je vous le dis : « Rouvrir la constitution canadienne, c’est plus dur que faire passer un chat dans le chas d’une aiguille. »

Marcel Lapointe

Jonquière

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ACCUEILLIR LE PRINTEMPS AVEC FÉLIX LECLERC

Quand le printemps pointe du nez timidement autour du 21 mars de chaque année, j’ai toujours une pensée pour Félix Leclerc. Quand je dis timidement, il faut entendre par cela qu’avec les hivers que nous avons, le printemps a beau arriver en mars, mais Dame Nature nous attend souvent dans le détour avec ses rigueurs hivernales et ses encore possibles bordées de neige.

Je me souviens encore de la tempête du 20 mars 2008, qui a balayé le Québec et qui m’a marqué particulièrement. J’avais organisé des activités en hommage à Félix Leclerc qui devait se dérouler les 20 et 21 mars dans quelques villes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, question de célébrer l’arrivée du printemps justement avec l’œuvre du poète au regard bleu de l’île d’Orléans. Étaient donc prévus entre autres : des spectacles, des conférences, des dictées dans les écoles, etc.

Mais, à mon grand dam, tout a dû être annulé à cause du mauvais temps. Il ne me restait plus pour me consoler qu’écouter seul chez moi, en ce soir de tempête du 20 mars, l’Hymne au printemps avec la voix chaude et rassurante de Félix. Et ce passage évocateur de sa chanson, dans les circonstances, m’interpellait plus que tout : « Comme un vieux râteau oublié/Sous la neige je vais hiverner/Photos d’enfants qui courent dans les champs/Seront mes seules joies pour passer le temps. »

Prix de consolation, le 21 mars, plusieurs stations de radio du Québec, question de faire un pied de nez à l’hiver qui persistait malgré l’arrivée du printemps, ont fait jouer l’Hymne au printemps sur leurs ondes suite à l’invitation que je leur avais adressée par courriel, le soir précédent.

Qui plus est, des propriétaires de restaurants et de cafés du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont fait jouer des chansons de Félix Leclerc dans leur établissement tout au long de la journée de ce 21 mars.

D’ailleurs, si ça vous adonne, je vous invite à écouter vous aussi des chansons de Félix en ce début de printemps. J’invite aussi, encore une fois, les radios du Québec à faire jouer l’Hymne au printemps dans le cadre de leurs émissions.

Accueillir le printemps avec Félix Leclerc, n’y a-t-il rien de plus évocateur ?

Yvan Giguère

Saguenay